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Le blog de Bernard SARLANDIE

Un autre poète sénégalais.

10 Mars 2017, 07:06am

Publié par Bernardoc

« Afrique mon Afrique »

Afrique

Afrique mon Afrique

Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales

Afrique que chante ma grand-mère

Au bord de son fleuve lointain

Je ne t’ai jamais connue

Mais mon regard est plein de ton sang

Ton beau sang noir à travers les champs répandu

Le sang de ta sueur

La sueur de ton travail

Le travail de l’esclavage

L’esclavage de tes enfants

Afrique dis moi Afrique

Est-ce donc toi ce dos qui se courbe

Et se couche sous le poids de l’humilité

Ce dos tremblant à zébrures rouges

Qui dit oui au fouet sur les routes de midi

Alors gravement une voix me répondit

Fils impétueux cet arbre robuste et jeune

Cet arbre là-bas

Splendidement seul au milieu des fleurs

Blanches et fanées

C’est l’Afrique ton Afrique qui repousse

Qui repousse patiemment obstinément

Et dont les fruits ont peu à peu

L’amère saveur de la liberté.


 

David MANDESSI DIOP

Et ce n'est pas fini...

 

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Aujourd'hui, c'est le Cameroun.

9 Mars 2017, 09:06am

Publié par Bernardoc

Nous reviendrons

Nous reviendrons
Avec la parole
Seule
Dressée comme un éclair
Ténu
Avec le pain
Seul
Pétri de larmes
Et de sang
Versés
Avec une symétrie
De soleil
Pur

Nous reviendrons
Demain
Nous joindre à l’homme
Anonyme
Frémissant dans la nuit
Sur ma terre de bise
Et de froidure
Cruelle
Ma ville en ruine
Se redressant à l’horizon
En flammes
À la densité de notre faim
Quotidienne

Nous reviendrons
Avec nos montagnes
Aux espaces inaccessibles
Et mon chant d’accusation
Armé de pierres de fleuves
D’arbres de présences invisibles
Nos morts qui surgissent
Du sol
Avec leur haine sans recul
Comme autant de tempêtes
Vienne l’heure de la levée
En masse
Vienne l’heure
La colère de mon peuple
Semée de guérilla
Vienne la trame tissée
De nos souffrances
Contre la Négritude lasse

Nous sortirons des forêts
Les plus larges
Dans l’immensité sonore
De ma terre polie de sang
Avec notre cri de syllabes
Denses
Face à la mort
Qui patrouille dans la nuit.

Paul DAKEYO

[ce poème a paru dans Chant d’accusation, St Germain des Prés, 1976]

Et ce n'est pas fini...

 

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Une voix guinéenne.

8 Mars 2017, 06:48am

Publié par Bernardoc

J’ai de la mémoire

 

J’ai une mémoire

Longue longue infinie

Une mémoire intraitable et têtue

Qui pousse

Jusque

Dans la nuit des temps

 

Ma mémoire est

Celle de mes frères et de mes sœurs

Celle de mes pères et mères

Celle de toutes les générations

De mon peuple

Qui a souffert

Tout le temps

 

Je suis de la lignée

Des deux cents millions

De mes frères

Qui ont connu

Les peines et les douleurs

Qui ont connu

La mort et l’humiliation

 

Je suis dans le sentier

Des morts et des humiliés des siècles

Je suis dans l’itinéraire

De ceux que

Par l’Europe criminelle

L’Afrique a perdus déracinés

Et qui ont été jetés

Dans tous les bagnes

Des Amériques

 

Ma mémoire est fidèle

Aux souvenirs amers perspicaces

A ce que dit l’histoire

De tous les temps

A ce que connaît l’expérience

De toutes les générations

 

Ma mémoire

Si longue

Si fidèle

Si têtue

Interroge l’histoire…

 

Ma mémoire sagace

N’a oublié

Ni les inégalités

Les injustices

Ni les prestations

L’indigénat

Le travail forcé

L’effort de guerre

Pour une guerre

Qui n’était pas notre guerre

Mais la leur

Celle des capitaux

 

Sur les routes de l’enfer

Dans l’air flamboyant

Sur les chemins brûlants

J’ai vu trimer les prestataires

Dans les vastes chantiers

Loin des villes des villages

Sous la pluie

Dans le vent énervé

 

Affamés exsangues

Criblés de blessures

Les yeux révulsés hagards

Privés exilés

Des centaines

Des milliers

Des millions

De travailleurs forcés déplacés

Ont souffert leur martyre

 

Les grandes forêts discrètes

Les vastes fleuves

Aux immenses caïmans

Les profondeurs abyssales des mers

Ont été témoins

Muets

De la tragédie centenaire

Des coupeurs de billes

Des coupeurs de bananes

Des cueilleurs de caoutchouc

Des ramasseurs de palmistes

Des chasseurs d’éléphants

Des chasseurs de crocodiles

Des pêcheurs de perles

De toute l’existence humiliée

De mes frères

 

Ma mémoire

Qui juge

Qui condamne

Ne pardonne pas

La disqualification

Que connaissent mes frères

Mes frères

Du Sud de l’Afrique martyre

Mes frères

De l’Angola invincible

Mes frères de l’irrésistible Bissao

Mes frères

Du courageux Mozambique

Ceux de Zimbabwe

De toute l’Afrique

Dépossédée

Violentée

Révoltée

Camara SIKHÉ

Poème de combat et de vérité, P.-J. Oswald, 1967

Et ce n'est pas fini...

 

 

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En direct du Sénégal.

7 Mars 2017, 00:48am

Publié par Bernardoc

[1]

Ecoute plus souvent

Les choses que les êtres,

La voix du feu s'entend,

Entends la voix de l'eau.

Ecoute dans le vent

Le buisson en sanglot:

C'est le souffle des ancêtres.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis

Ils sont dans l'ombre qui s'éclaire

Et dans l'ombre qui s'épaissit,

Les morts ne sont pas sous la terre

Ils sont dans l'arbre qui frémit,

Ils sont dans le bois qui gémit,

Ils sont dans l'eau qui coule,

Ils sont dans la case, ils sont dans la foule

Les morts ne sont pas morts.

Ecoute plus souvent

Les choses que les êtres,

La voix du feu s'entend,

Entends la voix de l'eau.

Ecoute dans le vent

Le buisson en sanglot:

C'est le souffle des ancêtres.

Le souffle des ancêtres morts

Qui ne sont pas partis,

Qui ne sont pas sous terre,

Qui ne sont pas morts.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis,

Ils sont dans le sein de la femme,

Ils sont dans l'enfant qui vagit,

Et dans le tison qui s'enflamme.

Les morts ne sont pas sous la terre,

Ils sont dans le feu qui s'éteint,

Ils sont dans le rocher qui geint,

Ils sont dans les herbes qui pleurent,

Ils sont dans la forêt, ils sont dans la demeure,

Les morts ne sont pas morts.

[2, SUITE]

Ecoute plus souvent

Les choses que les êtres,

La voix du feu s'entend,

Endents la voix de l'eau.

Ecoute dans le vent

Le buisson en sanglot:

C'est le souffle des ancêtres.

Il redit chaque jour le pacte,

Le grand pacte qui lie,

Qui lie à la loi notre sort;

Aux actes des souffles plus forts

Le sort de nos morts qui ne sont pas morts;

Le lourd pacte qui nous lie à la vie,

La lourde loi qui nous lie aux actes

Des souffles qui se meurent.

Dans le lit et sur les rives du fleuve,

Des souffles qui se meuvent

Dans le rocher qui geint et dans l'herbe qui pleure.

Des souffles qui demeurent

Dans l'ombre qui s'éclaire ou s'épaissit,

Dans l'arbe qui frémit, dans le bois qui gémit,

Et dans l'eau qui coule et dans l'eau qui dort,

Des souffles plus forts, qui ont prise

Le souffle des morts qui ne sont pas morts,

Des morts qui ne sont pas partis,

Des morts qui ne sont plus sous terre.

Ecoute plus souvent

Les choses que les êtres...

BIRAGO DIOP

LE SOUFFLE DES ANCETRES (du recueil LEURRES ET LUEURS

, 1960, ÉD. PRÉSENCE AFRICAINE)

Et ce n'est pas fini...

 

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Nous avons dansé

6 Mars 2017, 10:08am

Publié par Bernardoc

Nous avons dansé, dansé,

Secoué nos misères pour faire briller nos rêves,

frappé le sol de toutes nos forces

pour en faire jaillir les flots de chansons.

Le vent, en nos mains, repartait en poussière.

 

Nos joies en feux d'artifice

ont illuminé notre ciel.

Et les pieds endoloris,soufflant au repos

S'interrogent sur l'étape de demain.

Nous avons dansé, dansé, dansé, dansé "jusqu'à fatigué".

 

Ils étaient venus aussi, les morts

nos morts

pour donner de l'éclat à la fête;

Ils dansaient au rythme des tam-tams

Tous ceux qui faisaient de leur droit de vivre

un bouclier d'airain

des chansons dans la tête

et des rêves dans les yeux.

 

Ils étaient venus

la peau boursouflée de balles

et ils piétinaient le sol pour briser des chaînes

et ils battaient des mains pour chasser des fantômes.

Nous avons dansé, dansé, dansé "jusqu'à fatigué".

 

J'ai les yeux pleins d'images,

les oreilles pleines de chansons

les mains pleines de rêves.

 

J'en ai fait un bouquet lumineux

que je dresserai un jour au long du sentier

en borne milliaire

 

Ce sont les images, les chansons et les rêves

de tous ceux qui moururent de faim

de ceux qui hurlèrent d'épouvante dans les incendies

allumés par les foudres de guerre

de ceux qui pensent que les enseignes

ne peuvent plus être de dorure

lorsque les hommes se vêtent de misère.


 

Bernard DADIE (Côte d'Ivoire)

 

Hommes de tous les continents, Présence Africaine 1967.

Et ce n'est pas fini...

 

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C'est le Printemps des Poètes !

5 Mars 2017, 11:34am

Publié par Bernardoc

Femme noire

Léopold Sédar SENGHOR

Recueil : "Chants d'ombre"

Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J’ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu’au coeur de l’Été et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l’éclair d’un aigle
Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée
Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.
Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire
A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.
Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.
Et ce n'est pas fini...

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L’EXPULSION N’EST PAS UNE SOLUTION.

4 Mars 2017, 12:00pm

Publié par Bernardoc

Le 16 février dernier, un squat occupé depuis plusieurs jours dans l’ancienne EHPAD de Pessac Alouette et qui accueillait plusieurs familles sans abri a fait l’objet d’une évacuation par les forces de l’ordre suite à une procédure engagée par le CHU de Bordeaux.

Invariablement, les arguments liés à l’insécurité du bâtiment et à la tranquillité du voisinage ont été invoqués pour justifier cette évacuation. Invariablement, les quelques solutions de relogement proposées, sans répondre à l’intégralité des besoins, se sont résumées à quelques nuitées hôtelières mais ont surtout mobilisé la solidarité de citoyens volontaires face à la précarité et à la détresse des personnes concernées, se substituant ainsi au devoir de la puissance publique.

De la même façon, la situation de certains squats et bidonvilles occupés par des Bulgares, Roumains et/ou Roms reste toujours aussi problématique et coutumière d’évacuations et d’errance de ces populations sur le territoire de la métropole bordelaise. On ne peut davantage passer sous silence l’irrésolution de la situation des ressortissants Sahraouis vivant sur ce même territoire et plus largement en Gironde, dont le groupe principal reste cantonné dans un ancien bâtiment industriel faute de solution alternative. Chaque semaine, des familles quand ce ne sont pas des mineurs isolés, se retrouvent confrontés à l’insuffisance des infrastructures d’accueil et sans véritable prise en charge. En outre les mesures d’expulsion et la mobilité ainsi imposée remettent systématiquement en péril le parcours ou le suivi social, sanitaire et éducatif des personnes, les enfonçant encore plus dans l’exclusion dont elles sont victimes et sabotant le travail d’accompagnement réalisé par certains services publics locaux et les associations de terrain.

Souvent de nationalité étrangère, ces hommes, femmes et enfants se voient régulièrement opposées des règles administratives concernant la régularité de leur séjour et/ou le refus de délivrance ou de renouvellement de leur titre de séjour, se retrouvant ainsi dans l’incapacité de faire valoir leurs droits fondamentaux et livrés à l’indignité de leur sort. Ils s’ajoutent au cortège des précaires, travailleurs ou personnes en fin de droits qui ne trouvent plus à se loger sinon dans un véhicule ou dans un squat. Expulsés et considérés comme indésirables, ces personnes et familles n’en demeurent pas moins dignes d’un minimum de respect et de la reconnaissance de leur condition d’êtres humains. Or, le droit à l’hébergement reste un droit inconditionnel reconnu notamment par le Code de l’action sociale et des familles (art. L 345--‐2--‐2) et affirmé dans la feuille de route 2015--‐2017 du Plan de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale.

Alors que ce profile la fin de la « trêve hivernale », les organisations signataires dénoncent le traitement expéditif et indigne que subissent des populations particulièrement fragiles et démunies. Elles appellent les autorités et les institutions publiques, faute en l’état de réponse adaptée à cette situation de carence, à faire preuve d’une application moins aveugle de procédures qui aggravent plus qu’elles ne considèrent la vulnérabilité des personnes. Elles demandent que des mesures volontaristes soient mises en œuvre par les autorités publiques locales, dont le droit à réquisition prévu par les dispositions du Code de la Construction et de l’Habitation (art. L 641--‐1 et 642--‐1), pour offrir des solutions d’hébergement et d’accompagnement plus appropriées et respectueuses des droits et de la dignité.

Bordeaux, le 28 février 2017

Signataires : ACAT, ASTI, CGT Gironde, CSF Gironde, DAL33, FNARS Aquitaine, FSU, LDH Gironde, RESF33, SAF, UNEF

Et ce n'est pas fini...

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De mémoires d'ouvriers.

3 Mars 2017, 14:20pm

Publié par Bernardoc

Encore un film de Gilles PERRET qui a enrichi ma soirée hier soir, un film militant qui prolonge bien les films datant du Front Populaire que je visionne de temps en temps depuis juillet dernier et ma visite à l'expo célébrant les 80 ans à la mairie de Paris.

Le film s'ouvre sur l'évocation de la fusillade de Cluses (Haute Savoie) en 1904, lorsque les patrons ont tiré sur les ouvriers qui s'étaient mis en grève pour exiger la réintégration de ceux qui avaient été licenciés pour avoir osé s'être présentés sur une liste municipale opposée à celle conduite par leur patron. Interrogés en 2010, plusieurs habitants de la ville ignoraient cette tragédie, preuve s'il en était de la nécessité des Instituts d'Histoire Sociale, garants de l'histoire trop souvent masquée.

Des portraits sont réalisés de ces montagnards qui exerçaient une double journée : le matin à l'usine comme ouvrier et l'après-midi dans leur lointain village où ils s'occupaient de leur ferme.

Un autre épisode décrit dans le film est celui de la construction de grands barrages hydroélectriques dans des conditions souvent très difficiles, mais supportables grâce à la solidarité qui régnait dans cette communauté qui avait recréé un véritable village.

Solidarité : le mot est lâché, par tous les acteurs, qu'ils soient retraités ou en fin de carrière. Tous déplorent le fait que cela a tendance à disparaître, notamment par la division et l'individualisation du travail qui ne favorisent pas la conscience de classe.

La dernière séquence nous montre un quatuor de jeunes, dont une femme, qui travaillent dans une usine d'aluminium, plusieurs fois vendue et revendue, et dont les propriétaires actuels sont australiens et qui ignorent vraisemblablement où se situe la Savoie, voire la France. Mais l'espoir demeure malgré tout chez ces jeunes techniciens (?) qui ont dû braver la réprobation de leurs amis lorsqu'ils ont décidé d'aller bosser en usine, plutôt qu'assis bien au chaud dans un bureau.

De beaux témoignages, et ce ne sont pas les derniers que m'a apportés le Père Noël.

Et ce n'est pas fini...

 

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Publicité solidaire

2 Mars 2017, 11:12am

Publié par Bernardoc

Et ce n'est pas fini...

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Macron ?

1 Mars 2017, 09:13am

Publié par Bernardoc

Pour ceux qui auraient la mémoire courte, un rappel ci-dessus de l’œuvre du candidat qui semble avoir le vent en poupe.

N'oublions pas également la fin du repos dominical, la facilité de licenciements, la voie vers la privatisation de la santé, les nouvelles missions des facteurs au détriment de la distribution du courrier,...

N'oublions pas que cette loi n'a pas été votée mais est passée en force.

C'était le début de son projeeeet !

Et ce n'est pas fini...

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