Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Bernard SARLANDIE

regards sur le monde

Uber Eats met 2 500 sans-papiers à la rue et on les regarde sans broncher

3 Octobre 2022, 11:00am

Publié par Bernardoc

Par Gurvan Kristanadjaja Journaliste au service Société in Libération du 1er octobre 2022

 

Uber vient de fermer une usine en France et de licencier 2 500 personnes. Enfin, pas tout à fait mais c’est tout comme : ces dernières semaines, la filiale «Eats» de la firme américaine a désactivé les comptes de plus de 2 500 travailleurs sans papiers suspectés d’être frauduleux. Ils se retrouvent sans travail et sans compensation. Uber a imposé depuis son arrivée en France en 2011 le recours aux indépendants pour plus de «flexibilité» : c’est la liberté de pouvoir rompre les contrats de 2 500 livreurs, sans préavis et sans avoir à s’en expliquer.

On fait face, encore et toujours, à l’hypocrisie d’Uber. Quand elles sont arrivées en France en 2015, les plateformes ont attiré des passionnés du vélo et des étudiants venus chercher là un complément d’activité. Au fil des mois, leurs rémunérations ont considérablement baissé pour compenser les pertes. Ils ont fini par quitter ce milieu pour laisser leur place à d’autres, plus précaires. Depuis 2019, donc, ce sont principalement des sans-papiers qui composent la flotte de livreurs dans les grandes villes. Une étude menée en 2022 à Paris et dans la petite couronne sur un échantillon de 500 livreurs affirme que seuls 9 % d’entre eux étaient de nationalité française. Il n’y a qu’à se pointer devant un fast-food à midi et échanger avec eux pour le constater : la plupart viennent d’Afrique subsaharienne, du Maghreb ou du Bangladesh. Pour Uber Eats, ils roulent sept jours sur sept sans protection, parfois sur des Vélib et touchent à peine plus de 500 euros par mois via un système de sous-location de comptes. Du côté de la plateforme, la direction a longtemps nié faire travailler des livreurs sans papiers. Quand on les interrogeait sur le sujet, ils déclinaient toute responsabilité, préférant se retrancher derrière leurs «algorithmes». S’il existait des dérives, elles étaient l’unique responsabilité des autoentrepreneurs qui se plaçaient «dans l’illégalité» en sous-louant leurs comptes. Mais quand le gouvernement a finalement tapé du poing sur la table (gentiment, hein) en 2022 dans le cadre de la signature d’une charte pour lutter contre la sous-location irrégulière des comptes de livreurs, ils ont feint de découvrir le phénomène et ont déconnecté tous les comptes suspects.

Il faut écouter Mohamed, Aboubacar, Amidou et les 2 500 autres livreurs qui ont perdu leur job et manifesteront ce samedi. Ils racontent les livraisons sous la pluie la journée, les dîners aux Restos du cœur le soir et les nuits dans les foyers du 115. Ils relatent la traversée de la Méditerranée, la mort de leurs amis sur la route. Ils prennent un ton solennel quand ils parlent de la «France», la «patrie des droits de l’homme» où ils ont rêvé leur émancipation mais se retrouvent à trimer pour livrer des sushis. Certains osent prononcer le mot interdit, ils tonnent : «On est des esclaves !» Ils disent que nous, les Français, on les a applaudis quand ils livraient pendant le Covid. Et qu’on les regarde les bras ballants, avec l’envie de leur répondre «je suis désolé» plutôt que de se rebeller.

Et ce n'est pas fini...

 

 

Voir les commentaires

Le travail à l’heure des grandes solitudes

27 Septembre 2022, 10:49am

Publié par Bernardoc

Le développement du télétravail et plus généralement l’individualisation des tâches et le management par le chiffre isolent davantage les salariés. Avec de graves conséquences psychosociales

Autonomie et manque de moyens

L’évaluation pour seul lien

Socialiser en dehors du travail

Si le télétravail et le management ont isolé les salariés, comment les syndicats peuvent-ils les aider ? « Depuis le Covid, les salariés sont seuls, donc on a une multiplication des sollicitations individuelles », reconnaît Sophie Binet, secrétaire générale de l'Ugict-CGT. Mais la priorité reste de créer du collectif. « Le syndicalisme est un réseau, un moyen d’échanger et se serrer les coudes. On essaie de m’isoler dans ma relation avec l’entreprise, le syndicat peut être là pour me soutenir. On le vend comme service individuel et service collectif », affirme Raphaëlle Bertholon (CFE-CGC). On peut aussi voir les choses ­différemment, comme le sociologue Roger Sue. Selon lui, « plus d’individualisation ne veut pas dire moins de socialisation, mais ailleurs que sur le lieu de travail ». L’adieu à la vie de bureau, en somme.

Le titre et les sous-titres de cet article du Monde sont suffisamment éloquents : rien à rajouter à ce que disent les deux syndicalistes.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Travailler plus ?

25 Août 2022, 11:07am

Publié par Bernardoc

Fanny Marlié in Alternatives économiques du 25 août 2022 (extraits)


 

En 2022, mourir au travail n’est pas rare. Deux travailleurs français meurent chaque jour, soit quatorze par semaine, et plus de 700 par an – 790 en 2019, si l’on se fie aux décomptes de la Sécurité sociale concernant le régime général (733 décès) et le régime agricole (57). Des chiffres incomplets, puisqu’ils n’incluent pas la fonction publique ni les indépendants, en particulier les micro-entrepreneurs.

Dans son ouvrage Accidents du travail, des morts et des blessés invisibles (Bayard, 2021), la sociologue Véronique Daubas-Letourneux, enseignante- chercheuse à l’Ecole des hautes études en santé publique (Ehesp), questionne les causes structurelles de cette invisibilité. Au-delà des chiffres, elle y interroge l’intensification du travail (stress, fatigue, sous-effectifs, délais courts) et son organisation souvent informelle (sous-traitance), aboutissant parfois à l’irréparable. Face au déni, elle tient à rappeler ce qui devrait tenir de l’évidence : « Les accidents du travail sont dus au travail. »

« Le terme “accident” renvoie à la notion de hasard. Quand on dit d’un événement qu’il est accidentel, c’est qu’il est, par principe, de nature imprévisible, nous détaille-t-elle. En réalité, il y a une vraie régularité du risque de se blesser et de mourir au travail selon les secteurs d’activité. »

Les résultats de l’enquête réalisée par la Dares, le service statistique du ministère du Travail, et publiée en août 2021 le prouvent : le nombre et la fréquence des accidents graves du travail sont les plus élevés dans l’intérim, la construction, le médico-social, l’agriculture, la sylviculture ou encore la pêche. La finance, l’informatique ou le raffinage font, à l’inverse, partie des secteurs les moins à risque.

Cette stratification sociale explique en partie l’absence de mobilisation sur le sujet selon Véronique Daubas-Letourneux : « L’invisibilisation de ces décès dans le débat public s’explique par l’invisibilisation au sein de la société de ces métiers pourtant essentiels, qu’il s’agisse d’ouvriers ou de femmes travaillant dans le secteur du soin et de l’aide à la personne, particulièrement touchés par les accidents du travail. Ce sont également des métiers où la syndicalisation est difficile, voire, dans certains cas, risquée. »

Pour tenter d’alerter l’opinion, le 28 avril, Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, un groupe intersyndical et associatif a organisé une journée d’action intitulée « Halte à l’impunité patronale ». Dans un communiqué de presse, il décrivait « une hécatombe » qui « décime le monde du travail », résultat selon lui de « pratiques patronales et gouvernementales concertées ».

A travers un dossier minutieux, il détaillait l’ampleur du phénomène et dénonçait l’absence de données complètes, les chiffres qui stagnent depuis 2010 et la sous-déclaration des accidents du travail. Se dessine un système favorable à l’impunité des employeurs : développement de la sous-traitance, de l’intérim, baisse du nombre d’inspecteurs, médecine du travail dépendante des donneurs d’ordre, etc. Sans oublier que beaucoup de morts échappent encore au compteur.

Dans le système des accidents du travail, les décès représentent la partie émergée de l’iceberg. S’y attaquer suppose déjà de commencer par déclarer tous les accidents liés au travail. Or, beaucoup d’entre eux (48%) ne le sont tout simplement pas.

Selon Jérôme Vivenza, membre de la direction confédérale de la CGT, la pression à la sous-déclaration de la part des entreprises semble s’intensifier depuis quelques années. « Ce phénomène de sous-déclaration est une injustice pour les salariés concernés, qui sont privés d’accès à une réparation financière, et il freine le développement de la prévention », pointe le syndicaliste.

Comparée aux autres pays européens, la France fait figure de mauvais élève et arrive tristement à la première place en matière de nombre d’accidents mortels au travail : 3,5 accidents reconnus pour 100 000 salariés, contre 1,7 en moyenne. Les mondes du travail allemands, suédois et néerlandais sont environ trois fois moins meurtriers. Si la France devance même les pays de l’Est (Bulgarie, Lituanie, Roumanie) et la Grèce, cette réalité est néanmoins à nuancer. « Ces données s’expliquent notamment par des procédures défaillantes de reconnaissance et de réparation des accidents du travail dans ces pays-là, souligne Jérôme Vivenza.

La France est le seul pays européen où les courbes continuent de grimper (+1%).

Les patrons français se soucient un peu moins de la sécurité de leurs salariés que leurs voisins européens. Selon l’enquête Esener menée par l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, ils n’étaient que 55 % en 2019 à réaliser régulièrement l’évaluation annuelle des risques professionnels – pourtant obligatoire depuis une directive européenne datant de 1989. Ce taux est de 75 % en moyenne au sein de l’Union européenne.

A la mi-mars 2022, le gouvernement s’est saisi de cette question en publiant un plan pour la prévention des accidents du travail graves et mortels (ATGM) inclus dans le plan santé au travail 2022-2025. Au programme : davantage de prévention (actions de sensibilisation et de formation, informations sur les aides à la prévention, meilleur suivi des travailleurs intérimaires, etc.), mais pas de rallonge budgétaire spécifique. En 2022, le projet de loi de finances prévoit de consacrer un peu plus de 24 millions d’euros à la santé et la sécurité au travail.

« L’organisation du travail n’y est pas du tout interrogée, regrette Louis-Marie Barnier, docteur en sociologie, chercheur associé au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (Lest) et syndicaliste à la CGT. On reste sur une approche encore trop individuelle des accidents du travail. »

Pour le groupe intersyndical et associatif organisateur de « Halte à l’impunité patronale », « la démolition des contre-pouvoirs des salariés sur leurs conditions de travail » explique, en partie, les chiffres des accidents du travail en France. Parmi la baisse de ces « contre-pouvoirs », Jérôme Vivenza cite pêle-mêle : la suppression des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) par les ordonnances Macron de septembre 2017, le manque d’inspecteurs du travail (1 796 pour 20 millions de salariés) ou encore la dépendance du médecin du travail vis-à-vis du chef d’entreprise (dans les entreprises d’au moins 2 200 salariés, le médecin du travail est salarié de l’entreprise).

Affichée comme une simplification des instances dédiées au dialogue social, la suppression des CHSCT a dilué les questions de santé dans une instance unique, le comité social et économique (CSE). Pour les remplacer, la législation a prévu la création de commissions santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT), obligatoires uniquement dans les entreprises d’au moins 300 salariés, ainsi que dans celles qui sont exposées à des risques graves. Au total, selon France Stratégie, 28 % des salariés, travaillant souvent dans une PME, ne sont plus couverts par une instance dédiée aux questions de sécurité et conditions de travail.

Récemment, la Confédération européenne des syndicats (CES) a dressé un constat terrifiant : au rythme actuel, l’horizon zéro mort en Europe ne serait pas atteint avant 2055. Encore faudrait-il que les pays se fixent un objectif en la matière. Pour Véronique Daubas-Letourneux, « Il est urgent de faire des morts au travail un sujet politique », conclut-elle.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Nouvelle-Aquitaine : les jeunes face à l'emploi en cinq chiffres

21 Juillet 2022, 11:14am

Publié par Bernardoc

In La Tribune du 21 juillet 2022


L'insertion professionnelle des jeunes âgés de 16 à 29 ans en Nouvelle-Aquitaine est plus délicate que dans les autres régions de la côte Atlantique mais meilleure qu'en Occitanie. Un constat dressé par une note de l'Insee de juillet 2022 portant sur des données de 2017. Le résumé en cinq chiffres clef.

- Seulement 25 % de la population en âge de travailler a entre 16 et 29 ans

Avec 886.500 jeunes âgés de 16 à 29 ans en 2017, soit 25 % de la population en âge de travailler contre 27 % en moyenne en France, la Nouvelle-Aquitaine est la région de France métropolitaine avec la plus faible part de jeunes dans sa population en âge de travailler derrière la Corse. Un constat qui peut s'expliquer notamment par le poids des départements ruraux et par l'attractivité de la région auprès des retraités et des quadragénaires avec enfants, explique l'Insee Nouvelle-Aquitaine dans une note dédiée publiée le 5 juillet 2022. Parmi ces jeunes de 16 à 29 ans, 55 % se considèrent comme actifs et 45% comme inactifs


- 13 % des jeunes se déclarent au chômage

13 % des jeunes néo-aquitains se déclarent au chômage, un taux relativement identique aux régions avoisinantes. Mais ce taux de chômage est de quatre points supérieur à celui des 30-64 ans (9 %). Le manque d'expérience et l'absence de diplômes expliquent notamment cet écart. En revanche, les jeunes de 16 à 29 ans restent moins longtemps au chômage que leurs aînés.


- 37 % de contrats courts et précaires

37 % des contrats signés par les jeunes néo-aquitains sont des contrats courts et précaires (CDD, Intérim, emplois aidés) tandis que 26 % d'entre eux sont en CDD contre 24 % ailleurs en France. Pour payer leurs études ou tout simplement pour débuter dans la vie professionnelle, les jeunes ont davantage tendance à accepter des emplois avec une rémunération faible (temps partiel, emplois saisonniers, commerce et services) : 10,4 €/heure contre 14.6 €/heure chez les 30-64 ans. Par ailleurs, les jeunes néo-aquitains sont un peu moins souvent cadres que dans les autres régions (6 % des jeunes en emploi dans la région contre 7 %). Enfin, le diplôme reste déterminant dans l'insertion professionnelle : parmi les 17 % de jeunes non diplômés, 10 % sont au chômage et 9 % sont inactifs. A contrario, parmi les 10 % de bac +3/+4, 9 % sont au chômage et 1 % sont inactifs.


- +35 % de contrats d'apprentissage en 2021

45.000 en 2020, 61.141 en 2021, la hausse des contrats d'apprentissage signés est significative dans la région (+35% en 2021) et fait suite "à l'augmentation de 40 % entre 2019 et 2020". La volonté de travailler, l'importance du diplôme et l'ampleur des soutiens publics déployés ces dernières années poussent les jeunes et les entreprises néo-aquitaines à se saisir de ce type de contrat qui progresse dans les entreprises de toutes tailles.

- Quatre départements fragilisés

Charente-Maritime, Charente, Dordogne et Lot-et-Garonne : quatre départements de Nouvelle-Aquitaine s'avèrent "fragiles" face à la question de l'insertion professionnelle chez les jeunes. Ces départements se caractérisent par une proportion élevée de jeunes inoccupés (22 % en Lot-et-Garonne contre 17 % dans la Vienne par exemple) et non-diplômés (20.7 % en Lot-et-Garonne contre une moyenne de 17 % en Nouvelle-Aquitaine). Les disparités sont grandes et sont dues à plusieurs faits : qualité de vie, offre de structures d'enseignement supérieur, opportunité d'emplois. Par exemple, les grands pôles universitaires se concentrent en Gironde, dans la Vienne et dans la Haute-Vienne.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Comment les smartphones et véhicules électriques transforment 40.000 enfants en esclaves

4 Mai 2022, 17:17pm

Publié par Bernardoc

Article d'Annaëlle LUCINA

Le lithium est un métal essentiel pour la production des piles et batteries rechargeables.

L’Australie, la Bolivie, le Chili et l’Argentine sont les pays qui concentrent l’essentiel des réserves mondiales de lithium. Un élément chimique à la base des technologies de batteries pour les véhicules électriques, les smartphones et d’autres objets électroniques.

Dans les régions productrices, l’utilisation massive d’eau pour la production de cet élément chimique provoque des conflits d’usages avec les populations locales. Et ce, au point de compromettre leur survie, alerte l’ADEME.

À l’horizon de 2040, les deux géants du pétrole ExxonMobil et BP misent sur 150 millions de véhicules électriques vendus. Un objectif qui devrait faire exploser la demande de lithium, un composant essentiel à la fabrication des batteries. Ainsi, d’après la Commission européenne, la demande de lithium sera multipliée par 18 d’ici 2030. Et 60 fois plus en 2050. Tout en sachant que, jusqu’à récemment, seuls 50 % du lithium contenu dans les batteries pouvaient être réutilisés en raison de processus de recyclage insuffisants et dangereux.

Dans ce contexte, depuis le 1er janvier 2021, un règlement européen est entré en vigueur dans toute l’Union européenne. Il tend à encadrer l’extraction des minerais nécessaires à la fabrication des smartphones et batteries. En plus de l’impact environnemental, le règlement estime que cette activité serait une source de conflits armés et de travail forcé.

D’un côté, le lithium garantit qu’une batterie puisse se recharger. De l’autre, grâce à sa densité énergétique élevée, le cobalt apporte un effet “boostant” à la batterie. Pour se faire une idée du problème, près de 60 % de ce métal rare est extrait en République démocratique du Congo. Autrement dit, le sud du Congo recèle une quantité de cobalt estimée à 3,4 millions de tonnes métriques, soit, près de la moitié des réserves mondiales connues. Tout en sachant que, dans cette région, la réglementation de cette industrie est pratiquement inexistante.

Les Portugais ont commencé à exploiter les gisements miniers du Congo à partir du XVe siècle, les Belges ont ensuite pris le relais à partir de 1885. Ainsi, dans le pays, on estime que plus de 40 000 enfants esclaves travaillent dans des mines, selon un rapport d’Amnesty International et Afrewatch qui date de 2016. L’organisation se base sur des chiffres rapportés par l’UNICEF en 2014. Plus précisément, une majorité travaillerait dans des mines de cobalt et de coltan, deux métaux particulièrement recherchés dans la fabrication des batteries Li-ion, les moteurs électriques, les générateurs des centrales électriques ou encore des éoliennes.

Suite à l’explosion de la demande, ce métal pourrait devenir une source de revenu considérable pour des groupes armés… Et forcer de plus en plus d’enfants à travailler dans des mines, dans des conditions déplorables.

Environ 70 à 80% des ressources globales en lithium se trouvent au-dessous des plaines salées de l’Argentine, de la Bolivie et du Chili. Dans ces régions, les machines à extraction et les nouvelles montagnes d’argile et de terre ont progressivement redessiné le paysage.

En Argentine et en Bolivie, la production du lithium a déjà engendré plusieurs conflits sociaux entre les populations locales et les agents d’extraction. En effet, la plupart du temps, les communautés “indigènes” résidant autour des zones d’extraction n’ont pas de voix lors des consultations sur les activités minières. Et ce, alors qu’elles ont déjà été témoins d’un passé d’esclavage brutal dans les mines coloniales. Autre source de conflit, d‘après le Pentagone, l’Afghanistan possèderait un des plus gros gisements de lithium.

La saumure est une eau contenant une très forte concentration de sel. C’est elle qui contient le chlorure de lithium, essentiel à la fabrication des batteries lithium-ion. Ces réserves se trouvent entre 1,5 et 60 mètres de profondeur, sous les salars. Pour rappel, les salars sont des déserts de sel. Autrement dit, des étendues naturelles ou superficielles de sel. Par exemple, les dizaines de bassins d’évaporation du salar de Uyuni, en Bolivie, servent à l’extraction du lithium. Ainsi, 17 % du lithium planétaire gît sous le plus vaste désert de sel du monde.

Lors de processus d’extraction du lithium, les saumures, donc les dépôts d’eau souterrains, sont pompées et déversées en surface dans des bassins d’évaporation. Le chlorure de lithium y est ensuite progressivement concentré puis récolté. Autrement dit, le lithium est extrait des sels séchés qui restent à la surface. Et ce, grâce à une méthode similaire à celle utilisée pour produire du sel dans les marais salants. C’est cette technique que certains accusent de consommer une quantité astronomique d’eau.

Ainsi, d’après de nombreuses études, l’extraction du lithium serait donc énergivore en eau, engendrait une pollution des sols et serait à l’origine de conflits locaux. D’autres, comme le site révolution énergétique, considèrent “que le procès fait aux batteries et aux véhicules électriques à cause de l’empreinte écologique du lithium est tout-à-fait scandaleux”. Pour aller plus lois, dans un article du journal Le Monde de 2019, Didier Julienne, expert du négoce et de l’industrie minière, avance que “la guerre du lithium n’aura pas lieu”.

Des alternatives aux batteries lithium-ion moins toxiques et fabriquées à partir de métaux plus accessibles sont en cours d’exploration. Par exemple, les batteries sodium-ion et les batteries à flux.

Le sodium est un métal dont les sels sont très abondants dans la nature. Plus précisément, le chlorure de sodium, se trouve dans l’eau de mer et est accessible facilement, partout dans le monde. De leur côté, les batteries à flux se composent de deux substances différentes. Elles sont dissoutes dans des liquides puis séparées et pompées à travers une membrane. Grâce à une série de réactions de réduction et d’oxydation cette énergie chimique est convertie en énergie électrique. C’est d’ailleurs de ce processus que vient le nom red-ox. En chimie, la “réduction” définit la réaction chimique par laquelle un atome d’une molécule ou d’un ion gagne un ou plusieurs électrons.

À noter tout de même qu’en terme de stockage de l’énergie, des développements supplémentaires seront nécessaires pour les rendre aussi efficaces que le lithium. Par exemple, un ion sodium étant environ 50 % plus volumineux qu’un ion lithium, les matériaux de la cathode sont électrochimiquement moins stables. Pour rappel, la cathode représente l’électrode sur laquelle se produit une réaction qui consomme des électrons. Enfin, les batteries à flux sont les fruits d’un processus de fabrication très complexe.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Le ticket de caisse, c’est bientôt fini.

24 Avril 2022, 14:57pm

Publié par Bernardoc

Je me demande, mais je ne suis pas un spécialiste, s'il n'y a pas d'autres économies à faire. En tous cas, je continuerai de demander mes tickets.

Extrait de radins.com

La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire prévoit que le ticket de caisse ne soit plus imprimé d’office.

Il faudra prendre l’habitude de ne pas se voir délivrer de ticket de caisse… sauf si on le demande. C’est en effet au 1er janvier 2023 que la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire fixe la fin de l’impression systématique du ticket de caisse. L’argument du législateur : un hypermarché consomme chaque année 10.600 rouleaux de papier thermique pour l’impression des tickets de caisse. En délivrer moins permettrait donc d’utiliser moins de papier.

Dans leur exposé des motifs pour faire adopter cet amendement, les députés Patricia Mirallès et Gilles Le Gendre et la ministre Barbara Pompili citaient par ailleurs plusieurs études selon lesquelles les bisphénol F et S, qui sont venus remplacer le bisphénol A dans la composition de tickets de caisse, n’étaient pas sans danger. Les deux substances étaient qualifiées de perturbateurs endocriniens par des chercheurs japonais. Pour la même raison, une autre étude recommandait d’éviter de faire manipuler des tickets de caisse à des hôtesses de caisses enceintes.

Peut-on parler de la fin des preuves d’achat ? Pas vraiment. Tout d’abord, le client pourra toujours demander l’impression du ticket de caisse. Ensuite, de nombreux magasins proposant une carte de fidélité ont, sur leur site et application, un « Espace fidélité » où le client peut visualiser l’ensemble de ses tickets de caisse. Le ticket de caisse ne disparaît donc pas, il est aujourd’hui plus durable encore que la traditionnelle facturette papier.Certains enseignes anticipent d’ores et déjà cette nouveauté législative. Carrefour et les magasins U ne délivrent plus de ticket de caisse par défaut depuis avril 2021. « On sait aujourd’hui que les 30 milliards de tickets de caisse imprimés chaque année en France sont à l’origine de l’abattage de 2,5 millions d’arbres et du gaspillage de 950 millions de litres d’eau », mettait en avant Carrefour au moment de la mise en place de cette disposition.

Et ce n'est pas fini...

 

Voir les commentaires

Qu’est-ce que l’« espérance de vie en bonne santé », indicateur récurrent des débats sur l’âge de départ à la retraite ?

16 Avril 2022, 14:35pm

Publié par Bernardoc

Extrait des Décodeurs du Monde.

Mis en place depuis le milieu des années 2000, cet indicateur de santé publique mesure le nombre d’années que peut espérer vivre une personne sans être limitée dans ses activités quotidiennes par un problème de santé, explique la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), qui dépend du ministère de la santé.

Alors que l’espérance de vie classique remonte aux tables de mortalité établies au XVIIe siècle aux Pays-Bas, le concept d’espérance de vie en bonne santé n’a commencé à germer qu’à partir des années 1960. « Beaucoup d’universitaires ont essayé de mettre au point un indicateur qui soit aussi simple que l’espérance de vie, mais moins quantitatif », explique Jean-Marie Robine, démographe à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et spécialiste du vieillissement de la société.

Concrètement, il mesure l’impact de la santé sur la vie quotidienne et sa prise en charge par la société. « C’est donc une thématique en lien avec le handicap », explique Thomas Deroyon, statisticien et auteur d’une . Plus précisément, il permet de « prendre en compte la dégradation du corps et la qualité de vie aux âges avancés », ajoute l’anthropologue et médecin Didier Fassin, auteur de De l’inégalité des vies (Fayard, 2020).

Qu’elle soit mesurée par la Drees ou par l’organisme européen de statistiques Eurostat, l’espérance de vie en bonne santé se calcule à partir des données exhaustives de mortalité d’un pays, par sexe et par âge. En 2019, l’espérance de vie à la naissance (c’est-à-dire l’âge moyen du décès d’une génération soumise aux conditions de mortalité actuelles) est de 85,6 ans pour les femmes et de 79,7 ans pour les hommes, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Cette donnée purement statistique est croisée avec un second facteur, celui de l’existence ou non d’une pathologie perçue comme handicapante dans la durée par la personne qui en souffre. Celle-ci est mesurée par une enquête déclarative très simple, puisqu’elle est composée d’une seule question : « Etes-vous limité(e), depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ? » Trois réponses sont possibles : non, un peu et fortement.

Actuellement, quelle est l’espérance de vie en bonne santé des Français ?

Selon le dernier rapport de l’Insee basé sur les calculs d’Eurostat, l’espérance de vie sans incapacité était en 2020 de 65,9 ans pour les femmes et de 64,4 ans pour les hommes, ce qui constitue une hausse sensible par rapport au milieu des années 2000.

L'espérance de vie en bonne santé est en légère hausse depuis 2004 : les femmes ont gagné 1,7 ans d'années de bonne santé en moyenne, et les hommes 2,9.

Quelles sont les limites de cet indicateur ?

La première tient à sa méthodologie. Basé sur une enquête déclarative, l’EVSI repose sur une part de subjectivité,

En outre, ces enquêtes sont menées uniquement au sein des ménages, avec un énorme angle mort du côté des Établissements d’hébergements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), dont les résidents sont, par définition, plus sujets à incapacités.

Enfin, faute de moyens, l’EVSI détaille l’espérance de vie en bonne santé selon le sexe et l’âge, mais pas par catégorie socioprofessionnelle. Or les écarts sont significatifs. Emmanuelle Cambois, chercheuse à l’Institut national d’études démographiques (Ined) et autrice en 2008 d’une étude sur la « double peine » des ouvriers, a pu mesurer ces inégalités : « Les ouvriers ont une espérance de vie plus courte, et au sein de cette espérance de vie plus courte, ils ont également plus d’années à vivre avec des incapacités. » Les carrières hachées, avec une forte précarité, sont également surexposées, rapporte-t-elle.

Une étude de l’Insee montre que l’espérance de vie des ouvriers est plus courte que celle des cadres de six à sept ans, et que les 5 % les plus pauvres meurent en moyenne treize ans plus tôt que les 5 % les plus riches.

Peut-on s’y référer dans le débat sur l’âge du départ à la retraite ?

Oui, même s’il importe de ne pas prendre l’EVSI comme autre chose qu’une moyenne. Or, en cas d’allongement des carrières, les plus fragilisés par la précarité et les pénibilités risquent ne pas pouvoir atteindre l’âge de départ à taux plein. Ce qu’ils ne coûteraient pas en pensions de retraite, ils le coûteraient en indemnités chômage et maladie. En l’étoffant d’enquêtes plus précises sur l’espérance de vie en bonne santé selon les métiers, cet indicateur pourrait justement permettre d’adapter la législation de manière plus fine et plus équitable. « Aujourd’hui les plus pauvres contribuent à payer les retraites des plus riches. L’âge de départ à la retraite devrait être calculé en fonction de l’espérance de vie en bonne santé, ce que la réforme envisagée par le président de la République ne prend pas en considération », remarque Didier Fassin.

Il s’agit même de la principale utilité politique de cet indicateur. « Si on veut une société juste, à défaut de pouvoir agir sur la mort ou la maladie, on peut au moins agir sur l’âge de départ à la retraite », souligne Jean-Marie Robine.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Recalé !

15 Avril 2022, 16:22pm

Publié par Bernardoc

Le mois dernier, je lis une annonce dans Sud ouest dimanche : le CHU recherchait des volontaires pour tester un alicament censé améliorer la mémoire. J'appelle le numéro indiqué, et réponds à quelques questions au téléphone. Mon profil cadrait. Rendez-vous est pris au CHU, où je suis interrogé sur des questions qui m'ont semblé anodines : dates, lieux,...Puis un mini test sur tablette où je devais replacer des figures qui étaient apparues dans des cadres. Au bout d'une minute, essai concluant et je suis convoqué à une autre visite (aujourd'hui) pour faire le test dans son entier, c'est à dire aller jusqu'à 8 figures à replacer dans le bon cadre. Eh bien, j'y suis arrivé (pas du premier coup) et ma participation s'arrête là : apparemment je n'ai pas de problème de mémoire (pas mal pour le théâtre, hein ?). J'ai donc reçu 15,10 € comme défraiement pour mes frais de transport...et dans 30 ans je pourrai récupérer les données que je leur ai laissées.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Ils n'ont pas des ingénieurs à Bordeaux-Métropole ?

29 Mars 2022, 20:09pm

Publié par Bernardoc

  Il y a quelques mois on nous avait installé deux magnifiques arrêts pour le BHNS place François MITTERRAND au Haillan. Ils étaient très similaires à ceux du tramway (les distributeurs en moins) dont nous avions refusé la présence sur cet axe. Et puis, voici quelques semaines qu'ils ont disparu. Leur positionnement était-il inadéquat ? Ou bien la charrue avait-elle été mise avant les boeufs, et il a fallu les détruire pour défoncer la chaussée, avant, peut-être, de les réinstaller ? Faire et défaire, c'est toujours travailler, mais cela est-il bon pour le bilan carbone ? Et après, il faudra reconstruire la Porte océane, cette fontaine remarquable qui figure sur le guide des promenades métropolitaines. Parfois il m'arrive de me demander si l'argent public est vraiment bien géré, mais c'est sûrement une question qu'un citoyen de base, à l'écart de tout engagement politique, ne peut comprendre.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Un bon dessin...

7 Mars 2022, 18:09pm

Publié par Bernardoc

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>