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Le blog de Bernard SARLANDIE

Redonner la parole

14 Octobre 2009, 09:23am

Publié par Bernardoc

          La prise de fonction se déroula parfaitement ; une des qualités qui me sont reconnues est la faculté de communiquer de façon directe, positive et avenante avec la plupart des gens, jeunes ou adultes. Je distribuai les emplois du temps dont je n’étais pas responsable et qui avaient été sous-traités par une personne en Contrat Emploi Solidarité avec le logiciel…du lycée Saint Louis ! Ayant eu six mois de formation, je m’estimais sûrement davantage prêt à jouer mon rôle que les néo-recrutés d’aujourd’hui (à tous les niveaux) qui se retrouvent devant une classe, un groupe ou des enseignants sans avoir reçu une quelconque initiation autre que livresque.

         Le collège Francisco Goya, ancienne Ecole Primaire Supérieure de garçons, était une vieille maison, avec une longue histoire. A notre arrivée, au moins trois professeurs étaient d’anciens élèves de cet établissement. Il y avait une grande stabilité du personnel, certains étant présents depuis le début de leur carrière, qu’ils termineront là. Sous une apparente bonhomie, il y avait cependant deux clans : les « pédagos de choc », qui s’étaient baptisés « la bande des quatre » et les autres, sans doute plus timides, mais tout autant pédagogues et qui avaient peur de s’affirmer.

         Le projet d’établissement était très solide et avait été bâti après une étude minutieuse des conditions de vie et de travail des élèves, avec un objectif ambitieux de réussite pour ces enfants majoritairement défavorisés, voire très défavorisés. Or ce projet d’établissement n’était pas maîtrisé par l’ensemble de l’équipe car, vous vous en doutez, il avait été verrouillé par la bande des quatre. Mon premier projet était donc de redonner la parole à l’ensemble du personnel et de les conduire à s’approprier, quitte à l’infléchir, ce projet d’établissement.

         Curieusement, je fus aidé dans cette tâche par le Ministre de l’époque, François BAYROU, qui lançait sa consultation sur l’école, qui devait aboutir au Nouveau Contrat pour l’école et ses 148 propositions, dont une, la banalisation d’une journée par trimestre pour réfléchir en équipes, que j’ai plusieurs fois utilisée lorsque j’ai dirigé le collège Paul Langevin de Mérignac. Cette réflexion sur l’école devait se dérouler de façon transdisciplinaire et je dois ici rendre hommage à Camille FROMONT, le Principal, qui s’est opposé à la venue des corps d’inspection en ordre dispersé, mais a exigé qu’ils viennent à plusieurs afin que nous tous puissions entendre le même discours éducatif et non des discours séparés dans lesquels primerait la didactique des disciplines.

         Donc, je peux dire qu’au bout d’une année, l’équipe enseignante était davantage unie qu’à mon arrivée.

Et ce n’est pas fini…

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Installation à Goya

13 Octobre 2009, 13:32pm

Publié par Bernardoc

          Je pris sans attendre contact avec l’Inspection académique pour savoir ce qu’il en était du logement. Je tombais sur une Madame KERBRAT qui me dit qu’elle était nommée secrétaire à Goya. Elle partit se renseigner et me dit que ma demande de logement avait fait sourire, que ce n’était pas vraiment prévu. Je pris mon mal en patience (nous louions une grande maison de ville à Caudéran) et attendis donc la rentrée pour prendre contact avec le Principal, qui débarquait à Goya lui aussi. J’allai visiter l’appartement de fonction qui n’était pas rue du Commandant Arnould, comme le collège, mais rue des Augustins, siège de l’annexe inutilisée alors (elle venait d’être désertée par la Division des Examens et Concours). Ce fut un choc : ma prédécesseure y était restée vingt-six ans et l’électricité, pour ne parler que de cela, y était encore sous fil coton et baguette bois !

         A cette époque, à cause d’un retard dans la décentralisation, les logements de fonction de Bordeaux étaient gérés par la Communauté Urbaine, mais nous dépendions cependant du Conseil général. Mon chef alla expliquer mon cas à cette institution, et immédiatement deux cent mille francs furent débloqués pour la réfection de l’appartement. La CUB prit donc contact avec moi pour le choix des peintures, papiers et agencement, et tout fut accepté. Je devais faire la réception de l’appartement le 23 décembre 1993 et les déménageurs devaient arriver le 27. Lorsque nous arrivâmes avec le représentant de la CUB (qui abandonnait sa gestion au profit du Conseil général le 31), nous découvrîmes avec effroi qu’aucune entreprise n’avait nettoyé le chantier. Il fallut donc une rallonge financière pour qu’une entreprise de nettoyage vienne rendre le logement « occupable » quatre jours plus tard.

Et bien, ce fut fait, et au lieu d’une demi-heure à pied, je commençai le deuxième trimestre avec une marche de seulement dix minutes pour arriver au collège. Guilhem, qui était au CP, changea d’école et étonna tous ses nouveaux copains car il savait déjà lire. Il venait avec moi tous les matins et repartait à l’école avec la fille de Camille (mon chef) après avoir manipulé l’ordinateur de mon bureau…qui n’avait pas grand-chose à voir avec celui qui vous permet de lire ce blog !

Et ce n’est pas fini…

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Echo

12 Octobre 2009, 11:09am

Publié par Bernardoc

          Du fait de mes fonctions municipales, je viens d’avoir un contact avec mon successeur à Zola, qui se trouve m’avoir déjà succédé, avec trois ans de décalage, à Goya en tant que Principal-adjoint.  Dans ce dernier établissement, il avait continué à faire vivre ce que nous avions mis en place, en particulier au niveau européen et au niveau de l’orientation, en ayant l’honnêteté de dire qu’il avait trouvé tous les dispositifs en place et qui fonctionnaient de façon tout à fait satisfaisante.

         Et bien, au bout d’un mois et demi, il a déjà pu faire la différence entre un collège de ZEP où l’ensemble de l’équipe se mobilise avec enthousiasme (et succès ! ) pour la réussite de tous les enfants, notamment les plus défavorisés qui sont la majorité, afin de ne laisser personne au bord du chemin, et un collège d’une banlieue bourgeoise où la minorité des élèves en difficulté n’est pas la bienvenue, car elle pose problème ; d’autant plus que, contrairement à ce qui se passait il y a trente ans, on ne peut pas s’en débarrasser à la fin de la cinquième,  mais qu’on doit les amener jusqu’à la troisième et les orienter vers une poursuite d’études secondaires.

         Lorsque l’accompagnement éducatif a été initié, le quotidien Sud Ouest a consacré une demi-page à ce qui se passait à Goya, où les élèves restaient volontiers en petits groupes pour bénéficier de cette aide des professeurs.  Quel contraste avec ce qui s’était passé à Zola où cet accompagnement éducatif « aide aux devoirs » n’avait pu débuter que grâce à des intervenants extérieurs et à l’arrivée de nouveaux professeurs pour qui cette implication paraissait naturelle.

         Cette attitude réfractaire et d’opposition systématique semble persister chez certains malgré mon départ…Je ne regrette donc pas ma gestion de ce collège pendant trois ans, et j’espère que par le jeu des mutations et des départs en retraite, R.B. pourra arriver à augmenter le nombre des individus, et il y en a !  qui ont envie, comme à Goya, de donner leur chance à l’ensemble des élèves.

Et ce n’est pas fini…

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L'épisode Goya

9 Octobre 2009, 13:28pm

Publié par Bernardoc

         Tout a commencé fin mai 1993 : le poste de Principal-adjoint du collège Francisco Goya qui était apparu vacant lors du premier mouvement, n’avait pas été pourvu mais ne figurait plus sur la liste. Or, ce poste m’aurait intéressé car le logement était un T7, et comme je tenais à être logé…

         Lorsque nous remplissions nos fiches de vœux, le collègue qui était à côté de moi mit Goya en premier ; je lui fis remarquer que le poste n’existait plus ; quant à moi, je me rabattis sur le collège Edouard Vailland en n°1.

         Lorsque les affectations arrivèrent : catastrophe ! J’étais affecté au LP Jehan Dupérier de St Médard en Jalles, le seul poste que nous avions visité avec mon épouse ; et même si en tant qu’ancien PLP j’étais attiré par ce poste (car il y avait du boulot à faire ! ), lorsqu’après deux heures d’entretien avec le Proviseur il nous conduisit visiter l’appartement, je lui annonçai que je ne viendrais que contraint et forcé : pompeusement baptisé T5 pour 65 m² en duplex, ce logement comportait bien quatre chambres, mais lorsque nous mettions un lit dans la chambre qui n’avait pas de placard, il était impossible d’y rajouter une armoire. De plus les chambres étaient au premier et la salle de bains au rez-de-chaussée. Invivable pour une famille de cinq !

Le syndicat monopoliste et co-gestionnaire faisait de la retape et cherchait des manifestants, mais à l’époque je militais au Syndicat Occitan de l’Education, et comme j’ai pour habitude de rester fidèle dans mes engagements, je ne me sentais pas concerné. Je contactai la collègue qui avait été affectée à Edouard Vailland pour lui proposer un échange de poste, car elle serait seule dans le logement. Comme elle n’avait aucune connaissance des lycées professionnels, elle déclina mon offre. Il ne me restait plus qu’à prendre mon téléphone et faire le siège du ministère. J’y trouvais une empathie et une écoute attentive, ce qui contrastait beaucoup avec les contacts départementaux ou académiques. La personne que j’avais au bout du fil me dit que le ministère négociait avec le rectorat la non-ouverture du poste de St Médard en Jalles et la réouverture de Goya. J’avais donc peu d’espoir, car cela faisait des années que le collègue du Lycée Professionnel réclamait un adjoint et je pense qu’il n’allait pas le laisser filer comme ça.             Et bien un miracle eût lieu : les deux postes furent conservés, je fus nommé Principal-adjoint au collège Francisco Goya de Bordeaux, ce qui permit à un collègue qui aurait dû quitter l’académie d’être affecté à Jehan Dupérier.

Et ce n’est pas fini…

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Retour en métropole

8 Octobre 2009, 10:57am

Publié par Bernardoc

         A cette époque, nous bénéficiions encore de six mois de « congé administratif » au retour en métropole, lointain vestige du temps où les fonctionnaires voyageaient par bateau.  J’avais envie de profiter de cet « avantage acquis », mais ce n’était pas compatible avec ma formation de CPE. J’ai donc demandé un report de stage supplémentaire pour pouvoir bénéficier de ce congé, report qui me fut accordé, ce qui me permit une réadaptation en douceur.

         Par hasard, nous avons trouvé à nous reloger sur Lormont, que nous avions quitté six ans plus tôt, et c’est avec plaisir que nous avons constaté que nous n’avions pas été oubliés.

         C’était la troisième ou quatrième édition du salon du livre de Bordeaux sur les quais, et j’ai vraiment eu l’impression pendant un week-end de replonger dans la civilisation après six ans de disette.

         J’allais donc terminer ma carrière de professeur au Lycée Professionnel des Menuts, dans le quartier St Michel à Bordeaux, où je rencontrais un Proviseur, Michel LACAPE, d’une profonde humanité et qui aura lui aussi été un de mes modèles. Je me suis trouvé bien dans cet établissement où je connaissais des syndicalistes, le gestionnaire (que j’étais le seul à tutoyer car c’était un ancien de Blanquefort) et où j’avais un public essentiellement féminin, ce qui impliquait une méthode d’approche des groupes différente : j’abandonnais la force que j’avais dû déployer pendant six ans face à des classes quasi exclusivement masculines pour utiliser le charme, ce qui était beaucoup moins épuisant. N’oublions pas qu’il est beaucoup moins fatiguant de sourire que de faire la gueule, et bien c’était ce que j’ai vécu pendant ces six derniers mois de métier.

         Je me suis présenté après la Toussaint et nous avons eu une chaleureuse discussion avec le Proviseur, qui m’a appris que le rectorat ne l’avait pas prévenu de mon absence à la rentrée. Je lui appris que je partais aussi à la fin de l’année, ce qu’il ignorait aussi bien entendu. C’est ce qu’on appelle « Gestion des Ressources Humaines » à la mode rectorale, mais j’y reviendrai plus tard.

         Je devais reprendre mon travail le 25 décembre ( !!! ) et le patron m’expliqua que pour des tas de raisons il ne serait pas présent ce jour-là et m’encouragea à venir signer mon procès-verbal d’installation avant les vacances pour éviter toute interruption de traitement. Ce fut le cas, mais pas pour les prestations familiales que je perçus avec du retard et qui ne correspondaient pas à ce que j’attendais : je touchais les allocations pour trois enfants (environ 800 francs) au lieu de l’Allocation Parentale d’Education (environ 2 400 francs). Je suppose que le rectorat était déjà dans une politique d’économies. Je finis par toucher cette APE, mais pas l’allocation logement qui se montait à environ 100 francs par mois et qui était « insuffisante pour être versée » : il n’y a vraiment pas de petites économies.

         Et voilà qui clôt la parenthèse polynésienne.

Et ce n’est pas fini…  

        

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Dernière année sous les tropiques

7 Octobre 2009, 10:31am

Publié par Bernardoc

          Il me semble que c’est cette année-là que la fête nationale était célébrée en grande pompe par le Secrétaire d’Etat aux Affaires du Pacifique (Gaston FLOSSE ) à BoraBora avec toute une brochette des représentants des micro-états de la région ; et bien, moi qui ne suis pourtant pas un défenseur intransigeant de La Marseillaise (je veux dire de ses paroles), j’ai quand même été profondément choqué par le fait que toutes les huiles restent assises lors de la diffusion de l’hymne national.


21939 1322580858783 1058686208 31019333 3411975 n[1]Quant au collège, après cinq ans avec deux Principaux remarquables, voici qu’arrive une femme : sans doute le pire chef d’établissement avec qui j’ai eu à travailler. Dès le départ, je lui parle des soucis que j’avais eus l’année précédente avec un élève : elle convoque le père, l’enfant et moi : j’ai eu honte ! Elle a été insultante avec le père qui du coup a définitivement retiré son gamin du collège.

         Chaque fois que je faisais une proposition sa réponse était : « Monsieur Sarlandie, vous allez partir, alors laissez tomber. » A un collègue qui venait d’arriver : « Monsieur Daniel, vous venez d’arriver, installez-vous avant de faire des propositions. » A cette époque, nous venions pour des séjours de trois ans, éventuellement renouvelables une fois, donc si la première année il fallait attendre et ne rien proposer, de même que la dernière année, nous n’étions « rentables » qu’une année !

         J’ai parlé plus haut de la nécessité de posséder un véhicule pour se déplacer sur l’île ; son véhicule à elle était un cyclomoteur, conduit par son mari, elle se contentait du porte-bagages : belle image de la République et de ses institutions !

         Son mari avait été intronisé documentaliste, alors que le CDI était en rénovation ; il l’occupait donc pour lire La dépêche de Tahiti, et il était tranquille puisque sur la porte était affiché : « Interdit aux élèves ».

         Je me souviens de l’accueil des nouveaux collègues et notamment un soir au coucher du soleil j’avais emmené René faire un tour dans mon bateau et je lui avais dit : « Ca fait cinq ans que je suis payé pour être ici, et ça, c’est magnifique ! » Il a eu l’occasion de me dire que cinq ans plus tard il avait eu la même attitude vis-à-vis des arrivants.21939 1322580818782 1058686208 31019332 4674742 n[1]

         Nous avons profité de nos dernières vacances de Noël pour partir en Nouvelle Zélande en famille (Guilhem était encore dans son couffin) et en camping car. Ah ! le barbecue de Noël dans le jardin de Lloyd UPTON, le consul honoraire de France à Christchurch fera partie de nos plus agréables souvenirs ; mais j’aurai l’occasion plus tard de revenir sur la Nouvelle Zélande.

         Et notre départ, en l’absence de certains amis tahitiens qui ne voulaient pas pleurer sur le quai et qui donc nous avaient fait leurs adieux avant, nous conduisit après l’indispensable arrêt à Disneyland, nous conduisit sur les Champs Elysées pour le défilé du bicentenaire : nous avons beaucoup moins bien vu qu’à la télévision, mais l’ambiance pour notre retour en métropole fut très festive.

Et ce n’est pas fini… 

          

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Anticipation

6 Octobre 2009, 10:20am

Publié par Bernardoc

         J’optais donc pour le concours de CPE pour plusieurs raisons : une envie de ne pas replonger à mon retour dans la même routine que j’avais quittée six ans auparavant ; peut-être augmenter mes chances de devenir chef d’établissement (à l’époque, les CE/CPE représentaient pratiquement un tiers du recrutement) ; mais surtout la volonté de profiter au maximum de mon séjour en Polynésie. En effet, si je choisissais le concours de PLP2, je devais rentrer immédiatement en métropole, repasser par l’ENNA puis participer au mouvement national sans aucune bonification. Ayant eu la chance de commencer ma carrière dans l’académie de Bordeaux, je ne me voyais pas, avec ma petite famille, aller faire un séjour du côté de Nancy-Metz. A contrario, CPE me permettait de demander un report de stage avant de participer à une formation.

  21939 1322577018687 1058686208 31019303 7178996 n[1]       Cette année-là, sous l’impulsion d’un collègue fondu de théâtre qui venait d’arriver, nous apprîmes le métier d’acteur, dans une troupe mixte popa’a et polynésienne en participant régulièrement à un atelier de formation de l’acteur qui alternait avec la mise en scène de…En attendant Godot. Le choix de cette pièce, que la plupart d’entre nous ne connaissait que de nom, étonnait le patron qui émettait des doutes sur la portée que ce spectacle pourrait avoir sur la population de BoraBora. De plus, certains d’entre nous avaient des problèmes d’apprentissage du texte. Si bien qu’une autre idée germa dans la tête de notre metteur en scène : imaginer un spectacle fondé sur la poésie des prénoms tahitiens. Et pour être sûr d’avoir du public et de montrer ce que nous étions capables de faire, le proposer pour le tiurai (juillet) ou plutôt le Heiva comme il venait d’être rebaptisé, c'est-à-dire les festivités du 14 juillet qui durent habituellement entre deux et trois semaines, avec des spectacles tous les soirs, concours de chants et de danses entre les différents villages de l’île. Nous étions donc les seuls à n’être pas en compétition, mais simplement là pour prendre du plaisir ensemble, ce que nous fîmes par deux fois. Ce fut une très bonne expérience qui malheureusement ne devint pas pérenne, notre metteur en scène ayant trouvé d’autres centres d’intérêt l’année suivante.

Et ce n’est pas fini…

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Réorientation ?

3 Octobre 2009, 15:04pm

Publié par Bernardoc

          C’était l’époque où Jospin, Ministre de l’Education nationale (conseillé par Claude ALLEGRE ! ) avait décidé de créer deux grades pour les PCET, qui devenaient donc PLP1 et PLP2. Les PLP1 continuaient d’être recrutés à Bac + 2 alors qu’il fallait une licence pour passer le concours de PLP2. Etant déjà licencié lorsque j’avais passé le concours, je m’imaginais, ô combien naïvement, que j’allais être reclassé PLP2. Que nenni ! Je devais repasser un concours.

         Syndicaliste discipliné (j’étais à l’époque secrétaire local du Snetaa-Fen), j’ai appliqué le mot d’ordre du syndicat, en substance : « Le gouvernement nous prend pour des imbéciles, inscrivons-nous donc au maximum de concours pour lui prouver notre capacité. » Je le fis donc et m’inscrivis aux concours (interne et externe) de PLP2 et au concours externe de CPE.

         Il faut savoir qu’aux antipodes, nous devons composer pratiquement aux mêmes heures qu’en métropole, donc la première épreuve devait commencer à trois heures du matin. Et bien entendu, pour un des concours je ne me suis pas réveillé car à minuit et demi je n’avais toujours pas fermé l’œil. J’ai donc loupé l’épreuve de français, une péroraison de Bossuet, sans trop de regret. J’ai néanmoins participé à l’épreuve d’anglais, qui m’a donné une note fort honorable. En multipliant les réveils, j’ai participé aux deux épreuves du deuxième concours…qui fut annulé. Etait-ce à cause de la faute d’orthographe dans l’épreuve d’anglais ? Je n’en ai pas la moindre idée. Toujours est-il qu’il me fallait revenir à Tahiti à mes frais pour le repasser, ce que je n’ai pas fait. Quant au concours de CPE, j’étais tellement content de moi que j’ai écrit au ministère pour lui demander de m’envoyer la convocation pour l’oral à mon adresse de vacances en France. Las, je n’avais que 16 de moyenne à l’écrit et l’admissibilité était cette année-là à 17 !

         Rebelote l’année suivante, mais cette année-là nous devions choisir entre le concours externe ou l’interne pour le PLP2 (ainsi le ministère espérait réduire l’absentéisme - déjà ! – des profs pour cause de concours. J’ai choisi l’externe…et je fus admissible. Nous devions partir au moins quinze jours du Territoire pour pouvoir bénéficier d’un tarif économique. J’arrivais donc quarante-huit heures avant l’oral et partis ensuite en Dordogne, chez mes parents. En repassant par Paris, je passais à l’ENNA voir les résultats et j’étais admis. Je changeais de lieu et passais au ministère pour voir les résultats de CPE : j’étais admissible, l’oral aurait lieu dans une douzaine de jours. Après avoir modifié mon billet de retour, j’envoyai un télégramme (nous étions dans l’ère pré-internet) au patron : « Reçu PLP2 ; admissible CPE ; rentrerai quand pourrai ; Youpi ! ». Mon « youpi » fut apprécié !!! L’oral se déroula de façon mitigée : une épreuve sur les internats me parlait beaucoup, mais j’ai dû apparaître comme un vrai facho (j’ai eu 10) alors que l’épreuve concernant l’animation de la vie scolaire m’a permis de faire des éclats.

         Je reçus les notes des deux concours à peu près en même temps et je décidai d’opter pour CPE. Toutefois je m’étonnai de ma note d’anglais, qui n’était pas un multiple de trois (34). J’écrivis donc au ministère pour faire part de mes interrogations. On me répondit au dos de mon original (ainsi il ne restait aucune trace de ma contestation) en me disant qu’il ne s’agissait pas d’une note sur 20 avec coefficient 3, mais d’une note sur 60, ce qui n’était pas le texte du Bulletin Officiel. Sur les quarante cinq minutes que devait durer l’épreuve, on ne me laissa m’exprimer qu’une vingtaine de minutes avant de me remercier. Devant ma décomposition, le jury me dit de ne pas m’en faire, que ma prestation avait été très bonne. J’en conclus donc qu’il y avait dû y avoir une erreur de transcription de note et que c’aurait dû être 54 et non 34 ma note d’anglais. Mais effectivement, le ministère devait se demander qui c’était ce mec qui était reçu et qui contestait.

Et ce n’est pas fini… 

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Deuxième parenthèse "actuelle" : ma cinquième semaine de retraite

2 Octobre 2009, 22:36pm

Publié par Bernardoc

 

Un matin de septembre à Euronat
SNB11168

Le soleil se lève vite sur la thalasso
SNB11165

On commence par un gommage

SNB11150

 

On continue par un enveloppement d'algues
SNB11153[1]
 
Et on se repose au calme
SNB11155
Puis c'est la libération
SNB11156
 
On se fait rincer au jet

SNB11170
Et on se prélasse dans un bain à bulles...
SNB11167
...avant de terminer par un massage.
SNB11160
Après, entre sauna et hammam, il y a aussi la piscine d'eau de mer chaude.

SNB11162

     Il n'y a pas à dire : il faut vraiment être maso pour continuer de bosser au-delà de soixante ans !
Et ce n'est pas fini...






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La charnière entre deux séjours

25 Septembre 2009, 22:12pm

Publié par Bernardoc

         Juin 1986 : l’heure du congé administratif avait sonné. Nous partions sans attendre la fin de l’année scolaire, selon les ordres du ministère, pour bénéficier de tarifs minorés.

         A cette époque, nous avions droit à la deuxième partie de notre prime de séjour (six mois et demi de traitement non indexé) au départ, ainsi qu’à un déménagement aller-retour vers la métropole. Au retour, nous touchions la première partie de la prime du deuxième séjour. Inutile de dire que nous ne nous étions jamais sentis aussi riches que pendant ces vacances. Nous avons loué une Renault 21 avec laquelle nous avons sillonné la France et je n’arrêtais pas de me dire c’était un beau pays, alors que la majorité des gens nous enviaient notre confetti du Pacifique.

         Mi-août : moment du retour pour être présents pour la rentrée.  Maeva allait retrouver Tao, sa nounou, Estelle allait retourner au CE2 pour continuer à écrire que « Tihoti ramait la pirogue » ou que « Tina pédalait la bicyclette », tout en enrichissant son vocabulaire de gros mots tahitiens. Mais au moins elle continuait de nous parler avec un accent popa’a, le franco-tahitien étant réservé aux conversations avec ses camarades.

         Nous avions laissé notre fare à deux familles de collègues pendant nos vacances : une des Marquises et l’autre étant un ancien de BoraBora qui avait fait souche à Tahiti. C’est quelque chose qui se pratiquait beaucoup, et qui permettait de visiter les îles de façon relativement bon marché, les prix des hôtels étant peu compatibles avec nos salaires (même indexés ! ). Pour ceux qui n’avaient pas cette possibilité, le Club Med offrait à l’époque le meilleur rapport qualité/prix sur l’île. Il avait la particularité d’être ouvert aux gens de BoraBora, suite à une gentille et amicale pression de certains résidents. Avec celui de Moorea, il avait aussi contribué à fournir un certain nombre d’enseignants aux différents CETAD, grâce aux compétences des GO,  qui n’avaient parfois qu’un très lointain rapport avec les disciplines des concours de l’Education nationale, que certains ont pourtant passés et brillamment réussis.

         En route donc pour la deuxième ligne droite, avec un personnel renouvelé à 50% par rapport à notre première arrivée.

Et ce n’est pas fini…

 

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