Régression.
Lorsque j'ai commencé ma carrière vers la fin du deuxième millénaire (sous Giscard), il m'est arrivé de m'inscrire pendant les vacances à des stages de formation que j'avais choisis et que je payais avec mes propres deniers. C'était encore assez proche de la remarquable formation que j'avais reçue à l'Ecole Normale (Nationale d'Apprentissage) et c'était l'occasion de rencontrer des collègues d'autres ordres d'enseignement, voire d'autres disciplines.
Puis vint le 10 mai '81 et la formation continue fut reconnue, et possible sur le temps de travail. Il y eut notamment la possibilité de faire des stages d'équipe, formidable moyen de souder des équipes et de progresser ensemble.
Lorsque je devins personnel de direction, il m'est arrivé de m'inscrire à des universités d'été ou d'automne sur des thèmes qui m'attiraient, mais c'était sur la base du volontariat...et en fonction de ce que j'avais prévu pour les vacances.
Et que nous impose-t-on trente-huit ans plus tard ? Des stages obligatoires pendant les vacances ! Belle vie de famille que nous promet ce ministre ! Il ne me paraîtrait pas surprenant que dans les semaines qui suivront la rentrée le nombre d'arrêts maladie progresse, les enseignants ayant besoin de récupérer le repos dont ils ont été privés, ce qui les avait obligés à faire une rentrée pas dans les meilleures conditions.
Un prof en vacances au fin fond du Vietnam, du Ghana ou du Pérou sera-t-il sanctionné par un retrait sur salaire parce qu'il n'aura pas été en capacité de participer à un stage ? Vu l'attitude de ce gouvernement de droite extrême oeuvrant pour les riches, cela ne serait pas étonnant.
Et ce n'est pas fini...