Le jeu de l'amour et du hasard.
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Découverte d'un nouveau théâtre pour une première (ce que j'ignorais) ; une mise en scène complètement déjantée et une troupe qui visiblement prenait grand plaisir à nous offrir ce spectacle. Courrez-y !
Pour sonder la sincérité de Dorante, qu’on lui destine sans l’avoir jamais rencontré, Silvia échange son habit avec sa servante Lisette. Ce qu’elle ignore, c’est que son prétendant a recours au même stratagème avec son valet Arlequin.
Depuis sa création en 1730, la pièce s’est imposée comme un des chefs-d’œuvre de Marivaux.
Jouer et mettre en scène Marivaux aujourd’hui, c’est allumer un feu d’artifice de questions : comment mettre en jeu des corps contemporains immergés dans la beauté, la rigueur et les difficultés de la langue du XVIIIe siècle ? Comment concilier sensualité et intelligence ? Comment relever le défi formel du verbe tout en s’interrogeant sur la façon dont ce texte questionne notre époque ? Comment jouer avec amour mais sans respect ?
Le Jeu de l’Amour et du Hasard est une pièce à la modernité stupéfiante qui met en scène une promesse : celle d’une révolution sensuelle et politique. Une réinvention de l’amour ! L’affranchissement des plus faibles germe dans le dernier acte : c’est le signe évidemment prémonitoire de la révolution de 1789 et de l’abolition des privilèges. Mais c’est pour nous, spectateurs d’aujourd’hui, le miroir d’une autre révolution portée par la jeunesse, une révolution sans conteste féminine et qui irrigue toutes les générations : celle de la redistribution des dominations sexuelles.
Et ce n'est pas fini...