Quarante rédactions dénoncent les « violences » subies par des journalistes au Congrès du RN
In Ouest France du 28 octobre 2026
Après le Congrès du Rassemblement national, organisé les 24 et 25 octobre 2026, 44 sociétés de journalistes (SDJ) ont joint leurs forces une tribune commune dans Le Monde. Tous s’insurgent contre les violences physiques et les expulsions subies par plusieurs reporters lors de l’événement, qui a eu lieu à Orléans.
Le communiqué commun détaille trois agressions survenues au cours du week-end, ciblant particulièrement les journalistes des rédactions de Mediapart et Politis. Le premier incident remonte au samedi, lorsqu’une équipe de Mediapart a été huée par les militants avant d’être exfiltrée de force par le service d’ordre du parti. « Sous les huées des militants et les cris “dehors Mediapart”, l’une a été ceinturée, portée de force dans un escalier et empêchée de filmer. Un autre a été saisi au col, à moitié étranglé, puis violemment repoussé. Deux d’entre eux ont été plaqués contre un mur une fois sortis de la salle ».
Une fois dehors, l’équipe de communication du RN a repris les choses en main, permettant à Mediapart de regagner la salle. « Des excuses leur ont été présentées », a indiqué sur X le fondateur du site d’investigation, Edwy PLENEL, pour qui « cette brutalité du service d’ordre du RN et les cris “Mediapart dehors” disent ce qu’est l’extrême droite ».
Le lendemain, un autre reporter de Médiapart filmait une action militante menée par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF). Pour l’exfiltrer, un agent de sécurité « l’a poussé dans un escalier » tandis qu’une militante présente dans le public l’invectivait, lui disant de « rentrer au bled ». « La sécurité de ses journalistes n’étant plus assurée, la direction de Mediapart a dû leur demander de quitter les lieux du congrès ».
Dans le même temps, un collaborateur du journal Politis a également été pris pour cible alors qu’il documentait les événements. Brutalisé par le public, son outil de travail a été délibérément projeté au sol. Pour avoir demandé au service de sécurité de récupérer son appareil, le reporter a été promptement « ceinturé et mis à la porte ».
Pas acceptable que des journalistes soient ainsi exfiltrés et malmenés »
« Marine Le Pen a fait de ce congrès la rampe de lancement de sa campagne présidentielle, dénonce la tribune. Il n’est pas acceptable que des journalistes soient ainsi exfiltrés et malmenés. Dans un État de droit, les partis politiques, tous bords confondus, doivent permettre à la presse, au service de tous les citoyens et citoyennes, d’accéder à leurs événements sans entraver son travail ni la brutaliser. »
Voici la liste complète des sociétés de journalistes et de rédacteurs signataires : Politis, Mediapart, Télérama, Le Monde, Radio France Internationale, Le Figaro, L’Express, France. TV Sport, Public Sénat, L’Humanité, Le Parisien-Aujourd’hui en France, l’Agence France-Presse, L’Informé, M6, LCP-AN, RMC, Franceinfo numérique, Libération, La Tribune-La Tribune Dimanche, France 3 rédaction nationale, TF1, BFMTV, Sept a Huit, Challenges, LCI, Radio France, Marianne, Premières Lignes Télévision, Arrêt sur images, La Vie, Pôle Outre-mer de France Télévisions, France 24, Bayard-Milan, Arte, Les Echos, Groupe Profession Santé, Les Dernières Nouvelles d’Alsace et L’Alsace, FranceTV Rédaction nationale, Lefebvre-Dalloz, Nouvel Obs, 20 Minutes, Epsiloon, Blast, RTL
Et ce n’est pas fini...