"Quoi de neuf ? Molière !"
C’est du Guitry, bien sûr, mais hier soir, au Pin Galant, c’était du Morel. La salle était comble, peuplée de jeunes de 8 à 88 ans. Il y avait des ados, qui étaient venus conseillés pars leurs profs, des grands parents qui accompagnaient leurs petits-enfants, et des couples de tous âges attirés à la fois par notre grand classique et par l’interprète du Bourgeois gentilhomme, car c’est de cette pièce qu’il s’agissait.
Sans attendre que la salle soit éteinte, des acteurs (ils étaient 21) commencent à occuper la scène, déclenchant déjà les premiers rires. Puis arrive l’orchestre (un clavecin, deux violons, une basse de gambe et une mandoline), car, ne l’oublions pas, il s’agit d’une comédie ballet. Les costumes ressemblent à ceux de l’époque, mais pas les intermèdes dansés, résolument modernes, où se mêlent hip-hop et capoeira. Un des premiers se termine par une véritable représentation picturale en fond de scène qui a déclenché les applaudissements.
François MOREL habite Monsieur JOURDAIN, et il n’hésite pas à en faire des tonnes, frisant quelquefois le grand guignol, pour mettre le public dans sa poche, et il y arrive très bien. Mais il n’est pas le seul : la bagarre entre le maître de philosophie et ceux de musique, danse et armes, bien que cachée, est absolument remarquable et entraîne aussi force éclats de rire.
Nicole, la servante, habillée en Bécassine, s’en donne également à cœur joie en découvrant le ridicule habit de « gentilhomme » de son maître. C’est elle qui est la plus extravagante dans ses réactions, mais après-tout, c’est bien là le rôle de la servante.
Après l’entracte, car je ne vais pas vous faire l’injure de raconter la pièce, c’est le fameux épisode du grand Turc, et là aussi c’est un ballet très moderne qui entoure un Monsieur JOURDAIN en tenue d’Adam, avant qu’il ne soit habillé en Mamamouchi. Et la fin est complètement délirante, avec notre héros en lévitation qui se met à flotter au-dessus des nuages en pleine béatitude.
Un excellent spectacle pour une excellente soirée, mais hélas, à plus de 40 € la place, on ne peut pas parler de culture populaire, et c’est bien dommage.
Et ce n’est pas fini…