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Le blog de Bernard SARLANDIE

Après ?

13 Mai 2020, 11:19am

Publié par Bernardoc

Entendu ce matin sur le répondeur de France inter : « Ca y est, on est déconfinés, tout va bien dans les hôpitaux, plus personne n'applaudit » (en substance.

Eh bien oui, Madame : nous n'avons manqué aucune occasion de faire du bruit à 20 heures pendant tout le confinement, mais nous avons cessé dimanche soir. Bien sûr, tout ne va pas bien, on a vu le personnel de l'hôpital Robert Debré manifester bruyamment au sein de l'hôpital, car rien n'a changé. Ce n'est pas d'applaudissements ni de primes dont ils ont besoin, c'est d'une augmentation de leurs salaires ainsi que d'un recrutement massif de personnel afin de pouvoir bien traiter les patients.

Vous avez peut-être vu cette image qui circule sur FB : une soignante arrive à la caisse d'un supermarché, découvre que son porte-monnaie est vide et demande si la caissière accepte les applaudissements : on en est là.

On nous bassine à longueur de journaux de la suppression des « charges » sociales, qui sont des COTISATIONS destinées à financer la Sécu et donc nos hôpitaux : le gouvernement continue de raisonner à l'envers et nous conduit droit dans le mur.

Alors, quand les soignants vont descendre à nouveau dans la rue pour revendiquer les moyens pour un système de santé digne de la sixième puissance mondiale, c'est avec eux qu'il faudra être. N'oublions pas qu'ils seront à nouveau attaqués par les forces dites « de l'ordre », matraqués, injuriés, maltraités,...Et à ce moment-là nos applaudissements ne serviront à rien !

DEBOUT !

Et ce n'est pas fini...

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Appel pour une Police Républicaine au côté du peuple travailleur !

12 Mai 2020, 11:38am

Publié par Bernardoc

in ReSPUBLICA lundi 11 mai 2020

Il était temps ! Enfin une voix connue chez les fonctionnaires de police qui s’élève pour dénoncer l’utilisation de celle-ci et de la Gendarmerie nationale contre le mouvement social. Jean-Louis ARAJOL, ancien secrétaire général du Syndicat Général de la Police (SGP) et de la Fédération Autonome des  Syndicats de Police (FASP) s’exprime en son nom propre et aux noms de nombreux collègues qui « restent dans l’ombre » pour dire son refus de « continuer comme avant le confinement ! ». Avant, c’est-à-dire les 15 mois de « guerre sociale larvée », avec le mouvement des gilets jaunes puis celui pour la défense des retraites où les forces de sécurité sont souvent apparues aux yeux du peuple comme une sorte de « garde prétorienne », chargée de faire un dernier rempart pour défendre un régime, minoritaire dans l’opinion, imposant l’austérité et parfois la misère aux couches populaires.

Faudra-t-il demain, dans la crise économique et sociale qui s’annonce, réprimer infirmières, caissières de super-marchés, routiers ou éboueurs que tout le monde applaudit aujourd’hui, à grands coups de matraque, LBD ou grenade de désenclavement ? Jean Louis ARAJOL répond que cela ne doit pas advenir. Enfin une position courageuse, alors même que le syndicalisme policier se tait depuis plusieurs années, rompant avec la tradition de la Police Républicaine qui, de l’insurrection de la préfecture de police en 1944 à la dénonciation des tueries pendant la guerre d’Algérie, était pourtant une grande histoire démocratique.

Un appel à écouter… et surtout à diffuser !

Et ce n'est pas fini...

 

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Confinement / Dé -

11 Mai 2020, 12:09pm

Publié par Bernardoc

Ben voilà : huit semaines à trois. Ca s'est bien passé. On en a fait des choses !

Un grand ménage pour moi avec l'élimination de papiers encombrants et inutiles depuis un bon moment : une poubelle par semaine ! Une redécouverte de ma bibliothèque, rayon polars.

Rose a fait des dizaines de masques triple épaisseur de tissu qu'elle continue de distribuer.

Maeva a beaucoup progressé dans sa compréhension de ce qui arrivait.

Nous avons découvert la télé du début de semaine. Je ne comprends pas comment des gens éprouvent la nécessité de payer un abonnement à des plateformes de diffusion. Je n'ai jamais été abonné à Canal+, et 23 chaînes gratuites sur la TNT me suffisent largement. Nous n'avons mis un DVD qu'une seule fois. Ce que je regrette c'est qu'elles éprouvent quand même la nécessité de mettre plusieurs épisodes de la même série dans la même soirée. Je ne regarde toujours que la première, et ensuite je vais lire.

Nous avons découvert, avec beaucoup de tâtonnements, Skype pour l'apéro du vendredi soir, les réunions syndicales téléphoniques ou visio (pas terrible). Demain soir j'ai une autre visio, j'espère que ça marchera mieux.

Nous avons mis des masques très tôt, avant même que Sibeth ait compris comment il fallait les mettre car c'était réservé aux professionnels.

Nous avons beaucoup fait marcher les commerces de proximité, mais j'avais déjà commencé lorsque Rose était immobilisée après l'accident du Burdigala.

Nous avions notre séance quotidienne « jeux de société » avec Maeva.

Nous avons manifesté sur notre terrasse le 1er mai au son de L'Internationale et du Drapeau rouge.

Le 8 mai nous avons diffusé Le chant des partisans.

Nous avons lu et chanté pour nos petits enfants via « What's app ».

Et aujourd'hui, autre dimension.

Maeva aurait dû rentrer à son foyer avant 10h30 ce matin, mais contre ordre le 8 mai : un membre du personnel est positif, donc tous les retours sont repoussés à une date ultérieure ; grosse crise chez Maeva, mais avec l'aide téléphonique du foyer, elle ne dura pas plus d'une demi-journée.

Aujourd'hui, je voulais aller faire un peu plus que mes 4 km de vélo pour les courses, eh bien, vu le temps, ça attendra. J'ai donc pris la voiture pour aller récupérer une commande associative datant de plus de deux mois, mais il n'y en avait que la moitié.

Guilhem doit venir cet après-midi, j'espère que sa sœur ne le rendra pas responsable de la probable annulation de sa colo.

Nous avions prévu d'aller au mobile-home dès mercredi mais avec ce temps-là, nous allons vraisemblablement procrastiner.

Bon, on reste prudent et « encore heureux qu'on va vers l'été » !

Et ce n'est pas fini...

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Coule la Seine.

10 Mai 2020, 12:11pm

Publié par Bernardoc

Et pourtant on n'y parle pas du pont Mirabeau. En fait il s'agit d'un recueil de trois nouvelles de Fred VARGAS, déjà publiées entre 1997 et 2000 dans différents médias. Bien entendu toutes les trois mettent en scène le commissaire Jean-Baptiste ADAMSBERG, à l'attitude et aux méthodes non conformistes. A chaque fois il va « inventer » un meurtre alors que rien à priori ne le laissait supposer.

« Salut et Liberté » met en scène un curieux personnage qui vient camper sur un banc avec des accessoires chaque jour en face du commissariat.

« La nuit des brutes », le croirez-vous ? C'est la nuit de Noël et le commissaire est de permanence. C'est dans cette nouvelle qu'il est question de ponts.

Enfin, « Cinq francs pièce » (eh oui, le livre est daté !) relate la rencontre avec un SDF témoin d'une tentative de meurtre et qui s'échine à vendre des éponges.

La nouvelle est un genre littéraire qui demande une grande habileté pour construire en quelques pages une intrigue qui s'achève sur une chute après avoir bien campé des personnages originaux dont on se souviendra (je ne parle pas d'Adamsberg, bien sûr). Et cela permet d'abandonner un livre sans frustration même si on ne le lit pas en entier.

Et ce n'est pas fini...

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Réécriture.

9 Mai 2020, 11:33am

Publié par Bernardoc

Encore une fois, au moins, sur la radio nationale hier, on a parlé de « l'armistice du 8 mai 1945 ». J'avais protesté l'an dernier mais visiblement cela n'avait servi à rien. Donc je continuerai à pousser mon coup de gueule chaque année, comme je le fais chaque mois de novembre pour réclamer la réhabilitation des fusillés pour l'exemple, afin que l'on parle de la VICTOIRE de 1945.

Pour mémoire, rappelons que l'armistice de la seconde guerre mondiale a été signé le 22 juin 1940 à Rethondes (comme en 1918) par Pétain (celui que le méprisant de la République considère comme un grand soldat), en présence d'Hitler. A ma connaissance personne n'a jamais commémoré cet armistice.

Alors, est-ce volontaire ou bien est-ce une méconnaissance grave de l'Histoire ? Parce que si cela se répète, les gens vont finir par y croire. Déjà, dans ma commune – de gauche -, nous avons été invités, au moins une fois, à commémorer l'armistice du 8 mai.

L'animateur radio a utilisé ce terme en début d'émission. J'ai immédiatement réagi en lui demandant de rectifier ; il aurait largement eu le temps en 40 minutes. Mais rien...Certains doivent penser que s'excuser en reconnaissant ses erreurs c'est s'abaisser, alors que c'est se grandir. Du coup j'ai écrit au service « relations auditeurs », on verra bien si je reçois une réponse. Mais, on lâche rien !

Et ce n'est pas fini...

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Liberté

8 Mai 2020, 10:49am

Publié par Bernardoc

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul ELUARD

Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand (1945, Les Editions de Minuit)

Et ce n'est pas fini...

 

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De la liberté de parole.

7 Mai 2020, 15:06pm

Publié par Bernardoc

Une députée marcheuse vient d'être exclue de son mouvement pour avoir exercé son rôle de contrôleuse de l'exécutif et avoir voté contre un projet gouvernemental. J'entends des voix « de gauche » crier au déni de démocratie. Mais seraient-ils des perdreaux du printemps ? Cela se passe partout.

Je vous rafraîchis un peu la mémoire. Le calamiteux quinquennat précédent a fait perdre au parti, monopoliste au début, tous les leviers du pouvoir et a ouvert l'autoroute au duel Macron/La Pen du second tour. Il y avait au sein de la majorité certains qui se disaient frondeurs. Ont-ils osé signer une quelconque motion de censure au moment des 49.3 pour renverser le gouvernement réactionnaire du sinistre Valls ? Que nenni ! Il y avait des investitures à venir, et il ne fallait surtout pas faire entendre une voix différente.

Mais c'est valable à toutes les échelles. J'ai eu milité dans un parti où certaines voix discordantes se faisaient entendre dans le département : d'abord mise sous tutelle, puis exclusions.

Lorsque, modeste conseiller municipal, j'ai voulu tenter de sortir du placard où j'étais confiné (déjà!) pour plaider les idées auxquelles je croyais et pour lesquelles, bien innocemment, je pensais avoir été choisi, j'ai eu droit à une magnifique remontée de bretelles par le tribunal politique local.

Alors oui, quand une députée abandonne ses godillots et ne vote pas comme la majorité qui l'a fait élire, je ne vois pas, dans l'état actuel de notre démocratie, comment on pourrait être choqué de son exclusion de cette majorité. Hélas ??

Et ce n'est pas fini...

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Derniers retranchements.

6 Mai 2020, 12:11pm

Publié par Bernardoc

Ce n'est pas un roman, mais un recueil de nouvelles d'Hervé Le Corre, publié en 2011 aux éditions Payot, dans la collection « Rivages/Noir ».

Pour ceux qui connaissent les autres écrits de cet auteur, vous trouverez beaucoup moins d'hémoglobine dans ces dix nouvelles. La plupart sont des chroniques sociales qui rappellent bien que Le Corre a été au moins un soutien, sinon un militant, du Front de Gauche.

J'avais commencé par une série de polars régionaux, là il s'agit surtout de l'auteur, (ancien?) prof de lettres dans un collège bordelais plutôt que des lieux, même si l'on évolue en Gironde, et jusqu'au commissariat central de Bordeaux.

Il y a aussi De l'autre côté du trottoir, escapade à Los Angeles, pour un hommage à Chandler, qui frise le fantastique un peu morbide.

Mais les deux nouvelles que j'ai préférées sont Dernier jour et L'arrestation qui vient. Ce sont aussi les plus longues du recueil et ce sont deux magnifiques histoires d'amour, la première entre un vieux couple retiré dans les Pyrénées, l'autre entre deux paumés qui s'étaient reconstruits autour de leur fille et qui est centrée autour d'une usine qui va fermer et la lutte syndicale pour refuser cette fermeture.

Un bon bouquin pour découvrir cet auteur au style ciselé qui parfois me faisait penser à Maupassant pour la précision des descriptions des paysages ou des sentiments.

Et ce n'est pas fini...

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Bonne nouvelle (pour le jour d'après?)

5 Mai 2020, 11:29am

Publié par Bernardoc

Tiré du net.

Depuis le début du confinement, les abeilles produisent énormément plus de miel qu’en temps normal. Cela sonne comme une renaissance pour les apiculteurs.

La nature ressent indéniablement les bienfaits du confinement des humains. Des animaux sauvages ont été aperçus dans les villes. Et dorénavant, les abeilles font un retour en force sur le sol français.

Un apiculteur alsacien, Pierre STEPHAN, a eu cette agréable découverte ce printemps. Il a été interrogé par la chaîne France 3 Grand Est. Dans cette interview, il raconte que son début de saison est incroyable. Il constate : « En l’espace de trois jours, j’ai eu des rentrées de nectar exceptionnelles. Autour de quatre kilos par jour… Je n’ai jamais vu ça, en 20 ans de métier. »

En effet, sans les touristes, agriculteurs, bûcherons et promeneurs, les abeilles ont pu s’adonner à leurs activités et cela se passe pour le mieux.

Pour cet apiculteur, cette année donne un relent d’espoir à son activité. Il confie : « L’an dernier, j’étais découragé au point où je pensais m’arrêter. Cette année, c’est comme une renaissance, il y a des fleurs partout et c’est calme comme jamais. »

En temps normal, cet apiculteur produit jusqu’à six tonnes de miel par an. Pourtant cette année, l’apiculteur pourrait bien récolter bien plus. Toutefois, Pierre STEPHAN ne leur prélèvera pas plus de nectar à ses abeilles. 

Il explique son choix : « Je leur laisse toujours toute la couronne de miel autour de la reine et du couvain. Elle n’a jamais été aussi pleine, mais c’est leur réserve, pour qu’elles aient tout ce dont elles ont besoin. Ça les rend plus résistantes en période de sécheresse ou de grand froid. »

Et ce n'est pas fini...

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Lettre ouverte à Emmanuel Macron

4 Mai 2020, 10:59am

Publié par Bernardoc

Le 30 avril 2020,

Monsieur le Président de la République,

Nous – États Généraux des Migrations, associations, syndicats et collectifs (317 au total) – vous demandons de procéder à la régularisation immédiate, pérenne et inconditionnelle des personnes sans-papiers.

La pandémie à laquelle nous faisons face aujourd’hui révèle au grand jour les inégalités sociales, économiques et sanitaires qui minent notre société. Dans cette période, la situation des personnes sans papiers est des plus inquiétantes. L’absence de titre de séjour les privant de l’accès aux droits sociaux fondamentaux tels que le droit au travail, au logement, aux prestations sociales, l’état d’urgence sanitaire démultiplie leur précarité. Durant le confinement, l’absence de droit à l’assurance chômage, alors que la plupart travaillent, le risque d’être contrôlé·es, placé·es en rétention – car les centres de rétention administrative ne sont pas tous fermés et sont des lieux autant propices à la propagation du Covid-19 que les prisons – et, l’absence de logement à leur nom font des personnes sans papiers des victimes potentielles de l’épidémie davantage que le reste de la population.

Si leur sort a pu réapparaître dans le débat public aujourd’hui, c’est uniquement en termes de santé publique, et les quelques solutions apportées ici ou là pour permettre à certain·es d’obtenir un lieu d’hébergement plus conforme aux exigences sanitaires ne sont qu’un pis-aller, au demeurant très provisoire. La situation de ces personnes auxquelles l’État refuse d’accorder le droit au séjour est le résultat de politiques migratoires toujours plus restrictives et déshumanisantes, d’un choix du non-accueil, du primat de la logique utilitariste sur celle de l’égalité et de la dignité humaine.

Cette situation va perdurer une fois la crise sanitaire passée. Les personnes sans papiers continueront d’être maintenues dans une situation de non droit qui les rend vulnérables à l’exploitation et aux abus de toutes sortes, en sus de la menace du contrôle, du risque de placement en centre de rétention et d’expulsion. Leur traitement comme main d’œuvre flexible et à bas prix contribue depuis de nombreuses années à la dégradation des droits du travail de toutes et tous.

Parce que l’accès à la dignité et aux droits fondamentaux ne peut ni être affaire de circonstances, ni servir des intérêts économiques, mais doit constituer au contraire une exigence non négociable d’égalité, nous vous demandons de régulariser immédiatement, de façon pérenne et inconditionnelle toutes les personnes sans papiers, étape nécessaire du changement radical des politiques migratoires que nous revendiquons toutes et tous depuis de nombreuses années.

Et ce n'est pas fini...

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