Ouaga blessée.
Après le Niger et le Mali, AQMI fait la démonstration de sa volonté sanguinaire et même mortifère au pays des hommes intègres, le Burkina Faso. C’est un pays que j’ai eu l’occasion de visiter plusieurs fois dans ma jeunesse et il y a cinq ans (mais là, j’étais vieux !). C’est un pays qui dispose d’une presse libre et dont le peuple a montré plusieurs fois sa capacité à faire appliquer la démocratie. C’est un pays dans lequel nous parrainons un jeune garçon en lui donnant la possibilité d’aller à l’école. C’est un pays qui accueille favorablement les associations qui viennent un peu compenser les manques créés par le manque de finances (c’est un des cinq pays les plus pauvres du monde), et sur Le Haillan, il n’y a pas moins de trois associations qui œuvrent en ce sens. Et nous sommes adhérents des trois.
Un gros problème est l’eau, présente mais en sous-sol ; il faut donc creuser des puits qui permettent de relancer l’agriculture vivrière. Lorsqu’on quitte Ouagadougou par la route, on traverse une savane arborée et tout un secteur de maraîchage qui doit absolument être maintenu.
Un autre problème est la santé ; et pourtant l’hygiène est ancrée dans les habitudes : je ne connais pas d’autre pays où un serveur vous apporte à table une bassine pour que vous puissiez vous laver les mains. Et donc, imaginez ces pauvres infirmières qui font un boulot fantastique malgré la pénurie de produits, et qui doivent se résoudre à vacciner sans désinfecter la peau avant.
Enfin, c’est un pays où se mêlent animistes, chrétiens et musulmans et où les mariages inter-religieux s’affichent fièrement dans les journaux : Mustapha épouse Marie, Fatou épouse Jean-Pierre,…
C’est donc un pays qui fait peur aux obscurantistes moyenâgeux et qui a besoin de tout notre soutien.
Et ce n’est pas fini…