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Le blog de Bernard SARLANDIE

Dernière visite pour cette session parisienne.

14 Février 2026, 09:06am

Publié par Bernardoc

Ce fut pour le musée Picasso, non pas les œuvres du peintre déjà vues à maintes reprises, mais une double exposition temporaire, qui en était à ses derniers jours puisqu’elle s’achève le 1er mars.

D’abord, Philip GUSTON dans une « Ironie de l’histoire ». Au début des années vingt, Philip est exclu de l’école d’art de Los Angeles pour avoir produit des images satiriques du corps enseignant. L’art ne cessera pour lui d’être l’outil d’un combat contre les figures d’autorité. Ses premières œuvres qui mettent en scène les exactions commises par les membres du KKK, sont vandalisées par les hommes cagoulés lors de leur exposition publique.

À la fin des années soixante il fait scandale en revenant à une figuration inspirée de la bande dessinée.

En 1969, un écrivain en rupture de ban avec le milieu littéraire New Yorkais, Philip ROTH s’installe à quelques maisons de l’atelier de Guston. L’écrivain vient d’entreprendre un ouvrage satirique qui met en scène le Président Nixon et son entourage (Our gang). Guston réalise plus de 80 dessins qui font écho au texte de Roth. Leur style, leur iconographie s’inspire des « planches » des Songes et mensonges de Franco réalisés par Picasso en 1937.

De la série des « Nixon Drawings » aux ultimes peintures de l’artiste, l’exposition du Musée Picasso met en lumière la porosité savamment entretenue par Guston entre la verve grotesque et caricaturale de ses dessins et la puissance expressive de sa peinture. Un transfert d’énergie s’y opère, nourri d’un humour noir qui confère à son œuvre une profondeur grinçante, faisant de lui une sorte de Kafka ou de Gogol de la peinture.

Ensuite, Raymond PETTIBON nous présente « Underground ». Artiste autodidacte, né en 1957 à Tucson, en Arizona, Raymond PETTIBON fait son apparition à la fin des années 1970 sur la scène punk-rock californienne en réalisant les pochettes d’albums du groupe Black Flag. Il commence aussi à exposer et publier à son compte ses premiers dessins, qui s’inscrivent dans l’esthétique do-it-yourself des bandes dessinées, flyers ou fanzines, caractéristique du mouvement punk. Les dessins de Pettibon puisent à un large éventail de sources, de la littérature à l’histoire de l’art, de la culture populaire à la religion, de la politique au sport.

Résolument antiautoritaire, l’œuvre de Pettibon brosse, à travers des images grinçantes, accompagnées d'inscriptions fracassantes, le portrait acerbe d’une société américaine nihiliste et violente, marquée par la fin du rêve hippie et le retour du conservatisme. Volontiers perturbante et indisciplinée, questionnant sans relâche le rêve américain, comme avait pu le faire en son temps Philip GUSTON - admiré par Pettibon - elle place le visiteur dans une situation inconfortable, le poussant à reconsidérer ses propres valeurs.

Après avoir obtenu son diplôme en économie à l'UCLA en 1977, Raymond PETTIBON se consacre à l'art. Ses dessins font désormais partie des collections de grands musées internationaux tels que le MoMA (New York), le Centre Pompidou (Paris), la Tate (Royaume-Uni).

Deux expositions dérangeantes, je veux dire qui interrogent et qui sûrement déplairaient fortement à Trump.

Et ce n’est pas fini...


 

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