La Scandinavie
Comme nous étions riches en rentrant de Polynésie, nous avions acheté un ClipCar et un break Volvo, et nous avions décidé de, peut-être, voir le soleil de minuit.
Nous étions allés tester le ClipCar au camp GCU de Lacanau, et nous avions sollicité les camarades du GCU correspondants pour l’Allemagne, le Danemark, la Norvège, la Finlande et la Suède afin de recevoir des tuyaux pour préparer notre voyage. Le Guide du Routard devait compléter nos informations.
Partis de Lormont, en passant par Las Brunhas, nous fîmes escale à Châtelguyon en Auvergne pour voir des copains, puis Vittel pour voir des cousins. Le ClipCar tenait la route !
Puis, nous traversâmes l’Allemagne, en nous arrêtant une nuit le long d’un canal où la navigation ne cessait pas. Nous eûmes la joie ( ?) de découvrir les prises européennes pour se brancher sur l’électricité, prises qui n’avaient pas encore atteint la France. Nous fûmes donc délestés de quelques marks (c’était avant l’euro !) car on nous vendit un câble adaptateur au prix fort. Mais c’était un investissement utile et nécessaire.
En traversant la frontière avec le Danemark, la police des frontières allemande arrêta une seule voiture : la nôtre (cf. plus haut mon arrivée en Irlande !). C’est vrai qu’un couple en camping, pas encore trop décati, avec trois enfants sur le siège arrière dont le plus petit tétait son biberon, avait tout l’aspect de dangereux terroristes dignes de suppôts de la bande à Baader !
Nous ne nous attardâmes pas au Danemark, nous devions être à l’heure pour prendre le ferry qui assurait la traversée jusqu’en Norvège, après avoir récupéré nos billets qui étaient censés nous attendre au bureau de la compagnie. Et là, big surprise : ils n’y étaient pas. Je n’avais pas l’intention de les payer une seconde fois. En insistant auprès de l’employée, elle consentit à se renseigner pour finalement les retrouver. Ils étaient arrivés, et en sécurité depuis plusieurs jours. Ouf !
Et ce n’est pas fini…
Nous étions à Rotorua, centre maori de l’île nord.
Quand on arrive dans cette région, ce qui frappe d’abord c’est l’odeur de soufre qui envahit l’atmosphère : nous sommes à un endroit où les entrailles de la terre
viennent à la rencontre du sol. Cela se manifeste par des fumerolles que l’on voit s’élever dans le paysage, des lacs de boue bouillonnante dont les bulles viennent crever la surface, des geysers qui peuvent être très
impressionnants et des sources d’eau chaude parfois aménagées en une sorte de hammam. 
Lorsque nous arrivâmes à Auckland, nous prîmes
beaucoup de plaisir à visiter l’aquarium, qui avait ouvert peu de temps auparavant, juste avant le décès de son concepteur. C’était la première fois que nous avions la possibilité d’utiliser des tunnels de verre qui nous donnaient l’impression de nager au milieu de tous ces poissons exotiques. Depuis, le concept a été largement réutilisé par d’autres aquariums.
Zealand. Ce « guichet unique » nous a grandement facilité la préparation de notre voyage. C’est le seul moment où Guilhem, contrairement à ses sœurs a eu droit au Kangourou, quand il n’était pas dans son couffin.
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Après Noël, direction l’île nord. La traversée de Picton au sud jusqu’à Wellington au nord se déroula à bord d’un ferry fort confortable au milieu de collines qui évitaient la monotonie. Nous restâmes peu à Wellington, assez froide capitale administrative, pour prendre la direction d’Auckland à travers le cœur du pays maori et de la région volcanique.
Bien sûr, depuis que nous étions en Polynésie française, nous baignions dans une ambiance mao’hi, mais nous découvrîmes une autre facette que nous avions pu entrevoir, et faire entrevoir à mes parents et à ma sœur et sa famille, en 1985, à Tahiti, lors du festival des arts du Pacifique. Nos enfants furent choyés par les Maoris, et chacun d’entre nous a eu droit au baiser traditionnel nez
contre nez. Les spectacles auxquels nous avons assistéétaient sans doute faits pour les touristes, mais après tout, n’était-ce pas pour cela que nous avions entrepris ce voyage ?
La première question portait immanquablement sur le rugby : j’arrivais après une tournée du XV de France qui ne s’était pas soldée par un succès, mais on me complimentait toujours sur la qualité de jeu de notre équipe, qui aurait au moins mérité de gagner un test match.
Dans l’hémisphère austral, juillet et août sont les mois d’hiver, ce qui constituait un choc pour nos jeunes tahitiens habitués à des températures plus clémentes. Mais ils s’acclimataient bien et n’hésitaient pas à participer à des sorties au ski dans les Alpes néo-zélandaises avec leurs écoles au moment des vacances de mi-trimestre.
longtemps que j’étais allé au Québec, et parfois les vastes étendues où l’on roulait pendant des heures en ne voyant qu’un homme, un mouton, un mouton, un mouton, un mouton, un mouton, un mouton, un mouton, un homme, un mouton,…me rappelaient un peu le continent nord américain, avec cette différence essentielle que lorsque l’on arrivait enfin à une ville, elle avait un aspect européen, anglais pour la plupart, écossais pour Dunnedin, toujours dans l’île sud. Il existe même un village qui s’appelle « Erehwon » (Nowhere – nulle part – à l’envers), ce qui indique bien les déserts que l’on peut traverser.
Premier « été » à BoraBora : Rose faisait un remplacement à l’infirmerie de l’île, et je décidai donc de continuer ce que j’avais fait pendant deux ans avec le CLTC (de la Ligue de l’Enseignement) en direction de l’Angleterre, c'est-à-dire accompagner des jeunes à l’étranger. La Ligue polynésienne ne faisait pas partie du dispositif, mais elle me mit en relation avec une association de parents d’élèves (surtout du privé ! ) qui organisait des voyages vers la Nouvelle Zélande.



Les vacances de Pâques ayant déjà commencé en France, Rose et Estelle vinrent me chercher. Elles débarquèrent donc à l’aéroport de Shannon, et ce furent les dernières surprises irlandaises.
Avec Rose et Estelle, nous allâmes jusqu’à Galway,
aux portes du Connemara, après avoir traversé le Burren, un désert calcaire très accueillant pour…les lichens.

mes visites. La côte ouest de l’Irlande, face à l’Amérique, est très découpée. Dans le county Clare se dressent face à l’océan les fameuse falaises de Moher, peu éloignées des iles d’Aran (dont j’ignore si elles ont une relation avec l’opéra de Gilbert Bécaud).
battus, avec nos cartes anglaises, il n’est pas évident de se repérer au milieu de ces petits murets de pierres sèches, car lorsque l’on arrive à un croisement, lorsqu’il y a des panneaux indicateurs, ils sont rédigés en…gaëlique, et les noms locaux n’ont absolument rien à voir avec leur traduction anglaise.
Shannon, on arrive à Dingle, un doigt qui s’avance dans l’océan atlantique. Là encore des paysages superbes et un col qui s’appelle le ‘Khyber pass’ mais quand même beaucoup plus sûr que le col du même nom au Pakistan.
Oui, c’était vraiment un beau lancement de campagne et nous n’allons pas perdre de temps pour continuer à avancer nos propositions programmatiques sur les affiches ou dans les boîtes aux lettres.