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Le blog de Bernard SARLANDIE

Canicule.

30 Juin 2026, 14:12pm

Publié par Bernardoc

In France 24 le 26 juin 2026

Sophie BINET visitait vendredi une crèche et un hôpital dans le Val d'Oise et a rapporté des températures de 32°C dans la section des bébés de la crèche et de 36°C dans le service gériatrie de l'hôpital, en l'absence selon elle de "plan canicule" dans ces structures.

Elle a salué le dévouement des agents des services publics "payés au lance-pierre" qui "tiennent les services publics à bout de bras dans les périodes de crise", au risque de leur propre santé.

"Nous alertons depuis le début en disant que la chaleur tue et qu'il faut prendre des mesures et là, c'est avec une énorme colère que nous constatons que les mesures ne sont pas prises", a-t-elle dit à l'AFP, dénonçant une absence d'anticipation aggravée par la fragilisation des services publics par "des politiques d'austérité depuis des années".

La numéro un de la CGT fait état de trois morts au travail depuis mercredi. Selon la fédération CGT verre et céramique, l'un d'eux est celui d'un sous-traitant, un travailleur tchèque de 60 ans qui "intervenait en toiture pour une entreprise allemande" à Mers-les-Bains (Somme).

La CGT demande "l'arrêt de tous les travaux en extérieur l'après-midi dès lors qu'il y a une alerte rouge", a insisté Sophie BINET, ce que seuls certains préfets ont mis en œuvre lors de cette canicule.

Sophie BNET demande également que des "températures maximum" figurent dans le code du travail.

La secrétaire générale de la CGT souhaite en outre que la France aille à la COP31 qui doit se tenir l'automne prochain "avec un mandat de combat contre les multinationales et contre tous les lobbies des industries fossiles pour limiter drastiquement les émissions de gaz à effet de serre".

Et ce n’est pas fini...

 

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Qu’est-ce que l’horloge de l’apocalypse ?

29 Juin 2026, 17:32pm

Publié par Bernardoc

Souvent évoquée lors des crises internationales, l'horloge de l'apocalypse inquiète plus que jamais. Ce compte à rebours symbolique avertit les humains sur les conséquences dramatiques de ses actions. Voici ce qu'il faut savoir sur l'horloge de l'apocalypse.

L'horloge de l'apocalypse, ou Doomsday Clock en anglais, est une horloge métaphorique. Elle a été inventée en 1947 par le Bulletin of the Atomic Scientists, un groupe de scientifiques ayant participé au projet Manhattan. Illustrée par l'artiste Martyl LANGSDORF, l'horloge de l'apocalypse estime le temps qu'il reste à l'humanité avant une catastrophe mondiale. Chaque année, les aiguilles avancent ou reculent en fonction de la situation mondiale. Plus elles se rapprochent de minuit, plus l'humanité se rapproche de la fin du monde. L'heure indiquée à la création de l'horloge de l'apocalypse était 23h53, soit 7 minutes avant la catastrophe.

En 1947, l'horloge de l'apocalypse évaluait la possibilité d'une guerre nucléaire mondiale. Depuis, de nouvelles menaces ont été prises en considération : les changements climatiques (comme le réchauffement climatique), les tensions géopolitiques (comme la guerre en Ukraine), les risques biologiques (comme la pandémie de COVID-19), les nouvelles technologies (comme les biotechnologies et l'intelligence artificielle), les actes de terrorisme, les attaques informatiques, la désinformation, etc. L'objectif de l'horloge de l'apocalypse n'est pas de prédire précisément la fin du monde, mais de pousser l'humanité à agir avant qu'il ne soit trop tard.

Après les tests des engins thermonucléaires par les États-Unis et l'URSS, l'horloge de l'apocalypse indiquait 23h58 en 1953, un record à l'époque. Si la crise des missiles de Cuba en 1962 alertait à propos d'une guerre nucléaire, les aiguilles ont reculé l'année suivante jusqu'à 23h48 après le Traité d'interdiction partielle des essais nucléaires. Après le retour des tensions entre les États-Unis et l'URSS, elle a affiché 23h57 en 1984. Après la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide, l'horloge de l'apocalypse a atteint son point le plus bas en 1991, soit 23h43. Depuis les années 2000, les aiguilles ont souvent avancé à cause de crises majeures, comme les attentats du 11 septembre 2001, le réchauffement climatique et la crise du Covid-19.

En 2026, l'horloge de l'apocalypse ne s'est jamais autant rapprochée de minuit. Elle indique 23h58 min 35 s, soit 85 secondes avant la fin du monde. Cette statistique fait écho à plusieurs crises mondiales : la poursuite de la guerre menée par la Russie en Ukraine, la guerre en Iran, le conflit israélo-palestinien, les menaces de la Chine envers Taïwan, les affrontements frontaliers entre l'Inde et le Pakistan, les menaces de l'usage militaire de l'IA, les cyberattaques, la désinformation massive, la hausse des températures mondiales et la menace pandémique. D'après l'horloge de l'apocalypse, le monde pourrait s'autodétruire dans un futur proche.

Et ce n’est pas fini...

 

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Le premier jeu de l'été.

28 Juin 2026, 11:31am

Publié par Bernardoc

C'est la dernière page du "1".

Et ce n'est pas fini...

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Aujourd’hui, construire l’internationalisme scolaire

27 Juin 2026, 16:18pm

Publié par Bernardoc

In Questions de classe(s) du 6 juin 2026 (conclusion de l’article)

L’internationalisme de Célestin FREINET n’est ni un vœu pieux ni un simple supplément d’âme à sa pédagogie ; il constitue l’aboutissement logique de sa lutte contre l’aliénation scolaire. En déplaçant le centre de gravité de l’école de la « récitation » nationale vers l’« expérience » partagée, Freinet opère une véritable dénationalisation de l’esprit.

La création de la FIMEM en 1957 a concrétisé cette vision en instaurant une « diplomatie par le bas ». En parvenant à maintenir des échanges entre les blocs de l’Est et de l’Ouest au plus fort de la Guerre Froide, le mouvement a incarné une géopolitique du non-alignement, où la solidarité des travailleurs de l’éducation primait sur les injonctions idéologiques des États. La charte de l’École moderne adoptée en 1968 abonde également dans ce sens : « C’est sur le principe d’équipes coopératives de travail que nous tâchons de développer notre effort à l’échelle internationale. Notre internationalisme est, pour nous, plus qu’une profession de foi, il est une nécessité de travail. Nous constituons sans autre propagande que celle de nos efforts enthousiastes, une Fédération Internationale des Mouvements d’École Moderne (FIMEM) qui ne remplace pas les autres mouvements internationaux, mais qui agit sur le plan international comme l’ICEM en France, pour que se développent les fraternités de travail et de destin qui sauront aider profondément et efficacement toutes les œuvres de paix. »

En dernière instance, l’internationalisme scolaire chez Freinet cherche à rendre aux peuples, dès l’enfance, la maîtrise de leur communication, de leur culture et de leur travail. Dans cette perspective, la coopération internationale n’est plus un horizon lointain, mais une pratique quotidienne visant à rendre, à terme, les frontières étatiques obsolètes au profit d’une humanité fédérée par le partage des savoirs et des expériences vécues.

Et ce n’est pas fini...

 

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Canicule : « La rénovation thermique de l’ensemble du bâti scolaire est une urgence absolue »

26 Juin 2026, 16:37pm

Publié par Bernardoc

In Le Monde du 25 juin 2026

Le 7 février 1973, la France se réveille en état de choc. La veille dans la soirée, le collège Edouard-Pailleron, situé dans le 19e arrondissement de Paris, a brûlé et s’est effondré en moins de trente minutes comme un château de cartes. Il y a 20 morts, dont 16 enfants, tous là parce que le conservatoire y avait délocalisé ses cours de solfège. Cet établissement incarne une technique de construction modulaire reproduite à l’identique sur l’ensemble du territoire. On parlera des « collèges Pailleron ». Un enfant de 14 ans avoue rapidement avoir mis le feu à une poubelle sans savoir que le collège était encore occupé.

Mais les parents de victimes, constitués en association, réclament que les vrais responsables et coupables soient condamnés : l’administration de l’éducation nationale restée sourde à toutes les alertes depuis plusieurs années : cloisons trop fines, fils électriques apparents, sol qui s’effondre, fuites de gaz, chauffage défaillant et, surtout, risque d’incendie.

L’affaire déchaîne les médias jusqu’au procès, qui n’a lieu qu’en 1977. Huit personnes sont inculpées, et quatre condamnées à de la prison avec sursis, une chaîne de responsabilités allant de l’architecte à différents responsables administratifs. Une chaîne difficile et longue à identifier dans le contexte de millefeuille administratif et de déconcentration balbutiante où tout le monde se renvoie la balle. Mais le procès est implacable : pour des raisons d’économies budgétaires, et parce qu’il fallait construire « un CES par jour », selon les mots du ministre de l’éducation Christian FOUCHET (1962-1967), la sécurité des enfants a été négligée.

Un demi-siècle plus tard, les contingences budgétaires sont encore à l’origine des images devenues banales de plafonds qui s’effondrent, de cours dispensés dans des préfabriqués, de souris qui s’invitent dans les classes et, surtout, des cas recensés chaque année de grand froid dans les classes en plein hiver et de chaleur insupportable en situation de canicule.

En temps normal, les écoles des quartiers populaires sont les plus touchées, double peine pour les enfants qui vivent déjà souvent dans des conditions compliquées. Mais en situation d’extrême chaleur, toutes les écoles, tous les collèges et les lycées suffoquent alors que s’y déroulent les examens. On retiendra comme image de l’année 2026 celle des couvertures de survie, en rupture de stock dans les magasins, accrochées par les parents eux-mêmes aux vitres des écoles de leurs enfants dans des salles où la température dépasse, dès le matin, 30 °C.

Mais on retiendra aussi que, dans la foulée de la première semaine de canicule, en mai, le gouvernement a choisi de geler une part du fonds vert destiné à accompagner la transition écologique, sacrifiant au passage la rénovation thermique des écoles. Il faut bien parler de choix politique qui est ici double : d’abord, la minoration consternante, confinant au climatoscepticisme, de l’enjeu climatique ; ensuite, le signe d’un désintérêt pour l’éducation et le bien-être des enfants mis en danger à et par l’école alors que cette institution devrait les protéger.

L’État central se défausse sur les collectivités territoriales et les agents auxquels il confie la responsabilité de la gestion de crise. Bien sûr on sort pour cela les grands principes de management : il s’agit d’être « au plus près des réalités locales », on « adaptera », on sera « flexible » comme un élastique qui fond au soleil. Ce faisant, la responsabilité n’est plus politique, elle est déplacée sur les individus chargés de faire fonctionner la machine : parents, enseignants, directions d’établissement.

En rejetant toute forme de gestion nationale, le ministère de l’éducation place les membres du personnel dans le même piège qu’au moment du Covid-19 : sommés de se dévouer pour le bien-être des élèves, ils sont culpabilisés dès qu’ils réclament de travailler dans des conditions matérielles décentes.

Il a fallu attendre plus de cinquante ans avant que ne soit prévue la fermeture des derniers « collèges Pailleron ». Combien de temps allons-nous devoir patienter pour que soit prise en considération l’urgence absolue d’une rénovation thermique de l’ensemble du bâti scolaire ? Et comment avancer politiquement sur une politique écologique digne de ce nom, qui témoignerait d’une considération réelle pour les enfants dans les écoles, mais aussi, plus largement, dans l’espace public ?

Cette dépolitisation renforce le sentiment que la réponse à la crise est affaire de bricolage technique : on débat alors médiatiquement de climatisation, de ventilateurs, de blanc de Meudon, de brumisateurs et de bouteilles d’eau. Des rustines sur des jambes de bois aussi pertinentes que lorsque le ministère de l’éducation avait fini par envoyer des masques en tissu aux membres du personnel pour se protéger du virus responsable du Covid-19.

Laurence De Cock ( historienne et enseignante en lycée).

Et ce n’est pas fini...

 

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Camping.

25 Juin 2026, 10:41am

Publié par Bernardoc

Joli documentaire hier soir sur la 3 ; je l’ai pris en route mais je me suis vu revivre nos vingt années de camping plus ou moins itinérant.

Lorsque nous étions jeunes mariés, nous campions sauvagement en Bretagne grâce à la tente canadienne que nous avait offert ma sœur pour notre mariage.

Ensuite, c’était plutôt du camping collectif avec les colos que je dirigeais.

Pendant notre séjour polynésien, nous avons testé le camping car en Nouvelle Zélande : une très chouette expérience accompagnée par Air New Zealand.

En rentrant de BoraBora nous investissons dans un ClipCar avec lequel nous avons dépassé le cercle polaire, suscitant à chaque fois surprise et interrogations quand on nous voyait débarquer avec cet étrange caravane. Cela a duré dix ans, jusqu’à ce que nous changions de voiture, le ClipCar n’étant pas compatible avec notre Espace.

Nous achetons alors une remorque plus légère de chez Trigano, avec trois chambres et cuisine intégrée. La dernière fois que nous l’avons utilisée c’était lors d’un stage chorale, au camp GCU du Bois Plage en Ré.

Entre-temps nous sommes devenus propriétaires d’un mobile home, qui est devenu notre véritable résidence secondaire, où nous allons dès que possible, puisqu’il n’est qu’à 80 kilomètres. Et notre remorque, dont la toile avait été mangée par les rats fut échangée contre une bouteille de Médoc par quelqu’un qui m’avait entendu en parler lorsque je voulais l’amener à la casse.

Et ce n’est pas fini...

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Alerte !

24 Juin 2026, 12:02pm

Publié par Bernardoc

Alors que l’année 2026 marque les dix ans de la loi Sapin II et les quatre ans de la loi Waserman, les deux textes majeurs qui ont inscrit la protection des lanceur·ses d’alerte dans le droit français, la Maison des Lanceurs d’Alerte s’alarme du faible niveau d’effectivité de ces dispositifs et déplore l’insuffisance des moyens permettant d’assurer une réelle protection des personnes qui signalent des atteintes à l’intérêt général.

Certaines avancées sont indéniables : la loi est aujourd’hui mieux connue. De plus en plus de personnes susceptibles de lancer l’alerte identifient les mécanismes prévus comme un recours possible et sollicitent un accompagnement. Concrètement, cela se traduit par une augmentation continue des demandes adressées à la Maison des Lanceurs d’Alerte : 546 signalements ont ainsi été enregistrés par notre permanence juridique en 2025, soit presque le double qu’en 2024. Des tendances similaires sont observées par le Défenseur des droits ainsi que par plusieurs autorités compétentes chargées de recueillir et traiter les signalements. Ainsi, le nombre global de signalements recueillis par ces structures est passé de 2 000 en 2023 à plus de 10 000 en 2025. Ces signalements concernent des secteurs d’activités très variés, ce qui témoigne de l’émergence progressive d’une culture de l’alerte au sein de la société.

Pourtant, le constat est sans appel : les personnes ayant lancé l’alerte continuent encore trop souvent à subir des représailles du fait de leur signalement : procédures disciplinaires abusives, licenciements, harcèlement au travail, campagnes de dénigrement, difficultés à retrouver du travail, procédures-bâillons…Tout est mis en œuvre pour les faire taire et les sanctionner. Or, les auteurs de ces représailles ne font, eux, qu’encore trop rarement l’objet de sanctions effectives.

Plusieurs facteurs permettent d’expliquer cette situation. Tout d’abord, si la loi prévoit plusieurs canaux de signalement, leur articulation demeure souvent difficile à comprendre pour les personnes concernées, qui peinent à identifier les démarches à suivre, le canal le plus approprié à leur situation et les autorités compétentes à saisir. À cela s’ajoute un manque de moyens alloués aux interlocuteurs chargés de recevoir et de traiter les signalements externes. Ainsi, le soutien financier et psychologique prévu par la loi Waserman de 2022, pourtant présenté comme une avancée majeure, n’a jamais été mis en place. Cette situation se traduit aussi par des délais de traitement incompatibles avec l’urgence des situations dénoncées et par des capacités d’enquête insuffisantes au regard de la complexité et des enjeux soulevés par certaines alertes.

La Maison des Lanceurs d’Alerte et les organisations engagées dans la défense des lanceurs d’alerte s’inquiètent également d’un contexte politique marqué par une multiplication des attaques contre l’État de droit et plus globalement contre celles et ceux qui signalent des défaillances.

L’audience qui s’est tenue ce 23 juin devant le tribunal administratif de Paris revêt une importance particulière. Pour la première fois, une collectivité territoriale, à savoir la Communauté urbaine du Havre, conteste un avis du Défenseur des droits reconnaissant la qualité de lanceur d’alerte de la personne ayant signalé les potentiels faits de détournements de fonds publics visant Édouard PHILIPPE. Cette décision sera suivie avec attention tant elle pourrait avoir des conséquences sur la reconnaissance et la protection de l’ensemble des lanceur·ses d’alerte en France.

Enfin, dans les prochaine semaines, la nomination du prochain Défenseur des droits par le Président de la République pour un mandat de six ans, constituera également un enjeu majeur pour l’avenir de la protection des lanceur·ses d’alerte.

Aujourd’hui, la question n’est plus celle de l’existence d’un cadre juridique protecteur, mais de son application effective. La Maison des Lanceurs d’Alerte appelle les pouvoirs publics à :

  • Renforcer les moyens des autorités de recueil et de traitement des signalements pour garantir une protection effective des lanceurs d’alerte ;

  • Mettre en place sans attendre un fonds de soutien financier et des mesures de soutien psychologique pour les lanceurs d’alerte ;

  • Mettre fin à l’impunité en sanctionnant effectivement les auteurs de représailles ;

  • Renforcer la transparence sur le traitement des signalements afin de restaurer la confiance des lanceurs d’alerte dans le dispositif.

  • Mettre en place un système de protection effectif contre les représailles

Parce qu’aucune démocratie ne peut fonctionner durablement sans contre-pouvoirs, protéger les lanceurs d’alerte doit devenir une priorité politique.

Et ce n’est pas fini...A

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Vacances : tribune

23 Juin 2026, 10:20am

Publié par Bernardoc

In Le Monde du 20 juin 2026

En 2026, nous fêtons les 90 ans des congés payés et les 80 ans des comités d’entreprise. C’est une occasion majeure de rappeler que le tourisme, les vacances, le temps libre sont d’abord un progrès social. Avant d’être un objet de commerce, les vacances sont le résultat d’une conquête du temps libre qui ne se réduit pas à la reconstitution de la force de travail.

Libérer le temps, quelle belle ambition ! Nourri des dynamiques et des utopies des mouvements d’éducation populaire, le temps libéré a été l’objet d’investissements symboliques et pratiques forts. Ils lui ont donné une portée d’émancipation, de transformation sociale, d’accès à la citoyenneté, terreau du tourisme social.

L’utopie, dans sa concrétisation, s’est souvent heurtée à des réalités sociales, politiques ou encore économiques qui ne lui ont pas permis de tenir toutes ses promesses : seuls 60 % des Français parviennent à partir en vacances au moins une fois par an, un chiffre que l’on peine à dépasser. Force est de constater toutefois qu’elle a permis au temps libre d’être celui du brassage social, de l’expérience du commun comme de l’altérité : un temps de cohésion.

C’est un rappel nécessaire lorsqu’on comprend que la parole de l’État se réduit aujourd’hui à l’invitation à la montée en gamme, pour une clientèle à fort pouvoir d’achat et internationale. Les vacances ne sont plus saisies politiquement, mais sont réduites à un enjeu de balance des paiements, à un produit qu’il faut « prémiumiser » : il s’agit de passer de « la quantité à la valeur », nous dit-on. La polysémie du terme valeur prend alors une tournure cynique : le tourisme pour tous n’en aurait plus ! La première destination touristique mondiale ne peut se satisfaire d’un tourisme prospère si une partie de ses habitants demeure privée de l’accès au départ.

Certes, la philanthropie mobilise ces derniers temps, et des plateformes de réservation financent des dispositifs d’aide à travers des fonds de dotation. Cela peut être une bonne chose, et les associations qui utilisent le départ en vacances comme point d’appui pour leur action sociale voient là un soutien bienvenu. Mais les sommes en jeu n’ont rien à voir avec l’évitement de l’impôt par ailleurs développé par des entreprises dont les bénéfices sont déclarés dans des paradis fiscaux.

Les effets sur le nombre de départs resteront marginaux. D’autant que certains de ces fonds de dotation, sous le couvert d’études pour agir sur les freins aux départs, proposent une levée des contraintes qui s’imposent aux plateformes d’intermédiation. L’action sociale devient support de lobbying en faveur de la dérégulation. Des dispositifs comme ceux portés par l’Agence nationale des Chèques-Vacances sont au contraire des outils précieux, mais l’agence ne peut compenser à elle seule tous les autres renoncements.

Les colonies de vacances sont un indicateur éclairant des dynamiques en cours. Alors que près de 5 millions d’enfants ne partent pas en vacances, nos jeunes citoyennes et citoyens ne sont-ils pas les victimes d’une politique sans vision d’avenir ? La mainmise du ministère des finances sur les politiques éducatives et sociales accentue les difficultés des acteurs des séjours éducatifs et rend de plus en plus complexe leur engagement pour notre jeunesse.

Nous avons besoin d’une politique équilibrée qui permette le départ du plus grand nombre et qui garantisse la mixité sociale, la découverte d’environnements sociaux, culturels mais aussi naturels sur l’ensemble du territoire. Le loisir, notamment des plus jeunes, doit sortir des seules logiques de marché et bénéficier d’un projet social et solidaire, condition de notre cohésion sociale.

Pourquoi la question du tourisme et des vacances, même envisagée du seul point de vue de la balance des paiements, doit-elle se penser comme un secteur sans soutien public, contrairement à l’automobile ou l’industrie pharmaceutique, par exemple ? Pourquoi le tourisme social n’est-il plus perçu comme un enjeu d’action publique ? Il est pourtant porté par des opérateurs à la gestion désintéressée, qui contribuent à faire société par l’accueil en mixité de tous les publics, à développer les territoires par la diversité de leurs implantations en zones littorale, de montagne mais aussi rurale et de moyenne montagne. Pourquoi alors que l’accès aux vacances est, année après année, un révélateur des polarisations grandissantes de notre société, source d’un ressentiment dangereux pour notre démocratie, celui-ci voit-il ses moyens sans cesse diminuer ?

Nous, signataires de cette tribune, demandons à l’État et à l’ensemble des opérateurs publics de considérer les acteurs des vacances, des loisirs, de la culture, de l’action sociale, du tourisme – et ceux du tourisme social en premier lieu : les comités sociaux et économiques, les organisations syndicales – comme des partenaires essentiels avec lesquels se mobiliser pour faire voler en éclats le plafond de verre du taux de départ en vacances. En 1936, la France a reconnu que le temps libéré était une conquête sociale majeure. En 2026, le défi n’est plus seulement de garantir le droit aux congés, mais de rendre effectif le droit aux vacances.

Nous refusons qu’elles deviennent un privilège. Donnons-nous une ambition collective à la hauteur de cet héritage : faire en sorte que chaque enfant, chaque famille, chaque citoyen puisse accéder à ce temps essentiel de découverte, de repos, de culture et de rencontre. Parce qu’une société qui permet à toutes et tous de partir est une société qui investit dans sa cohésion, sa démocratie et son avenir.

Sophie BINET, secrétaire générale de la CGT ; Colombe BROSSEL, sénatrice de Paris (groupe Socialiste, écologiste et républicain, SER), présidente de Vacances ouvertes ; Gilles CAIRE, maître de conférences en sciences économiques à l’université de Poitiers ; Cécile CUKIERMAN, sénatrice de la Loire, présidente du groupe Communiste républicain citoyen et écologiste-Kanaky au Sénat ; Michelle DEMESSINE, présidente de l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air, ancienne secrétaire d’Etat au tourisme ; Benoît HAMON, président d’ESS France, ancien ministre délégué chargé de l’économie sociale et solidaire ; Florence HEROUIN-LEAUTEY, députée de la Seine-Maritime (groupe Socialistes et apparentés), membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale ; Patrick KANNER, sénateur du Nord, président du groupe Socialiste, écologiste et républicain au Sénat ; Rémy KNAFOU, géographe, professeur émérite à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne ; Martine PINVILLE, présidente de VVF, présidente de l’UCPA, ancienne ministre du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Économie sociale et solidaire.

Et ce n’est pas fini...

 

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Face à la course aux armements : paix, justice, solidarités !

22 Juin 2026, 18:40pm

Publié par Bernardoc

 Attac, le 21 juin 2026

À eux seuls, les 7 pays du G7 concentrent plus de 50% des dépenses militaires mondiales. Ce n’est pas une fatalité, c’est un choix politique. D’autres choix sont possibles : redistribution des richesses, solidarité, autodétermination des peuples, justice sociale et climatique, droits fondamentaux, démocratie réelle.

C’est le message que nous avons porté le 14 juin aux côtés de dizaines de milliers de personnes venues de toute l’Europe et du monde, à Genève face au G7 mais également à Bruxelles lors de la manifestation « Stop ReArm Europe ». Revivez en images ici ces deux manifestations internationales.

Avec plusieurs associations, nous avons également écrit une lettre ouverte au président de la République pour demander l’interdiction de la présence des entreprises israéliennes d’armement au salon Eurosatory qui avait lieu cette même semaine, et pour interdire immédiatement tout nouveau transfert d’armes et de biens à double usage à destination d’Israël.

La concurrence entre les impérialismes aiguise les conflits mondiaux, provoquant morts et déplacements de populations. Les appels au réarmement se multiplient et les pays les plus riches tournent leurs économies vers la guerre. Les dépenses militaires atteignent des records. Ces financements vont de pair avec des coupes drastiques dans les budgets sociaux et écologiques. La militarisation de la société favorise également l’autoritarisme et les valeurs d’extrême-droite.

Dans cette note nous rendons compte de l’augmentation des dépenses militaires dans le monde, en Europe et en France :

  • > en 2025 les dépenses militaires mondiales ont atteint le niveau record de 2 887 milliards de dollars (2460 milliards d’euros), marquant ainsi la onzième année consécutive de croissance ;

  • > les investissements militaires des 27 États membres de l’UE ont augmenté de 14 % en 2025, pour atteindre 739 milliards d’euros ;

  • > en France, le budget de la défense est le deuxième poste de dépenses de l’État. La Loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 prévoit de consacrer 413,3 milliards d’euros aux armées sur sept ans, soit une hausse de 40% par rapport à la LPM précédente ;

  • > le gouvernement a soumis en avril 2026 au Parlement une actualisation de la LPM proposant d’allouer 36 milliards d’euros supplémentaires à la défense.

L’industrie de l’armement joue un rôle central dans cette surenchère guerrière : non seulement elle en bénéficie directement, mais elle contribue à l’impulser, et ses carnets de commande battent des records. Elle dépense des millions en lobbying pour avoir un accès privilégié aux décideur·es et capter les milliards des programmes de défense européens. Les grands groupes influencent aussi la dérégulation en cours au niveau de l’Union européenne, affaiblissant des protections (environnement, droits humains) au nom de la compétitivité et des intérêts stratégiques.

Nous avons besoin aujourd’hui d’un mouvement fort, solidaire, féministe et internationaliste qui place la justice sociale, la politique de paix et la responsabilité écologique au centre de ses préoccupations et s’oppose à la politique de militarisation. Notre message : les armes engendrent des crises, pas la paix – la course aux armements doit cesser !

Et ce n’est pas fini...

 

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Le malaise vire au drame à Radio France

21 Juin 2026, 18:33pm

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 19 juin 2026

Technicien chevronné, Hervé D., 62 ans, s’est suicidé à son domicile en décembre dernier. Sa mort éclaire d’un jour cru la profonde souffrance des « petites mains » de la Maison ronde.

Il a sonné l’alerte lors d’une assemblée générale, le 22 septembre 2025, au 22e étage de la Maison de la radio et de la musique. Sa santé s’est dégradée, lance Hervé D. devant les collègues, les cadres, la direction. Ses conditions de travail aussi. Depuis leur déménagement, en 2023, les techniciens comme lui sont relégués dans les sous-sols. Leur service voisine « avec les poubelles et les rats ». Manque de place. Manque de considération. Au micro, Hervé évoque l’envie de se « mettre une balle dans la tête », la tentation de redescendre« par les voies aériennes. J’espère que vous avez fermé les portes ».

Trois mois plus tard, le 24 décembre 2025, alors qu’il est en arrêt maladie depuis quelques semaines, son corps sans vie est retrouvé au bout d’une corde, à son domicile. Hervé, dit « le Düb », 62 ans, dont trente de Maison ronde, a choisi la veille de Noël pour tirer sa révérence. Ce soir-là, France Culture célèbre le succès de la cheffe Hélène DARROZE dans l’émission À voix nue. Hervé en avait assuré la prise de son. « Ceux qui ont eu la chance de le côtoyer saluent à la fois son professionnalisme exigeant et son grand engagement », écrira, le 9 janvier, la patronne de Radio France, Sibyle VEIL, à l’ensemble de ses salariés. Dans le petit monde des techniciens, l’abattement est total. Le suicide de leur collègue est, pour beaucoup, le point d’orgue d’un profond malaise.

À Radio France, la direction de la production et des antennes (DPAV) compte environ 200 techniciens. Des hommes, pour la plupart. Diplômés d’un BTS ou de l’école Louis-Lumière. Propulsés dans des zones de guerre, chargés d’assurer des directs dans des conditions acrobatiques lors de festivals, concerts ou autres émissions spéciales. Ou postés derrière des consoles, dans l’ombre des studios où les « grandes voix » de la radio enchaînent les directs. Un rôle clé, dans les coulisses d’une maison tentaculaire (environ 5 000 salariés, dont 4 000 permanents), dont les résultats cartonnent : 7 millions d’auditeurs quotidiens rien que pour France Inter, loin devant RTL, RMC ou Europe 1. Une maison au budget important (4,1 millions d’euros pour 2026), où la notion de « service public » tient encore lieu de boussole, insistent ses dirigeants, mais dont beaucoup de techniciens, en silence, souffrent.

Une maison secouée, depuis 2015, par une réorganisation aux forceps. Cette année-là, à la suite de la nomination de Mathieu GALLET, notoirement proche d’Emmanuel MACRON, un plan de 50 millions d’euros d’économies est annoncé, avec près de 300 suppressions de postes à la clé. À l’appel de la CGT, les antennes se mettent en berne, la grève durera vingt-huit jours – la plus longue de l’histoire de Radio France. Muriel SANGOUARD, diplômée de l’École nationale supérieure des télécommunications et cadre chez TDF, vient alors d’être nommée à la tête de la DPAV. Décidée à « casser les silos », elle promeut un nouveau métier, le TCR, pour« technicien chargé de la réalisation ». « Là où on était quatre, on n’est plus que deux », résume un technicien. Sibyle VEIL et Marie MESSAGE, propulsées à la tête de Radio France trois ans plus tard, poursuivent dans cette voie. Tandis que le volume des activités de la DPAV baisse, de nouvelles méthodes de management voient le jour. On parle rentabilité, flexibilité, objectifs. On crée de nouveaux échelons, on multiplie les entretiens. « En réalité, plus personne n’écoute personne », constate un cadre du service, aujourd’hui en burn-out, que la« brutalité » et les « brimades quotidiennes » ont poussé à bout. Cerise sur le gâteau : pour cause de réaménagement, le service des techniciens est parqué au sous-sol, dans des pièces mal ventilées, mal éclairées, séparées par des volées d’escaliers infranchissables et desservies par des ascenseurs inadaptés.

Dans le contexte de l’après-Covid, les alarmes se multiplient. En octobre 2023, une motion signée par « 100 % des techniciens de production et reportage extérieur » – parmi lesquels Hervé D. – parle de « défiance généralisée vis-à-vis de l’encadrement, perte de confiance, mise en échec et profonde démotivation ». Une alerte « Danger grave et imminent » (DGI), déclenchée en avril 2024, dénonce« les risques psychosociaux » et « l’état de souffrance »d’une partie des équipes. Elle conduit à l’ouverture d’une enquête paritaire dont les conclusions, estiment les techniciens, ne tiennent pas compte de leur point de vue. Les arrêts maladie sont en forte augmentation. Sur les boucles WhatsApp, le ton des échanges devient amer. « Je suis dégoûté et désespéré », écrit en septembre Hervé D. à ses collègues, après une énième proposition de candidature restée vaine.

Saisie par Radio France, la caisse primaire­ d’assurance-­maladie choisit, après enquête, de ne pas qualifier sa mort en « accident du travail ». La direction mandate un cabinet privé, Social Conseil, pour auditer le service et « identifier les points métiers susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental et d’être des facteurs de risque pouvant conduire à une fragilisation de la santé ». L’inspection du travail, qui s’est auto­saisie du dossier, remet fin mars un premier rapport. « Tous les salariés avec qui nous avons échangé ont fait part de leur souffrance au travail. Ils ont notamment fait état d’un manque de reconnaissance (…) de la part de leur direction », dit le document. Des proches d’Hervé D. doivent être entendus durant l’été.

Dans les couloirs de la Maison ronde, sous couvert d’anonymat, les langues se délient. Unetelle ne peut plus travailler sans recourir aux anxiolytiques. Untel est sous antidépresseurs. Un autre ne veut plus prendre sa voiture « de peur de se foutre en l’air ». On parle de« management toxique ». « Ici, c’est comme à France Télécom », va jusqu’à dire un technicien, en référence aux méthodes funestes qui ont valu à ses ex-dirigeants une condamnation pour « harcèlement moral institutionnel ».

« Le départ d’Hervé laisse un grand vide au sein de nos équipes », répond, au nom de Muriel SANGOUARD, le service communication de Radio France. « La DPAV connaît depuis plusieurs années une transition liée aux évolutions profondes du secteur musical, poursuit-il. Ces transformations (…) ont entraîné une baisse de certaines activités (…) et nécessitent une adaptation progressive. » « Les difficultés exprimées par les équipes sont prises en compte avec sérieux », assure-t-il, évoquant des « solutions concrètes et pérennes pour améliorer le quotidien ». 

Et ce n’est pas fini...

 

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