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Le blog de Bernard SARLANDIE

L’Afpa mise à genoux

17 Septembre 2026, 14:01pm

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 17 septembre 2026

Une thérapie de choc qui pourrait mettre l’Afpa à terre. Mardi, la direction a annoncé le projet de supprimer 867 postes et de fermer 30 sites (sur 142) de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) entre 2027 et 2029. Un uppercut pour les 5 700 salariés, inquiets pour la survie même de cet établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et devenu un pilier de la formation tout au long de la vie. « On savait qu’il y allait avoir des annonces, mais pas de quelle ampleur, explique Catherine RIBOT, représentante CGT des salariés au conseil d’administration.Nous avions déjà subi un “plan social” en 2018 avec 1 200 suppressions de postes, mais on ne s’attaque pas à la baisse des financements, à la concurrence accrue dans le secteur de la formation professionnelle…On dit qu’il faut tuer la bête, mais tout a été fait pour en arriver là ! »

Pour justifier cette décision, le directeur adjoint, Pierre PRADY, met en avant « les difficultés financières » de l’agence, dont le chiffre d’affaires a baissé de 25 % entre 2021 et 2025, et le nombre de stagiaires formés, de 39 %. Seules 100 000 personnes sont passées entre ses murs en 2025. Comme le dénonce le représentant des salariés CFE-CGC au conseil d’administration, André THOMAS : « Un projet pour l’avenir n’est pas un projet sans vision stratégique de l’État sur les besoins de la nation en matière de formation. » Si la baisse de la commande publique est effectivement avancée pour expliquer cette situation, avec notamment la perte du marché des CSP (contrats de sécurisation professionnelle – dispositif d’accompagnement des salariés ayant subi un plan social), la question de l’immobilier, 2 500 bâtiments à travers la France, souvent en mauvais état et qui absorbent 26 % du chiffre de son chiffre d’affaires, a aussi pesé lourd. « Depuis le passage sous le statut d’Epic en 2017, nous savions que nous n’aurions pas les moyens d’entretenir les bâtiments, poursuit Catherine RIBOT. Pendant des années, 40 millions d’euros de biens vendus sont restés bloqués sur un compte, ce qui aurait pu nous aider ! Et maintenant, l’État veut nous prêter 180 millions d’euros sur trois ans pour financer ce plan tout en se remboursant sur les futures cessions immobilières.C’est n’importe quoi ! »

Malgré la saignée dans les emplois, 400 postes seront créés pour opérer un développement commercial. Incompréhensible pour l’intersyndicale CGT, FO et SUD. « L’Afpa va accélérer son virage vers les entreprises et la formation des actifs alors que notre raison d’être a toujours été de nous occuper des personnes éloignées de l’emploi, déplore Hélène MAYANS, secrétaire générale de la CGT Afpa. Nous allons perdre nos missions sociales comme celles auprès des chômeurs. Personne ne va prendre le relais alors que le chômage augmente. Dans ce projet, les établissements conservés vont être concentrés sur les métropoles : les territoires vont être abandonnés. Un site va par exemple fermer dans les quartiers nord de Marseille, où le niveau de précarité est énorme. C’est inacceptable. »

Et ce n’est pas fini... 

 

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