Soutien à nos facteurs.
Aujourd'hui, nous n'aurons peut-être pas de courrier, mais je n'irai pas déposer une réclamation, comme je le fais habituellement. D'ailleurs ces réclamations ne provoquent plus aucune réaction de la part des petits chefs : j'ai sûrement dû être placé sur une liste noire, d'autant que j'utilise les mots d'« usager » et de « service public », termes qui ne font plus partie du vocabulaire postal depuis bien longtemps.
Pourquoi la grève ? Essentiellement pour les conditions de travail qui ne font qu'empirer avec la poste qui poursuit le credo sarkozyen de ne remplacer que la moitié des départs en retraite. L'épuisement professionnel gagne de plus en plus d'agents, si bien que lorsqu'ils craquent ils ne sont même pas remplacés faute de personnel suppléant en nombre suffisant.
Mais c'est aussi le cas dans les centres de tri, sinon comment expliquer que les journaux et revues ne soient pas distribués le jour où ils devraient l'être?
Il y a aussi la volonté d'éloigner les points d'accueil de la population : en Gironde, ce ne sont pas moins de 60 bureaux dont la fermeture est programmée. Et cela a déjà commencé le 1er octobre. Mais ce n'est pas nouveau : lorsqu'en 2006 j'ai voulu ouvrir une boîte postale pour le collège que je dirigeais, je fus avertis qu'il n'y aurait plus de BP au Haillan à partir d'avril suivant. Donc, ce projet fut abandonné : il n'existait pas de moyen d'aller à quatre ou six kilomètres pour chercher le courrier.
Maintenant, La poste propose aux facteurs de remplir un rôle de lien social, moyennant rémunération. Ceci existait avant mais nuisait à la rentabilité. Quand je pense que notre constitution dès son article 1er indique que nous sommes une République sociale : quelle régression !
Et après les facteurs, qui ?
Et ce n'est pas fini...