De mémoires d'ouvriers.
Encore un film de Gilles PERRET qui a enrichi ma soirée hier soir, un film militant qui prolonge bien les films datant du Front Populaire que je visionne de temps en temps depuis juillet dernier et ma visite à l'expo célébrant les 80 ans à la mairie de Paris.
Le film s'ouvre sur l'évocation de la fusillade de Cluses (Haute Savoie) en 1904, lorsque les patrons ont tiré sur les ouvriers qui s'étaient mis en grève pour exiger la réintégration de ceux qui avaient été licenciés pour avoir osé s'être présentés sur une liste municipale opposée à celle conduite par leur patron. Interrogés en 2010, plusieurs habitants de la ville ignoraient cette tragédie, preuve s'il en était de la nécessité des Instituts d'Histoire Sociale, garants de l'histoire trop souvent masquée.
Des portraits sont réalisés de ces montagnards qui exerçaient une double journée : le matin à l'usine comme ouvrier et l'après-midi dans leur lointain village où ils s'occupaient de leur ferme.
Un autre épisode décrit dans le film est celui de la construction de grands barrages hydroélectriques dans des conditions souvent très difficiles, mais supportables grâce à la solidarité qui régnait dans cette communauté qui avait recréé un véritable village.
Solidarité : le mot est lâché, par tous les acteurs, qu'ils soient retraités ou en fin de carrière. Tous déplorent le fait que cela a tendance à disparaître, notamment par la division et l'individualisation du travail qui ne favorisent pas la conscience de classe.
La dernière séquence nous montre un quatuor de jeunes, dont une femme, qui travaillent dans une usine d'aluminium, plusieurs fois vendue et revendue, et dont les propriétaires actuels sont australiens et qui ignorent vraisemblablement où se situe la Savoie, voire la France. Mais l'espoir demeure malgré tout chez ces jeunes techniciens (?) qui ont dû braver la réprobation de leurs amis lorsqu'ils ont décidé d'aller bosser en usine, plutôt qu'assis bien au chaud dans un bureau.
De beaux témoignages, et ce ne sont pas les derniers que m'a apportés le Père Noël.
Et ce n'est pas fini...