in Libération du 28 septembre 2025
«Mon enfant va faire la quête pour le CHU ?» : à Nantes, un étonnant partenariat entre écoles privées et hôpital public
Depuis la rentrée, 5 000 élèves des établissements privés sous contrat de la métropole nantaise sont invités à participer à un programme de collecte de dons à destination de l’hôpital public. Plusieurs syndicats s’en désolent.
Sortie de classes dans une école privée de Nantes. Sur le trottoir, Jérémy, parent d’un élève de CM2, ironise : «Alors, mon enfant va faire la quête pour le CHU ?» C’est une première, les «Nao’venturiers», une nouvelle initiative afin de récolter des fonds pour l’hôpital public. Depuis la rentrée de septembre, tous les établissements privés sous contrat de la métropole nantaise, soit une cinquantaine d’écoles, sont censés participer au programme des Nao’venturiers.
L’idée : un badge avec un QR code, distribué à tous les enfants de CM1 et CM2, soit 5 000 élèves. Avec, ils vont devoir collecter de l’argent à destination du CHU de Nantes, dans leur entourage ou à une borne installée dans certains lieux de la ville que les enfants peuvent venir badger contre des points. «Une opération de solidarité et un projet éducatif», à écouter les organisateurs issus du fonds de dotation du CHU, Naovie. Avec, à la clef, 650 cadeaux offerts aux meilleurs collecteurs : boîtes à histoire, places de cinéma, d’accrobranche ou même entrées à l’hippodrome…
Honteux ! Et dire qu’on prétend réduire nos impôts, qui servent, entre autres, à financer l’hôpital public ! Après le téléthon et tout le charity business, voici qu’on veut l’étendre à l’ensemble de la santé, tout en faisant des cadeaux et des exonérations de cotisations sociales. On est décidément bien tombés sur la tête.
Et ce n’est pas fini...