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Le blog de Bernard SARLANDIE

Le temps des cerises.

11 Août 2016, 16:08pm

Publié par Bernardoc

C'est le titre d'un film de 1937 réalisé par Jean-Paul LE CHANOIS, que je me suis passé hier soir. Il fait partie du coffret acheté à l'expo sur le Front populaire visitée à la mairie de Paris le mois dernier. Je ne savais pas à quoi m'attendre en m'asseyant devant ce long métrage ; vu le titre et l'endroit où je l'avais acquis, je me doutais bien que ce ne serait pas un film à la gloire des ligues factieuses, ancêtres de nos extrêmes droites actuelles.

En fait, le film suit la destinée sur trois générations d'une famille prolétaire et d'une famille bourgeoise, de 1895 à 1937. Les représentants des 200 familles sont dépeints dans ce qu'ils ont de plus vil, avec leur morgue, leur arrogance et leur appât du gain, sans aucun égard pour les ouvriers ou les paysans qui triment pour alimenter leur fortune.

Un passage assez long montre de façon crue la boucherie de 14-18 et la fraternité qui pouvait éclore entre ceux qui n'avaient pas encore été massacrés « au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas ». Je pense que dans ce passage étaient incluses des véritables images de l'époque.

Quelques touches politiques émaillent le film : des invitations à des meetings, des départs pour des réunions, des affiches « qu'on colle au mur du lendemain » pour arriver au morceau de bravoure que constitue le dernier quart du film. D'abord un discours de Jacques DUCLOS devant des milliers de vieux venus réclamer une pension de retraite qui pourrait les sortir de la misère. Et à l'époque on ne s'embarrassait pas de mots politiquement corrects, on utilisait les vrais mots dans leur acception qui n'a rien de péjoratif. C'est ainsi que l'orateur s'adressait aux auditeurs : « Chers vieux, chères vieilles », et dans cet ordre.

Enfin, le film se terminait par une envolée lyrique d'un jeune couple, notamment une secrétaire qui venait de comprendre beaucoup de choses : émouvante et pleine d'espoir.

En regardant ce film de propagande, je me suis dit qu'il était évident qu'une partie de ma famille ait fait au moins un bout de chemin avec le Parti Communiste Français, artisan et moteur (avec d'autres) des nombreuses conquêtes sociales qui sont peu à peu détricotées.

Et ce n'est pas fini...

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