De la liberté de parole.
Une députée marcheuse vient d'être exclue de son mouvement pour avoir exercé son rôle de contrôleuse de l'exécutif et avoir voté contre un projet gouvernemental. J'entends des voix « de gauche » crier au déni de démocratie. Mais seraient-ils des perdreaux du printemps ? Cela se passe partout.
Je vous rafraîchis un peu la mémoire. Le calamiteux quinquennat précédent a fait perdre au parti, monopoliste au début, tous les leviers du pouvoir et a ouvert l'autoroute au duel Macron/La Pen du second tour. Il y avait au sein de la majorité certains qui se disaient frondeurs. Ont-ils osé signer une quelconque motion de censure au moment des 49.3 pour renverser le gouvernement réactionnaire du sinistre Valls ? Que nenni ! Il y avait des investitures à venir, et il ne fallait surtout pas faire entendre une voix différente.
Mais c'est valable à toutes les échelles. J'ai eu milité dans un parti où certaines voix discordantes se faisaient entendre dans le département : d'abord mise sous tutelle, puis exclusions.
Lorsque, modeste conseiller municipal, j'ai voulu tenter de sortir du placard où j'étais confiné (déjà!) pour plaider les idées auxquelles je croyais et pour lesquelles, bien innocemment, je pensais avoir été choisi, j'ai eu droit à une magnifique remontée de bretelles par le tribunal politique local.
Alors oui, quand une députée abandonne ses godillots et ne vote pas comme la majorité qui l'a fait élire, je ne vois pas, dans l'état actuel de notre démocratie, comment on pourrait être choqué de son exclusion de cette majorité. Hélas ??
Et ce n'est pas fini...