Hommage à Georges CHARPAK
« La main à la pâte » : quel beau titre pour encourager les enfants à s’intéresser aux sciences, une activité aussi abordable que la cuisine.
En effet, la France manque de scientifiques, mais fait-on tout ce qui est nécessaire pour susciter des vocations ? Je suis sûr que vous avez tous en mémoire le souvenir de ces profs de maths plus prompts à sanctionner les erreurs que d’accompagner le tâtonnement expérimental donnant déjà aux élèves le goût de la recherche. Nous en avons tous eu, et même nos enfants ont eu à en pâtir. Comment peut-on espérer encourager les élèves à se diriger vers des carrières scientifiques quand dès le départ ils sont enfoncés par leurs profs de maths ?
Je me souviens, il y a quelques années, avoir feint de m’étonner lors d’un conseil de classe de 3ème : « Alors, on peut avoir la moyenne en maths en 3ème ? », ce qui venait d’arriver avec un changement d’enseignant. Et à partir du moment où on encourage les élèves, notamment en valorisant leurs résultats, les parents n’avaient plus l’occasion de débarquer dans mon bureau en me demandant ce que moi je pouvais faire pour éviter que leur enfant quitte le collège dégoûté à jamais des mathématiques et des disciplines scientifiques.
Je pense que les choses ont évolué quand même, et lors d’une inspection groupée de mathématiques l’inspecteur de la discipline, après avoir consulté les résultats globaux du collège au Diplôme National du Brevet, a fait remarquer aux professeurs qu’ils ne prenaient pas forcément le bon chemin. Et lui savait de quoi il parlait, pas comme moi qui essayait depuis plusieurs mois de faire passer le message alors que je n’étais qu’un modeste ancien professeur d’anglais !
Ah ! ce que j’ai pu apprécier de voir certains collégiens de ZEP, à l’initiative de leur professeur de sciences, se lancer dans des recherches et des démonstrations scientifiques, allant même jusqu’à gagner un prix qui leur a permis d’aller à Barcelone visiter le musée des sciences. J’avais eu la joie de les accompagner et ce fut un véritable moment de bonheur.
Ou dans un autre établissement, dans le cadre des Itinéraires De Découvertes, un groupe, dans un cadre multidisciplinaire porter un projet innovant et fort avancé dans le cadre du Développement Durable.
Merci Monsieur CHARPAK pour ce que vous avez semé !
Et ce n’est pas fini…










Il est remarquable que ces deux intervenants aient tous les deux cité la même phrase de Denis KESSLER, tirée d’une revue Challenges de 2007, où il parlait de la nécessité de détruire tout ce qui était issu du Conseil National de la Résistance et qui avait été mis en place entre 1946 et 1952. En fait, moi j’aurai tendance à citer une autre de ses idées, en substance : J’ai toujours cru à la lutte de classes, mais j’ai changé de camp. (N’oublions pas que ce monsieur avait été un des leaders de la Gauche Prolétarienne – comme Alain GEISMAR qui, lui, s’était arrêté en route au PS – au début des années 1970). En fait, il nous donne notre feuille de route à nous qui sommes restés du même côté : …Le monde va changer de base, nous ne sommes rien, soyons tout !...