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Le blog de Bernard SARLANDIE

education

Aujourd’hui, construire l’internationalisme scolaire

27 Juin 2026, 16:18pm

Publié par Bernardoc

In Questions de classe(s) du 6 juin 2026 (conclusion de l’article)

L’internationalisme de Célestin FREINET n’est ni un vœu pieux ni un simple supplément d’âme à sa pédagogie ; il constitue l’aboutissement logique de sa lutte contre l’aliénation scolaire. En déplaçant le centre de gravité de l’école de la « récitation » nationale vers l’« expérience » partagée, Freinet opère une véritable dénationalisation de l’esprit.

La création de la FIMEM en 1957 a concrétisé cette vision en instaurant une « diplomatie par le bas ». En parvenant à maintenir des échanges entre les blocs de l’Est et de l’Ouest au plus fort de la Guerre Froide, le mouvement a incarné une géopolitique du non-alignement, où la solidarité des travailleurs de l’éducation primait sur les injonctions idéologiques des États. La charte de l’École moderne adoptée en 1968 abonde également dans ce sens : « C’est sur le principe d’équipes coopératives de travail que nous tâchons de développer notre effort à l’échelle internationale. Notre internationalisme est, pour nous, plus qu’une profession de foi, il est une nécessité de travail. Nous constituons sans autre propagande que celle de nos efforts enthousiastes, une Fédération Internationale des Mouvements d’École Moderne (FIMEM) qui ne remplace pas les autres mouvements internationaux, mais qui agit sur le plan international comme l’ICEM en France, pour que se développent les fraternités de travail et de destin qui sauront aider profondément et efficacement toutes les œuvres de paix. »

En dernière instance, l’internationalisme scolaire chez Freinet cherche à rendre aux peuples, dès l’enfance, la maîtrise de leur communication, de leur culture et de leur travail. Dans cette perspective, la coopération internationale n’est plus un horizon lointain, mais une pratique quotidienne visant à rendre, à terme, les frontières étatiques obsolètes au profit d’une humanité fédérée par le partage des savoirs et des expériences vécues.

Et ce n’est pas fini...

 

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Canicule : « La rénovation thermique de l’ensemble du bâti scolaire est une urgence absolue »

26 Juin 2026, 16:37pm

Publié par Bernardoc

In Le Monde du 25 juin 2026

Le 7 février 1973, la France se réveille en état de choc. La veille dans la soirée, le collège Edouard-Pailleron, situé dans le 19e arrondissement de Paris, a brûlé et s’est effondré en moins de trente minutes comme un château de cartes. Il y a 20 morts, dont 16 enfants, tous là parce que le conservatoire y avait délocalisé ses cours de solfège. Cet établissement incarne une technique de construction modulaire reproduite à l’identique sur l’ensemble du territoire. On parlera des « collèges Pailleron ». Un enfant de 14 ans avoue rapidement avoir mis le feu à une poubelle sans savoir que le collège était encore occupé.

Mais les parents de victimes, constitués en association, réclament que les vrais responsables et coupables soient condamnés : l’administration de l’éducation nationale restée sourde à toutes les alertes depuis plusieurs années : cloisons trop fines, fils électriques apparents, sol qui s’effondre, fuites de gaz, chauffage défaillant et, surtout, risque d’incendie.

L’affaire déchaîne les médias jusqu’au procès, qui n’a lieu qu’en 1977. Huit personnes sont inculpées, et quatre condamnées à de la prison avec sursis, une chaîne de responsabilités allant de l’architecte à différents responsables administratifs. Une chaîne difficile et longue à identifier dans le contexte de millefeuille administratif et de déconcentration balbutiante où tout le monde se renvoie la balle. Mais le procès est implacable : pour des raisons d’économies budgétaires, et parce qu’il fallait construire « un CES par jour », selon les mots du ministre de l’éducation Christian FOUCHET (1962-1967), la sécurité des enfants a été négligée.

Un demi-siècle plus tard, les contingences budgétaires sont encore à l’origine des images devenues banales de plafonds qui s’effondrent, de cours dispensés dans des préfabriqués, de souris qui s’invitent dans les classes et, surtout, des cas recensés chaque année de grand froid dans les classes en plein hiver et de chaleur insupportable en situation de canicule.

En temps normal, les écoles des quartiers populaires sont les plus touchées, double peine pour les enfants qui vivent déjà souvent dans des conditions compliquées. Mais en situation d’extrême chaleur, toutes les écoles, tous les collèges et les lycées suffoquent alors que s’y déroulent les examens. On retiendra comme image de l’année 2026 celle des couvertures de survie, en rupture de stock dans les magasins, accrochées par les parents eux-mêmes aux vitres des écoles de leurs enfants dans des salles où la température dépasse, dès le matin, 30 °C.

Mais on retiendra aussi que, dans la foulée de la première semaine de canicule, en mai, le gouvernement a choisi de geler une part du fonds vert destiné à accompagner la transition écologique, sacrifiant au passage la rénovation thermique des écoles. Il faut bien parler de choix politique qui est ici double : d’abord, la minoration consternante, confinant au climatoscepticisme, de l’enjeu climatique ; ensuite, le signe d’un désintérêt pour l’éducation et le bien-être des enfants mis en danger à et par l’école alors que cette institution devrait les protéger.

L’État central se défausse sur les collectivités territoriales et les agents auxquels il confie la responsabilité de la gestion de crise. Bien sûr on sort pour cela les grands principes de management : il s’agit d’être « au plus près des réalités locales », on « adaptera », on sera « flexible » comme un élastique qui fond au soleil. Ce faisant, la responsabilité n’est plus politique, elle est déplacée sur les individus chargés de faire fonctionner la machine : parents, enseignants, directions d’établissement.

En rejetant toute forme de gestion nationale, le ministère de l’éducation place les membres du personnel dans le même piège qu’au moment du Covid-19 : sommés de se dévouer pour le bien-être des élèves, ils sont culpabilisés dès qu’ils réclament de travailler dans des conditions matérielles décentes.

Il a fallu attendre plus de cinquante ans avant que ne soit prévue la fermeture des derniers « collèges Pailleron ». Combien de temps allons-nous devoir patienter pour que soit prise en considération l’urgence absolue d’une rénovation thermique de l’ensemble du bâti scolaire ? Et comment avancer politiquement sur une politique écologique digne de ce nom, qui témoignerait d’une considération réelle pour les enfants dans les écoles, mais aussi, plus largement, dans l’espace public ?

Cette dépolitisation renforce le sentiment que la réponse à la crise est affaire de bricolage technique : on débat alors médiatiquement de climatisation, de ventilateurs, de blanc de Meudon, de brumisateurs et de bouteilles d’eau. Des rustines sur des jambes de bois aussi pertinentes que lorsque le ministère de l’éducation avait fini par envoyer des masques en tissu aux membres du personnel pour se protéger du virus responsable du Covid-19.

Laurence De Cock ( historienne et enseignante en lycée).

Et ce n’est pas fini...

 

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Sélection

2 Juin 2026, 16:47pm

Publié par Bernardoc

in L'Humatinale du 2 juin 2026

Plus d’un million de candidats et plus de 14 millions de vœux et sous-vœux. La machine Parcoursup est en marche et devrait livrer ses premiers résultats aujourd’hui à partir de 19 heures. Une loterie qui décidera de l’avenir de ces jeunes lycéens et étudiants fébriles et stressés en attendant un tirage qui ne doit rien au hasard. Car ici, faute de places en nombre suffisantes pour assumer une ambitieuse démocratisation de l’enseignement supérieur, la règle du jeu est celle de la sélection. Et de sa double perversion. Non seulement les inégalités sont reines, mais c’est aux élèves - soi-disant pas assez « méritants » - qu’est renvoyée la responsabilité de cette reproduction sociale instituée. Une machine à broyer qu’il est temps de stopper.

Et ce n’est pas fini...

 

 

 

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Mourir à l’usine...quand on est élève.

22 Avril 2026, 19:17pm

Publié par Bernardoc

L’hécatombe continue : 5 l’an dernier et déjà un cette année. Pourtant l’Éducation nationale s’obstine : il faut bien occuper les élèves quand les profs ne sont pas disponibles. Et on oblige les candidats à faire des « lettres de motivation » pour indiquer pourquoi ils aimeraient absolument passer quelques jours dans cette entreprise dont on leur a dit le plus grand bien et qu’ils rêvent d’intégrer par la suite. Lettre à envoyer à un maximum d’entreprises, bien entendu ! FOUTAISES que tout cela !

De mon temps de collégien ou lycéen, cela n’existait pas ; au début de ma carrière de prof, on initiait les « Séquences Éducatives en Entreprise ». Si ma mémoire est bonne, il s’agissait de deux semaines au cours de la dernière année. On en est bien loin maintenant : l’État se décharge un maximum de l’éducation, considérant que l’entreprise apporte autant de savoirs que ceux dispensés par les enseignants.

Mais il n’y a pas que les élèves qui sont concernés : au cours de l’évolution de ma carrière, j’ai dû effectuer deux semaines « en entreprise » lors de mon stage de CPE, et un mois lors de mon stage de personnel de direction.

Mon stage de CPE se déroulait en Lot-et-Garonne et j’avais envoyé une « lettre de motivation » et un projet au journal départemental Le petit Bleu. Le journal me répondit qu’il pouvait m’accueillir...deux ans et demi plus tard. Je me suis donc tourné, avec appui bien sûr, vers le comité départemental du tourisme ou j’ai bullé pendant quinze jours, mais en visitant le département.

Pour mon stage de « perdir » j’étais à Bordeaux et je fis des démarches auprès de la CGFTE à qui j’exposais mon projet. Ils me demandèrent photo, CV,...Deux semaines avant le début prévu, n’ayant rien reçu, je les recontacte pour m’entendre dire (par une certaine Nadia KHELIFA – 34 ans après je n’ai pas oublié le nom) qu’ils n’étaient pas intéressés et qu’ils espéraient que mes autres demandes auraient plus de succès. Naïvement je n’avais fait que cette demande. Fort heureusement j’avais une collègue dont le mari était numéro 2 à la SNCF Aquitaine, et il me concocta un stage en moins d’une semaine, me proposant de faire un bilan des relations entre l’E.N. et l’entreprise. Les cheminots que je rencontrais me demandaient s’ils pouvaient dire la vérité ou s’ils devaient l’édulcorer. Ma réponse fut que j’attendais la vérité. Eh bien la voici : un seul établissement (le plus près de la gare) assurait un suivi efficace et effectif de ses élèves ; 25 % les visitaient de temps en temps, 25 % effectuaient un suivi téléphonique et 50 % ne se manifestaient pas.

Alors, est-il judicieux de continuer dans cette voie avec tous les dangers qui se révèlent régulièrement ?

Et ce n’est pas fini...

 

 

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Come back ? Really ?

16 Avril 2026, 17:16pm

Publié par Bernardoc

In Libération du 16 avril 2026

Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont annoncé mercredi avoir signé le texte qui acte la réintégration en 2027 de Londres dans le programme européen d’échanges universitaires Erasmus, six ans après le Brexit. Les Britanniques avaient quitté ce programme en décembre 2020, au moment de la sortie de leur pays de l’Union européenne.

Le gouvernement britannique indique que «plus de 100 000 personnes» devraient bénéficier de ce programme phare de l’UE dès la première année. Parmi eux, des étudiants mais aussi «des apprentis effectuant des stages dans de grandes entreprises européennes, des groupes scolaires participant à des échanges culturels et des organisations collaborant à de nouvelles initiatives transfrontalières», précise-t-il dans un communiqué. Il souligne avoir obtenu une «réduction de 30 %» de la participation qu’il doit payer pour faire partie du projet en tant que pays non membre de l’UE.

Cet accord, qui avait été annoncé en décembre, s’inscrit dans le cadre de la relance des relations avec l’UE entreprise par le Premier ministre travailliste, Keir STARMER, depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2024. Ce réchauffement intervient après des années de tensions entre les Vingt-Sept et les précédents gouvernements conservateurs liées au Brexit.

Le Premier ministre a récemment souligné l’importance de resserrer les liens avec l’UE, sur fond de répercussions économiques négatives de la guerre au Moyen-Orient et de tensions avec Washington. «C’est à cela que ressemble concrètement une relation positive entre le Royaume-Uni et l’Union européenne», a loué Nick THOMAS-SYMONDS, le secrétaire d’État chargé des relations avec l’UE, qui voit dans ce projet une manière d’offrir «le meilleur» aux jeunes Britanniques.

Même tonalité pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a loué «le renforcement» des liens éducatifs entre l’Europe et Londres. «Je me réjouis de voir l’immense potentiel de cette évolution se concrétiser le plus rapidement possible», a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Erasmus permet aux étudiants d’étudier à l’étranger dans des universités et établissements d’enseignement supérieur partenaires, en offrant des bourses destinées à couvrir leurs frais. Les étudiants participants paient généralement leurs frais d’inscription à leur établissement d’origine, les coûts supplémentaires étant pris en charge par l’Union européenne, via des fonds publics.

Dans ma jeunesse, le Royaume-uni ne faisait pas partie de l’UE, ce qui ne m’avait pas empêché d’aller bosser deux fois un an dans des écoles différentes. Il n’y avait pas besoin de visa. Qu’en sera-t-il pour les candidats Erasmus ? N’oublions pas qu’Albion est perfide !

Et ce n’est pas fini...


 


 

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Le long chemin des profs qui souhaitent se reconvertir

13 Mars 2026, 18:59pm

Publié par Bernardoc

In La Croix du 11 mars 2026

C’est un phénomène circonscrit mais qui prend de l’ampleur : en cinq ans, les départs volontaires d’enseignants ont été multipliés par dix, avec 2 400 professeurs sur l’année scolaire 2023-2024, sur un total de 850 000 enseignants.

Partir, mais pour faire quoi ? Les professeurs qui veulent changer d’air peuvent d’abord envisager d’évoluer en interne : concours pour devenir chef d’établissement ou inspecteur, départ à l’étranger, postes en détachement… Mais certains choisissent de quitter pour de bon l’éducation nationale. Malgré les près de 400 responsables ressources humaines de proximité implantés depuis 2019 dans les académies, ils doivent souvent solliciter des tiers associatifs pour réussir à partir, faute d’informations claires et d’accompagnement.

La première motivation de ces professeurs semble de fuir leurs conditions de travail. « Surcharge d’effectifs, formations hors temps scolaires, injonctions de la hiérarchie, difficulté de mobilité, rémunération… », égrène Matthieu DROUHIN, secrétaire national du syndicat d’enseignants SE-Unsa qui propose régulièrement des stages dédiés à la mobilité des enseignants.

C’est en effet un « ras-le-bol » dû à la charge mentale et à l’épuisement liés à des classes surchargées et à un manque d’AESH qui a poussé Dominique, 58 ans, à démissionner il y a deux ans, après vingt ans d’enseignement en maternelle au nord de Grenoble. Ancienne ingénieure dans l’industrie déjà reconvertie par goût de transmettre aux élèves, elle ne voulait pas y finir sa carrière.

Mais le parcours n’a pas été simple. Ne sachant où s’orienter, elle commence par un bilan de compétences puis découvre la graphothérapie (la rééducation de l’écriture), à laquelle elle se forme pendant les vacances, avant de demander une rupture conventionnelle pour ouvrir son cabinet. Celle-ci lui est refusée pour « nécessité de service », c’est-à-dire pour assurer la continuité du service public. Décidée à partir, elle finit par démissionner trois jours avant la rentrée scolaire, soutenue par l’association Aide aux profs, qui accompagne les professeurs à se reconvertir, et lance son activité.

Coaching, artisanat, rachat de franchise, salariat, ouverture de commerce… Les reconversions constatées par Rémi BOYER, président et fondateur de l’association Aide aux profs, sont variées. Lui explique la hausse des départs par le recul de l’âge de la retraite et par le Covid, qui a agi comme un déclic, et relève la difficulté des enseignants à « cerner leurs compétences transférables » pour s’orienter.

Frédéric, 51 ans, a lui aussi bataillé pour quitter son métier d’enseignant en élémentaire dans les Yvelines, un territoire en tension. Sa demande de prolongation de sa mise en disponibilité – afin de créer son entreprise de maquettes en relief pour enfants – lui a également été refusée pour les mêmes motifs. Après un long chemin pour négocier son départ et pour faire reconnaître son diagnostic d’autisme, il a fini par démissionner. Un départ selon lui « impossible » sans le soutien d’Aide aux profs. « On ne quitte pas l’éducation nationale comme ça », insiste celui qui a lancé son entreprise.

Stéphanie, agrégée d’anglais de 42 ans, a réussi à jeter l’éponge avec l’aide de l’association, après des années où le plaisir d’enseigner « ne pesait plus assez lourd dans la balance ». Celle qui a quitté son poste en 2021 après onze ans dans un lycée de banlieue parisienne puis trois ans dans des classes Ulis évoque le poids de la charge mentale, l’impression « de ne servir à rien », et un manque de reconnaissance. Mais le coup de grâce a lieu en 2015, quand elle confie son souhait de partir à un inspecteur. « Vous n’allez quand même pas quitter la grande maison ! », lui répond-il. Une phrase symptomatique selon elle : « L’éducation nationale ne veut pas reconnaître qu’on a besoin de seconde carrière. Aujourd’hui, on ne veut plus faire ça toute sa vie », s’insurge celle qui, après un long cheminement, a fini par trouver un poste en détachement au sein de France Éducation International, un établissement public administratif (EPA) rattaché au ministère, où elle s’épanouit.

L’éducation nationale tente en effet de juguler le phénomène des départs pour réguler les effectifs, alors que 2 500 professeurs manquaient à l’appel à la rentrée 2025. Le motif de « nécessité de service » est souvent invoqué pour refuser des mises en disponibilité ou des ruptures conventionnelles. Ce mode de départ permettant de toucher le chômage a récemment été pérennisé pour la fonction publique, mais quatre demandes sur cinq seraient refusées.

Et ce n’est pas fini...

 

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Des crédits pour l'école publique !

6 Février 2026, 16:26pm

Publié par Bernardoc

in PEF 192 (décembre 2025)

Et ce n'est pas fini...

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Solidaire face à l'ignominie

1 Février 2026, 14:08pm

Publié par Bernardoc

"Face à la calomnie, nous reprenons le cours de Samuel PATY" : des professeurs répondent à Me Francis VUILLEMIN.

"Nous Professeurs du lycée Camille Claudel de Palaiseau souhaitons témoigner de notre choc et de notre indignation alors même que les voix peinent à se faire entendre.

Notre collègue Samuel PATY est mort décapité sous les mains d’un terroriste islamiste le 16 octobre 2020 à Conflans Sainte-Honorine.

Victime aussi de la rumeur et de l’abandon. Seul.

Ce lundi 26 janvier, jour de l’ouverture du procès en appel d'Abdelhakim SEFRIOUI, son avocat Me Francis VUILLEMIN a déclaré que Samuel PATY « procédait à la discrimination des élèves musulmans ». Voilà l’infâme rumeur, celle qui salit, meurtrit et laisse des traces sur les plus innocents, relancée par l’avocat de celui-là même qui est accusé de l’avoir propagée.

Face à la rumeur désormais, il n’y aura plus ni abandon ni silence.

Ces propos ont été tenus hors de la salle d’audience, ils ne relèvent donc même pas d’une stratégie de défense aussi nauséabonde que désespérée. Ils sont l’expression la plus brutale et terrifiante de la calomnie et, au-delà, d’un combat politique qui ne recule devant rien.

Ces mots visent à faire de notre collègue Samuel PATY le responsable de ce qui lui est arrivé, de l’ajouter à la longue liste des « ils l’ont bien cherché », de le salir lui, ses élèves, ses proches, l’institution qu’il servait et la République qu’il honorait. Mais nous savons. Le poison du mensonge a assassiné Samuel PATY, il ne doit pas aujourd’hui assassiner sa mémoire.

Les faits, le réel, ne se modèlent pas au gré des désirs ou des fantasmes. Le cours de Monsieur Paty est une merveille d’équilibre et de justesse.

En présentant honnêtement à ses élèves la tension entre liberté de conscience et liberté d’expression, Samuel PATY montre la force de notre République qui parvient à nous rassembler, à respecter chacun d’entre nous et à dépasser nos oppositions. Il éclaire notre pratique du quotidien.

Plus que jamais, nous défendons la laïcité et la liberté d’expression mais en veillant chaque jour aussi aux élèves que nous devons accompagner avec confiance et sérénité pour les amener à devenir des citoyens éclairés.

C’est cette prudence, cette délicatesse, qu’on ose aujourd’hui nommer défiance, racisme ou haine des musulmans. À l’heure même où la France est violemment agitée par ces tourments, pointer les innocents nous trompe et nous désarme.

Mais cette attaque est aussi politique. Nous ne nous y trompons pas. Emportant Samuel PATY dans le flot de la calomnie c’est toute l’école républicaine qu’on voudrait emporter avec lui : son universalisme, sa volonté égalitaire et émancipatrice, son goût du débat, de la langue et de la subtilité.

On veut nous faire craindre pour ne plus tout enseigner.

Nous professeurs réaffirmons que, passé le choc des mots qui déshonorent devant l’Histoire ceux qui les prononcent, nous reprenons le cours de Samuel PATY.

Samuel, cher collègue, tu es à nos côtés, dans nos salles de classe, ton portrait scotché ou punaisé sur des murs fatigués. Notre lycée a même choisi de baptiser son auditorium à ton nom. Il y a quelques jours on y jouait Le Professeur d’Émilie FRECHE ; le professeur c’était toi. Puis quelques élèves ont lu des extraits du Cours de Monsieur Paty que nous devons à ta sœur Mickaëlle.

Nos élèves ont compris tes mots, ils étaient émus et résolus.

Dans la beauté du verbe et de la vérité."

NB : relayez, copiez collez, cette tribune pour faire entendre la voix des professeurs et à travers eux celle de #SamuelPaty

Tribune diffusée dans Marianne et sur les réseaux sociaux par Émilie FRECHE écrivain.

Et ce n’est pas fini...

 

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Grande pauvreté et réussite scolaire.

24 Janvier 2026, 16:14pm

Publié par Bernardoc

C’était le titre d’un rapport présenté il y a près de trente ans par le recteur Claude PAIR. J’avais eu le bonheur de le rencontrer lors d’un stage national à Nice, où m’avait envoyé le rectorat de Bordeaux. Nous y participions avec Nadia, une assistante sociale de l’académie, et notre mission était de mettre en place des actions destinées à former des équipes chargées de lutter contre l’exclusion.

Nous avions plein d’idées d’actions que nous devions mettre en place tous les deux. Seulement voilà : la responsable départementale des assistantes sociales a mis tous les bâtons possibles dans les roues de celle qu’elle considérait comme sa subordonnée, qui n’était autorisée à rien entreprendre sans son aval.

Quant à moi, j’ai fait plusieurs interventions au niveau de la ZAP, sans beaucoup de succès : ce n’était pas un thème mobilisateur pour mes collègues. Alors finalement j’ai laissé tomber me contentant d’agir au strict niveau local.

Et ce matin, au poste, j’entends que les élèves en grande pauvreté sont toujours discriminés et victimes d’exclusion dans notre école dite « inclusive ».

Décidément on n’a guère progressé en trois décennies, hélas !

Et ce n’est pas fini...

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Face aux écoles privées, un collectif défend le modèle public

14 Janvier 2026, 09:46am

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 13 janvier 2026

Des syndicats, dont la FSU et la CGT-Éduc’action, ainsi que des associations et mouvements étudiants s’organisent au sein du Collectif pour l’école publique laïque, seule à garantir la mixité scolaire. Ils alertent, à l’approche des élections municipales, sur l’essor du privé.

Les débats sur le budget s’éternisent, mais le Sénat a déjà voté la suppression de 4 000 postes d’enseignants, sur proposition du gouvernement. Pour trouver des économies, l’Éducation nationale tape sur l’école publique, en oubliant que le ministère finance également les établissements privés sous contrat ; 73 % du financement de l’enseignement privé provient de fonds publics.« Cela représente certainement plus de 12 milliards d’euros par an », calcule le Collectif pour l’école publique laïque, qui note que ce montant reste« probablement sous-estimé ». Ce calcul ne tient pas compte des financements indirects tels que les dons défiscalisés.«  L’argent public doit aller à l’école publique », soutient Caroline CHEVE, secrétaire générale de la FSU.

Le syndicat fait partie d’un regroupement d’une vingtaine d’organisations syndicales, associatives ou encore étudiantes. Il comprend entre autres l’Unsa, la CGT-Éduc’action et SUD, mais également le Comité national d’action laïque et la Ligue de l’enseignement. Ensemble, ils souhaitent« promouvoir les politiques publiques »qui soutiennent« l’école pour toutes et tous ». Ils dénoncent surtout« le financement collectif du séparatisme social et scolaire de l’enseignement privé sous contrat ». Sur le long terme, ils veulent stopper cette dynamique. Mais, dans le cadre des prochaines municipales, le collectif interpelle les citoyens et surtout les élus, qui« manquent d’informations sur le cadre juridique spécifique ». Un livret leur sera distribué.

Le document souligne par exemple que« la restauration, l’accueil périscolaire et les activités périscolaires ne relèvent pas du forfait communal » que doivent payer les municipalités. Face à des demandes croissantes et déviant du cadre légal, les membres du collectif « exigent une transparence totale des financements publics octroyés aux établissements privés », s’appuyant sur un rapport de la Cour des comptes de 2023. D’autant que les élus et notamment les maires « sont mis sous pression » prévientMarie-Laure TIRELLE, secrétaire générale du Comité national d’action laïque.

L’année dernière, au mois de novembre, une étude de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique (Fnogec) a chiffré un « manque » de 900 millions d’euros pour les écoles sous contrat. L’estimation a fait bondir les syndicats, tout comme les déclarations de Guillaume PREVOST, secrétaire général de l’enseignement catholique. À la rentrée 2025, il a soutenu : « Je pense qu’il faut redonner clairement le droit à une enseignante de faire une prière le matin avec ses élèves, parce que c’est le cœur du projet. » C’est-à-dire, sur le temps de classe, financé par de l’argent public, ce qui n’est tout simplement pas légal. Les professeurs du privé sous contrat ne sont certes pas des fonctionnaires, ils sont toutefois, eux aussi, payés par l’État. « Face aux dérives et prétentions extralégales de l’enseignement privé sous contrat, il nous faut exiger les contrôles de l’État permettant de protéger les élèves », soutient le collectif.

Pour celui-ci, « il faut remettre l’école publique au centre du village ». Elle permet « l’égalité dans l’accès aux savoirs, donc les perspectives d’émancipation pour chaque élève ». Le privé, à l’inverse,« participe à la ghettoïsation, notamment des quartiers populaires ». 32,3 % d’élèves de l’école publique viennent de milieux favorisés, contre 55,4 % dans les établissements privés sous contrat, informe une analyse des indices de position sociale (IPS) en 2022. En outre, le public scolarise trois fois plus d’élèves boursiers (29,1 %) que le privé (11,8 %). Même avec un ascenseur social en panne, « l’école publique reste celle de la République », concluent les organisations.

Et ce n’est pas fini...

 

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