"Frapper un député symbolise la dérive autoritaire actuelle".
Depuis plusieurs mois j'avais honte de ce qu'il se passait au sommet de l'Etat. Tous ces dirigeants émergeant du précédent quinquennat hollando-vallsiste s'appliquaient à poursuivre et amplifier la destruction de notre République sociale déjà entamée sous Sarkozy, qui d'ailleurs reconnaît en Macron son digne successeur.
Dans le premier gouvernement, certains ministres ont été contraints de démissionner. Etait-ce le signe d'une justice équitable ? Non, malheureusement, cela n'a pas duré, certains ont été reclassés en attendant que la justice statue (d'ci trois ans?).
Puis il y a eu le scandale du bagagiste élyséen qui bafoue les juges et utilise à fond la protection présidentielle, méprisant le Sénat qui n'est pas complètement à sa botte comme l'Assemblée.
Le ras-le-bol a initié le mouvement des gilets jaunes qui a permis aux flics d'avoir une substantielle augmentation (qui sera bien utile pour payer l'augmentation du carburant et des produits alimentaires). Sûrement une récompense pour la vingtaine d'éborgnés, la douzaine d'amputés, la vieille dame morte après avoir reçu une grenade dans son appartement...
Mais une étape supplémentaire vient d'être franchie : le pouvoir s'en prend à un représentant de l'opposition, démocratiquement élu et aussi représentatif dans son département que le président dans l'hexagone. Et si un député est matraqué, c'est que les flics en avaient reçu l'ordre, sans doute venu de très haut. Il est clair qu'il fallait faire un exemple.
Mais alors maintenant, je n'ai plus honte, mais j'ai peur. Vous vous souvenez de Z, le film de Costa Gavras décrivant la Grèce juste avant la dictature ? J'ai l'impression que nous en sommes là, au pays des Droits de l'Homme.
Alors, j'ai peur, oui, mais je ne me tairais pas. Et encore une fois le seul moyen de résister c'est de retrouver une union de gauche combattive et progressiste.
Et ce n'est pas fini...