L'homme aux lèvres de saphir
C’est un des derniers polars écrit par Hervé LE CORRE, un auteur bordelais que j’avais découvert en 1996, alors qu’il publiait dans la Série noire un livre intitulé Les effarés (livre devenu « collector » maintenant) et qui avait pour cadre les derniers moments de « la cité lumineuse », une immense barre amiantée qui se trouvait au quartier Bacalan, au pied du pont d’Aquitaine. Hémoglobine à gogo dans ce roman, au point d’avoir choqué un ancien habitant de la cité à qui je l’avais prêté. Je l’avais apporté au printemps dernier lorsqu’Hervé LE CORRE était venu présenter ses dernières œuvres à la médiathèque du Haillan, et je l’avais fait dédicacer.
Mais je fus attiré par la présentation de L’homme aux lèvres de saphir, un polar qui se déroulait à Paris, au XIX° siècle, et où je pensais retrouver un peu de l’atmosphère de Zola. C’est d’ailleurs ce que disait la dédicace : « …ce Paris d’antan entre Zola et Lautréamont, entre espérances d’aubes neuves et terreurs de nuits noires… ».
Et c’est vrai que, dans ce livre de 500 pages, les descriptions des épisodes de vies ouvrières, amoureuses, policières,…dans les années 1860, vont côtoyer les peintures des crimes les plus sauvages, les plus barbares qui soient dans notre capitale napoléonienne. Ce livre est un témoignage de la solidarité qui existait entre les gens du peuple, et qui vont se trouver, malgré eux, entraînés et devenir acteurs dans des affaires criminelles sanglantes que seul le hasard leur a fait rencontrer.
Comme dans le précédent roman, l’hémoglobine est libérée, au début par des armes blanches, jusqu’à ce que les protagonistes mettent la main sur des armes à feu, encore rares à cette époque-là chez les truands. Le suspense est mené de main de maître, et à chaque instant on se prend à espérer qu’Untel ou un autre vont en réchapper. Ce ne sera pas le cas de la majorité d’entre eux, mais la fin me fait penser à ces films de Charlot où le héros disparaît dans un rond de lumière qui devient de plus en plus petit jusqu’à disparaître.
Maintenant, il me reste à lire Les chants de Maldoror, ce que je n’ai pas encore fait, alors que le livre faisait partie des lectures conseillées dès la 1ère par mon prof. de français.
Les effarés : série noire n° 2439.
L’homme aux lèvres de saphir : Rivages/noir n° 531 9€
Et ce n’est pas fini…