Des crédits pour l'école publique !
in PEF 192 (décembre 2025)
/image%2F1563000%2F20260206%2Fob_1f4790_fricauprive.png)
Et ce n'est pas fini...
Pour éviter d'avoir à me répéter, notes en vrac d'un retraité, incorrigible militant.
in PEF 192 (décembre 2025)
/image%2F1563000%2F20260206%2Fob_1f4790_fricauprive.png)
Et ce n'est pas fini...
"Face à la calomnie, nous reprenons le cours de Samuel PATY" : des professeurs répondent à Me Francis VUILLEMIN.
"Nous Professeurs du lycée Camille Claudel de Palaiseau souhaitons témoigner de notre choc et de notre indignation alors même que les voix peinent à se faire entendre.
Notre collègue Samuel PATY est mort décapité sous les mains d’un terroriste islamiste le 16 octobre 2020 à Conflans Sainte-Honorine.
Victime aussi de la rumeur et de l’abandon. Seul.
Ce lundi 26 janvier, jour de l’ouverture du procès en appel d'Abdelhakim SEFRIOUI, son avocat Me Francis VUILLEMIN a déclaré que Samuel PATY « procédait à la discrimination des élèves musulmans ». Voilà l’infâme rumeur, celle qui salit, meurtrit et laisse des traces sur les plus innocents, relancée par l’avocat de celui-là même qui est accusé de l’avoir propagée.
Face à la rumeur désormais, il n’y aura plus ni abandon ni silence.
Ces propos ont été tenus hors de la salle d’audience, ils ne relèvent donc même pas d’une stratégie de défense aussi nauséabonde que désespérée. Ils sont l’expression la plus brutale et terrifiante de la calomnie et, au-delà, d’un combat politique qui ne recule devant rien.
Ces mots visent à faire de notre collègue Samuel PATY le responsable de ce qui lui est arrivé, de l’ajouter à la longue liste des « ils l’ont bien cherché », de le salir lui, ses élèves, ses proches, l’institution qu’il servait et la République qu’il honorait. Mais nous savons. Le poison du mensonge a assassiné Samuel PATY, il ne doit pas aujourd’hui assassiner sa mémoire.
Les faits, le réel, ne se modèlent pas au gré des désirs ou des fantasmes. Le cours de Monsieur Paty est une merveille d’équilibre et de justesse.
En présentant honnêtement à ses élèves la tension entre liberté de conscience et liberté d’expression, Samuel PATY montre la force de notre République qui parvient à nous rassembler, à respecter chacun d’entre nous et à dépasser nos oppositions. Il éclaire notre pratique du quotidien.
Plus que jamais, nous défendons la laïcité et la liberté d’expression mais en veillant chaque jour aussi aux élèves que nous devons accompagner avec confiance et sérénité pour les amener à devenir des citoyens éclairés.
C’est cette prudence, cette délicatesse, qu’on ose aujourd’hui nommer défiance, racisme ou haine des musulmans. À l’heure même où la France est violemment agitée par ces tourments, pointer les innocents nous trompe et nous désarme.
Mais cette attaque est aussi politique. Nous ne nous y trompons pas. Emportant Samuel PATY dans le flot de la calomnie c’est toute l’école républicaine qu’on voudrait emporter avec lui : son universalisme, sa volonté égalitaire et émancipatrice, son goût du débat, de la langue et de la subtilité.
On veut nous faire craindre pour ne plus tout enseigner.
Nous professeurs réaffirmons que, passé le choc des mots qui déshonorent devant l’Histoire ceux qui les prononcent, nous reprenons le cours de Samuel PATY.
Samuel, cher collègue, tu es à nos côtés, dans nos salles de classe, ton portrait scotché ou punaisé sur des murs fatigués. Notre lycée a même choisi de baptiser son auditorium à ton nom. Il y a quelques jours on y jouait Le Professeur d’Émilie FRECHE ; le professeur c’était toi. Puis quelques élèves ont lu des extraits du Cours de Monsieur Paty que nous devons à ta sœur Mickaëlle.
Nos élèves ont compris tes mots, ils étaient émus et résolus.
Dans la beauté du verbe et de la vérité."
NB : relayez, copiez collez, cette tribune pour faire entendre la voix des professeurs et à travers eux celle de #SamuelPaty
Tribune diffusée dans Marianne et sur les réseaux sociaux par Émilie FRECHE écrivain.
Et ce n’est pas fini...
C’était le titre d’un rapport présenté il y a près de trente ans par le recteur Claude PAIR. J’avais eu le bonheur de le rencontrer lors d’un stage national à Nice, où m’avait envoyé le rectorat de Bordeaux. Nous y participions avec Nadia, une assistante sociale de l’académie, et notre mission était de mettre en place des actions destinées à former des équipes chargées de lutter contre l’exclusion.
Nous avions plein d’idées d’actions que nous devions mettre en place tous les deux. Seulement voilà : la responsable départementale des assistantes sociales a mis tous les bâtons possibles dans les roues de celle qu’elle considérait comme sa subordonnée, qui n’était autorisée à rien entreprendre sans son aval.
Quant à moi, j’ai fait plusieurs interventions au niveau de la ZAP, sans beaucoup de succès : ce n’était pas un thème mobilisateur pour mes collègues. Alors finalement j’ai laissé tomber me contentant d’agir au strict niveau local.
Et ce matin, au poste, j’entends que les élèves en grande pauvreté sont toujours discriminés et victimes d’exclusion dans notre école dite « inclusive ».
Décidément on n’a guère progressé en trois décennies, hélas !
Et ce n’est pas fini...
In L’Humanité du 13 janvier 2026
Des syndicats, dont la FSU et la CGT-Éduc’action, ainsi que des associations et mouvements étudiants s’organisent au sein du Collectif pour l’école publique laïque, seule à garantir la mixité scolaire. Ils alertent, à l’approche des élections municipales, sur l’essor du privé.
Les débats sur le budget s’éternisent, mais le Sénat a déjà voté la suppression de 4 000 postes d’enseignants, sur proposition du gouvernement. Pour trouver des économies, l’Éducation nationale tape sur l’école publique, en oubliant que le ministère finance également les établissements privés sous contrat ; 73 % du financement de l’enseignement privé provient de fonds publics.« Cela représente certainement plus de 12 milliards d’euros par an », calcule le Collectif pour l’école publique laïque, qui note que ce montant reste« probablement sous-estimé ». Ce calcul ne tient pas compte des financements indirects tels que les dons défiscalisés.« L’argent public doit aller à l’école publique », soutient Caroline CHEVE, secrétaire générale de la FSU.
Le syndicat fait partie d’un regroupement d’une vingtaine d’organisations syndicales, associatives ou encore étudiantes. Il comprend entre autres l’Unsa, la CGT-Éduc’action et SUD, mais également le Comité national d’action laïque et la Ligue de l’enseignement. Ensemble, ils souhaitent« promouvoir les politiques publiques »qui soutiennent« l’école pour toutes et tous ». Ils dénoncent surtout« le financement collectif du séparatisme social et scolaire de l’enseignement privé sous contrat ». Sur le long terme, ils veulent stopper cette dynamique. Mais, dans le cadre des prochaines municipales, le collectif interpelle les citoyens et surtout les élus, qui« manquent d’informations sur le cadre juridique spécifique ». Un livret leur sera distribué.
Le document souligne par exemple que« la restauration, l’accueil périscolaire et les activités périscolaires ne relèvent pas du forfait communal » que doivent payer les municipalités. Face à des demandes croissantes et déviant du cadre légal, les membres du collectif « exigent une transparence totale des financements publics octroyés aux établissements privés », s’appuyant sur un rapport de la Cour des comptes de 2023. D’autant que les élus et notamment les maires « sont mis sous pression » prévientMarie-Laure TIRELLE, secrétaire générale du Comité national d’action laïque.
L’année dernière, au mois de novembre, une étude de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique (Fnogec) a chiffré un « manque » de 900 millions d’euros pour les écoles sous contrat. L’estimation a fait bondir les syndicats, tout comme les déclarations de Guillaume PREVOST, secrétaire général de l’enseignement catholique. À la rentrée 2025, il a soutenu : « Je pense qu’il faut redonner clairement le droit à une enseignante de faire une prière le matin avec ses élèves, parce que c’est le cœur du projet. » C’est-à-dire, sur le temps de classe, financé par de l’argent public, ce qui n’est tout simplement pas légal. Les professeurs du privé sous contrat ne sont certes pas des fonctionnaires, ils sont toutefois, eux aussi, payés par l’État. « Face aux dérives et prétentions extralégales de l’enseignement privé sous contrat, il nous faut exiger les contrôles de l’État permettant de protéger les élèves », soutient le collectif.
Pour celui-ci, « il faut remettre l’école publique au centre du village ». Elle permet « l’égalité dans l’accès aux savoirs, donc les perspectives d’émancipation pour chaque élève ». Le privé, à l’inverse,« participe à la ghettoïsation, notamment des quartiers populaires ». 32,3 % d’élèves de l’école publique viennent de milieux favorisés, contre 55,4 % dans les établissements privés sous contrat, informe une analyse des indices de position sociale (IPS) en 2022. En outre, le public scolarise trois fois plus d’élèves boursiers (29,1 %) que le privé (11,8 %). Même avec un ascenseur social en panne, « l’école publique reste celle de la République », concluent les organisations.
Et ce n’est pas fini...
in La lettre doc de Bernard DEFRANCE
Effectivement, loin devant les quelques violences médiatisées, c’est le quotidien de la classe qui
est en jeu (le ‘’bavardage’’!), avec la singularité, parmi tous les métiers de l’humain, de la situation du professeur seul devant 20 à 30 enfants ou ados – cinq à six heures par jour – qui ne voient pas toujours quel est le sens de leur présence – obligatoire – en ce lieu… avec en supplément les interventions de parents, eux-mêmes inquiets voire angoissés quant à l’avenir de leurs enfants. (Le Monde)
Mais est-ce que ce ne serait pas l’occasion de remettre en question le cadre même de la ‘’classe’’ ? En quoi ce mode de regroupement des enfants est-il immuable ? Pour jouer au foot il faut être 22, un groupe de travail autour d’une tâche quelconque ne peut dépasser cinq personnes, pour regarder un film, écouter une conférence ou un cours magistral on peut être 300, un groupe de paroles ne peut dépasser 12 à 15 personnes, et pour écrire un poème il faut être seul, etc. Quand finira-t-on par se rendre à l’évidence que c’est la nature de l’activité qui détermine les effectifs ? Et pourquoi faudrait-il que tous soient aux mêmes niveaux de connaissances ? Un élève quelconque peut-il être très avancé en mathématique mais tout débutant en anglais ? On le sait aujourd’hui : ce sont les méthodes de regroupement et de classement prétendument homogènes selon un même programme appliqué à tous indistinctement quels que soient les déterminants sociaux – modèle hérité des Petits Frères des écoles chrétiennes – qui sont la première cause de ce qu’il est convenu d’appeler l’échec scolaire, qui n’est que l’effet d’une résistance (consciente ou pas) à l’homogène imposé et au modèle de ‘’réussite’’… Ou comment tuer dans l’œuf l’extraordinaire floraison des curiosités enfantines ! À suivre !
Ces questions sont d’autant plus urgentes que ce sont bien toutes les micro-violences émaillant le quotidien qui semblent se banaliser dans les établissements... (Le Monde)
Et les idéaux de la République sont bafoués par simple manque d’enseignants… à Mayotte (France-Info) et en Île-de-France (France3), où dans ces derniers cas les parents organisent eux-mêmes les cours manquants !
Je suggère que ces parents calculent le coût de ces carences de l’État et les déduisent de leurs impôts ! Chiche !
Et ce n'est pas fini...
Loin de l’image exemplaire d’un portefeuille généreux, renforcé en faveur «de l’avenir» et de l’école inclusive qu’on essaie de lui coller, le budget de l’Éducation nationale n’échappe pas à la disette budgétaire. Comme chaque automne, la dramaturgie est maîtrisée : sur scène, on vante une hausse de 200 millions d’euros de l’enveloppe allouée à l’école par rapport à 2025, la création de 5 440 postes à l’Éducation nationale ou encore l’embauche de 1 200 accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) supplémentaires. Et on se garde bien de mentionner les coupes dans les effectifs de profs, le gel des aides pour les élèves les plus défavorisés et les réformes abandonnées en cours de route.
Concernant l’enseignement scolaire, le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 prévoit un budget de 64,5 milliards d’euros, hors pensions. Soit, sur le papier, une hausse de 200 millions d’euros par rapport aux 64,3 milliards d’euros prévus pour 2025. Mais c’est un écran de fumée : rien que le «glissement vieillesse technicité», ce phénomène mécanique qui alourdit les dépenses du fait de l’ancienneté et des évolutions de carrière des fonctionnaires, induit une hausse des dépenses de personnel de 419 millions d’euros pour 2026.
Côté effectifs, on se targue de la création de 5 440 postes ETP (équivalent temps plein). En farfouillant dans les méandres budgétaires relatifs à l’enseignement scolaire, la réalité s’avère bien moins reluisante : dans les grilles chiffrées, on lit la suppression de 4 018 postes d’enseignants (2 373 dans le premier degré et 1 645 dans le second). «On nous fait croire à un effort alors qu’on joue avec les chiffres. On assiste à des jeux de dupes permanents par rapport au budget de l’Éducation nationale», dénonce Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du syndicat enseignant SE-Unsa.
«Il y a des suppressions de postes d’un côté, il y a des créations de postes de l’autre», s’était défendu le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Édouard GEFFRAY, en octobre lors d’un déplacement dans une école élémentaire en Essonne. «D’un côté, ce sont des postes qui correspondent [...] à l’effondrement démographique, et de l’autre, il y a des créations de postes qui correspondent aux concours, qui seront nos futurs professeurs. […] Le solde des deux fait que le ministère de l’Éducation nationale continue à créer des emplois cette année.»
En effet, le solde positif de 5 440 ETP tient à la création de 7 938 postes de professeurs stagiaires dans le cadre de la réforme du recrutement et de la formation initiale des personnels enseignants. Pour tenter d’enrayer la pénurie de profs qui frappe de plein fouet l’Éducation nationale, le concours sera avancé à bac + 3 au lieu de bac + 5 actuellement. Résultat : pour laisser le temps aux étudiants déjà engagés dans le parcours de passer le concours à bac + 5, deux épreuves vont coexister pendant deux ans. «Donc oui, des emplois de stagiaires sont créés, mais ils sont liés à une période transitoire. Ces créations sont purement conjoncturelles et ne disent rien d’un investissement massif pour l’avenir», tonne Sophie VENETITAY, secrétaire générale du Snes-FSU.
Pour densifier les rangs clairsemés des accompagnants d’élèves en situation de handicap, 1 200 postes seront créés. Car ils manquent largement à l’appel : en septembre 2025, sur les 320 000 élèves en situation de handicap, près de 50 000 n’avaient pas d’accompagnant. Mais les créations de postes restent moins ambitieuses que par le passé : c’est presque moitié moins que l’année dernière (+ 2 000 ETP), et encore moins que 2024 (+ 3 000 ETP).
Pour justifier les coups de rabot dans les effectifs enseignants, le gouvernement s’appuie sur l’argument démographique. Entre 2024 et 2034, la France comptera 19 % d’écoliers en moins, anticipe l’Institut des politiques publiques (IPP), conséquence de l’effondrement de la natalité. Mais prendre cette évolution attendue pour sabrer dès à présent est un argument fallacieux, aux yeux de l’économiste de l’IPP Youssef SOUIDI : «Dans le premier degré, on est actuellement dans une période de stabilité, pas encore de baisse. Pareil dans le second degré, où on coupe alors que la baisse démographique ne s’y fait pas encore ressentir.»
Pour nombre d’économistes, la baisse du nombre d’enfants scolarisés représente surtout une opportunité en or de repenser notre système éducatif. «Soit on maintient un taux d’encadrement constant donc on baisse le nombre de professeurs. Soit on investit pour le futur et on maintient les effectifs enseignants pour diminuer le nombre d’enfants par classe, développe Youssef SOUIDI. C’est un levier efficace pour améliorer le niveau des élèves et l’attractivité du métier d’enseignant, qui pourront travailler dans de meilleures conditions.»
En douce, le PLF 2026 marque surtout un coup d’arrêt pour de nombreuses réformes annoncées par Emmanuel MACRON. Le pacte enseignant, dispositif phare porté par l’ancien ministre Pap NDIAYE en 2023 qui prévoit de rémunérer les profs volontaires qui mènent des missions supplémentaires, est à la diète : seulement 480 millions d’euros y sont consacrés pour l’année prochaine, loin des 900 millions annoncés chaque année à sa mise en place. «Deux ans plus tard, les crédits sont rabotés parce qu’il y a des choix budgétaires à faire. On est contre ce dispositif mais la logique laisse un goût amer : la rémunération des professeurs devient une variable d’ajustement quand il faut faire des économies», tacle Sophie VENETITAY.
Et le pacte est loin d’être le seul à se voir réduit comme peau de chagrin. Le Conseil national de la refondation Éducation, qui prévoyait depuis 2023 la mise en place de concertations locales pour faire émerger des initiatives autour de l’école, a pour sa part tout bonnement disparu du budget pour 2026. Tout juste évoque-t-on une dotation de «2,5 millions d’euros afin de couvrir les restes à payer» dans le premier degré. Comme annoncé en septembre par le Premier ministre, Sébastien LECORNU, le service national universel (SNU) est également enterré. Las face à tant de revirements, Bruno BOBKIEWICZ, secrétaire général du syndicat de direction SNPDEN, tonne : «On ne va pas pleurer la mort de ces dispositifs, mais c’est de l’argent et de l’énergie qu’on aurait pu mettre ailleurs. C’est terrible : on donne d’une main et on reprend de l’autre.»
Soumise à la même cure d’austérité, la part collective du pass culture, qui permet aux établissements scolaires de financer les activités artistiques et culturelles, est amputée de 10 millions d’euros et passe ainsi de 72 millions pour 2025 à 62 pour l’année prochaine. Enième sacrifice : les fonds sociaux collégiens et lycéens, ces précieux coups de pouces financiers pour les élèves les plus défavorisés qui ne peuvent faire face aux dépenses comme le transport, les fournitures scolaires ou la cantine, se voient rabotés de 1,34 million d’euros, portant l’enveloppe totale à plus de 47 millions. Si ce n’est pas la coupe la plus massive du budget, elle reste une preuve de plus d’une «école publique sacrifiée», comme le souligne Elisabeth Allain-Moreno : «Est-ce qu’on a abandonné nos élèves ? Est-ce qu’on a une autre vision de l’école ? Les moyens servent aujourd’hui une politique éducative conservatrice, à rebours des besoins réels de l’école.»
Et ce n’est pas fini...
In Le Monde du 4 décémbre 2025
Une série d’indicateurs montre une nette dégradation, avec des enseignants souvent pris pour cibles. La relation avec les parents, notamment, se tend.
Les études se succèdent et se complètent pour faire état d’une dégradation du climat scolaire et d’une montée des incivilités, voire des violences, dans l’éducation nationale. Dernier en date : le baromètre annuel de l’Autonome de solidarité laïque, paru en octobre. Cette structure, qui propose un accompagnement juridique à près de 500 000 enseignants, fait état d’une augmentation de 23 % du nombre des dossiers qu’elle traite depuis cinq ans. « Les tensions entre les personnels de l’éducation d’une part, les familles, les élèves d’autre part, tendent à se banaliser. Autrefois isolées, elles deviennent progressivement structurelles », décrypte Sylvie Guyot, secrétaire générale de l’association.
Parmi les 12 000 dossiers reçus par l’association en 2024-2025, 3 500 concernent des diffamations et des dénonciations calomnieuses. Un chiffre qui a bondi de 176 % en cinq ans. Près de 20 % des dossiers ont par ailleurs trait aux agressions physiques ou verbales.
Dès juillet 2024, la médiatrice de l’éducation nationale alertait sur l’« agressivité montante » dont le personnel de l’éducation faisait l’objet et sur la « dégradation de la relation entre l’école et les familles ».
Que je suis heureux d’être à la retraite !
Et ce n’est pas fini...
Pourquoi l’éducation est un outil puissant ?
Septembre est là, avec sa liste de résolutions, de projets, d’idées et d’envies d’agir. Et, en même temps, septembre est là, avec une liste interminable de réalités brutales dans le monde et d'atteintes aux droits humains : discriminations, répressions, discours de haine, violences faites aux femmes, aux enfants, aux minorités…
Le bilan est sombre, mais tout n’est pas perdu ! Nous avons encore le pouvoir d’agir. Découvrez une force discrète mais redoutablement puissante pour résister : l’éducation aux droits humains (EDH).
Parce qu’elle ouvre les yeux. Parce qu’elle donne les clés pour comprendre les mécanismes d’oppression, déconstruire les préjugés et faire naître un esprit critique. Parce qu’elle favorise un changement profond des attitudes, et offre la possibilité aux personnes d’agir, de parler, de transmettre.
Se questionner, comprendre, connaître, changer de paradigme, c’est ça la force de l’EDH. Et non, l’EDH n’est pas juste “des infos, des cours ou des textes de lois”.
C’est une démarche vivante, collective, pour faire grandir la justice, le respect et la dignité.
C’est apprendre à dire NON aux discriminations et OUI à la solidarité.
C’est cultiver la résistance dans les esprits.
C’est en ce sens qu’elle constitue un levier essentiel d’action pour Amnesty International France.
Alors oui : plus d’éducation, moins de violations des droits humains !
Et ce n’est pas fini...
L’allocation de rentrée scolaire (ARS) est une prestation familiale sous fortes conditions de ressources versée depuis 1974 aux familles d’enfants scolarisés âgés de 6 à 18 ans. Elle est modulée en trois tranches, selon l’âge des enfants, depuis 2008.
Elle a été versée le 19 août à plus de 3 millions de familles très modestes. Près de la moitié des familles bénéficiaires sont des familles monoparentales, et plus de 8 familles monoparentales sur 10 avec enfants scolarisés la perçoivent.
L’Insee vient d’annoncer une hausse sans précédent du taux de pauvreté en 2023, atteignant un niveau jamais observé depuis qu’il est mesuré. La moitié de cette hausse est constitué de familles monoparentales, et plus d’un tiers des familles monoparentales sont considérées comme pauvres.
Toutes les enquêtes réalisées montrent que le montant de l’allocation de rentrée scolaire est effectivement dépensé pour couvrir les frais de fournitures scolaires, de cantine ou d’habillement. Et pour cause, la gratuité de l’école est loin d’être une réalité, et les dépenses liées à la scolarité pèsent fortement sur les budgets des familles.
L’ARS est donc une prestation familiale essentielle.
Mais elle doit être améliorée, car en l’état, elle souffre de lacunes importantes (versement seulement à partir de 6 ans, non prise en compte des coûts importants supportés par les familles pour les élèves des filières techniques et professionnelles), et, d’année en année, son montant diminue en euros constants et sa sélectivité augmente, alors que c’est déjà la prestation familiale soumise aux plus fortes conditions de ressources.
C’est pourquoi l’Union des familles laïques demande :
que l’ARS soit revalorisée pour compenser la baisse observée ces dix dernières années en euros constants ;
que le versement de l’ARS soit étendu aux enfants de 3 à 6 ans scolarisés, en cohérence avec l’abaissement de l’instruction obligatoire à 3 ans depuis la rentrée 2020 ;
que l’ARS soit augmentée pour la tranche 15 – 18 ans et majorée pour les élèves de l’enseignement professionnel et technologique ;
une correction de l’effet plafond observé ces 20 dernières années avec une augmentation de 20 % des plafonds de ressources.
L’Ufal rappelle aussi sa ferme opposition à la transformation de l’ARS en « chèque de rentrée ».
Le Premier ministre vient d’annoncer sa volonté d’année blanche pour les prestations sociales en 2026. Ce n’est pas en augmentant la pauvreté et en compromettant les conditions de scolarité des enfants des familles modestes que le pays se redressera, l’Ufal prendra part au combat social pour s’y opposer.
Et ce n’est pas fini...
« Accueil des nouvelles et nouveaux habitants ». Cette phrase figure sur les panneaux d’affichage municipaux.
Il y a quelque chose qui me chiffonne dans cette formulation : quelles nouvelles allons-nous accueillir ? Des bonnes, j’espère. A moins que « nouvelles » ne soit pas un nom et que, comme « nouveaux », l’épithète s’applique à la gent féminine qui arrive sur la commune. Mais alors, il aurait fallu mettre le nom que qualifiait l’adjectif, c’est à dire « habitantes ». Sinon, « nouveaux habitants » aurait amplement suffi, terme générique qui englobe l’ensemble des résidents (y compris les trans!) comme lorsqu’on parle des droits de l’Homme, ce qui ne veut pas dire que les femmes en soient exclues.
Il me semble que la communication municipale a abandonné l’écriture prétendument « inclusive », ce qui est une bonne chose mais je crois en l’éducation populaire et notamment aux vertus de l’exemplarité.
Ce n’est qu’une modeste réflexion d’un ancien prof de lettres qui s’est évertué pendant une quinzaine d’années à enseigner les règles de la langue française à des élèves qui avaient été en échec au collège et qui arrivaient, ne soyons pas modeste outre mesure, un peu grâce à moi, à obtenir de bons résultats à leur examen final.
Et ce n’est pas fini...