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Le blog de Bernard SARLANDIE

Dis maman, c’est quoi le 8 mars ?

8 Mars 2021, 09:37am

Publié par Michel BECERRO

En aout 1910, à Copenhague, au cours de la Conférence Internationale des femmes socialistes (au sens de l’époque), Clara Zetkin fait approuver la décision d’organiser chaque année une journée universelle de luttes pour les droits des femmes et pour la paix, avec au centre la bataille pour de droit de vote.

Au fil des années, cette initiative historique pour les droits des femmes allait subir une dérive mémorielle que Clara Zetkin ne pouvait imaginer.

Les mots ont un sens. L’adversaire de classe le sait bien. Tout ce qui peut contribuer à altérer, atténuer, dissoudre les velléités de l’action collective organisée est largement utilisé et sans répit.

Les raccourcis de langage ou d’écriture sont utilisés sans retenues.

Ainsi à l’origine, en 1910, la volonté des initiateurs est de faire du 8 mars une journée internationale de lutte des femmes pour leurs droits fondamentaux et quotidiens.

En 1975, l’ONU le transforme, en journée internationale des Femme, occultant toute idée de luttes

En 1982, la France va encore plus loin en le réduisant à la Journée de la Femme.

Ainsi, progressivement, est évacuée la référence aux luttes et à l’internationalisme, et l’indication de la femme au singulier écarte l’enjeu collectif pour privilégier le « chacune pour soi ».

S’agit-il d’erreur de langage, de faute d’inattention, de querelle sémantique ? Pas du tout. Rien de gratuit et pas de hasard dans tout cela.

Clara Zetkin, militante féministe, socialiste au sens de l’époque, n’a jamais voulu donner au 8 mars un caractère étriqué.

Aujourd’hui, comme en 1910, le 8 mars reste une journée de lutte pour les droits des femmes. De toute évidence et surtout dans le monde du travail, l’égalité hommes/femmes reste à conquérir.

Aujourd’hui, la crise sanitaire du Covid-19 est un témoignage puissant et criant de vérité car il rend visible les femmes en tant que premières de corvée. Elles sont 87 % du personnel soignant, infirmières et aides-soignantes, 68 % du personnel enseignant et non enseignant des écoles, 97 % des aides ménagères et aides à domicile, 73 % du personnel de nettoyage et d’entretien, 76 % des caissières et vendeuses. La crise montre la dureté de leur travail, la division sexuée du travail et met en évidence un paradoxe prégnant : toujours en première ligne sur le front des inégalités au travail et dans la vie. Et malgré ce rôle crucial, leur travail n’est pas reconnu à sa juste valeur !

Est-il besoin de dire la nécessité de porter ce message de lutte sans le dévoyer, ni le raccourcir au détriment de la vérité historique ?

Mars 2021 - Michel Becerro

Et ce n'est pas fini...

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