Au jeu de paume.
Surplombant la place de la Concorde, ce musée présente régulièrement des expos photos. En ce moment deux photographes, totalement différents, y sont présentés : Jo RACTLIFFE et Martin PARR.
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Sud-africaine, Jo débute sa pratique photographique en 1980. Dans cette décennie, la lutte contre l'apartheid s'intensifie et les violences s'amplifient.
As Terras do Fim do Mundo est un de ses projets les plus connus. Elle s’intéresse à l'Angola depuis le milieu des années 1980. Ses photographies constituent un reportage documentaire, effectué en 2009 et 2010, qui capture les traces de la violence, et de combat dans un paysage, évoquant la mémoire, l'histoire et les conséquences du conflit.
Elle montre comment la violence du passé se manifeste dans le présent. Ainsi, pour la série Borderlands, elle se rend à Platfontein, entre 2011 et 2013. Cette région est marquée par la guerre d'indépendance entre l'Angola et l'Afrique du Sud. Dans le paysage quelques pierres disséminées marquent les tombes des personnes assassinées et oubliées.
Jo RACTLIFFE aborde les thèmes du déplacement, du conflit, de l'histoire, de la mémoire et de l'effacement. Ses images mettent en évidence les vestiges du conflit, visibles comme des cicatrices dans un paysage.
Ses photos en noir et blanc se trouvent au niveau inférieur du musée, ce qui est bien choisi pour montrer ces souvenirs à la limite de la déprime. Il vaut mieux commencer la visite par cette expo.
Et puis on arrive à l’étage supérieur, et là c’est une explosion de couleurs dans des scènes de la vie quotidienne dans différentes parties du monde. Martin n’aura pas pu assister au vernissage de son exposition puisqu’il est décédé au mois de décembre.
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Martin PARR savait rendre l'ordinaire intéressant, le banal captivant, et souvent drôle. Il voyait ce que l'on ne voyait pas ou plus. Il regardait avec la même attention deux mouettes dévorant une barquette de frites abandonnée qu'un jeune couple faisant ses achats chez Ikea, un chapelet de saucisses qu'un chapeau à plumes, une maison en préfabriqué qu'une cathédrale.
En gros plan ou en plan large, dans ses compositions impeccables saturées de couleurs, il mettait du sens et soulignait ce qui nous avait échappé. À la fois cruel et tendre, plein d'humour, mais avec une pointe de mélancolie, il tendait un miroir à l'humanité, et encore plus à ses compatriotes britanniques, son sujet de prédilection, qu'il a examinés sous toutes les coutures.
Dommage que le catalogue soit si cher, mais j’ai acheté un jeu « 2 for 1 » qui reprend un certain nombre de ses photos.
Vous avez le temps : c’est jusqu’au mois de mai.
Et ce n’est pas fini...