Hôpital en détresse.
Très belle intervention ce matin sur France-inter d'une infirmière et d'un chef de service de deux hôpitaux de l'APHP.
Ils ont su dire en mots simples et sans colère la dégradation de leurs conditions de travail au moins depuis quatre ans (le temps de travail à St Louis de l'infirmière). D'aucuns penseront « ces fonctionnaires, tous des fainéants, toujours en train de se plaindre ». Et oui, tous deux appartiennent à la fonction publique hospitalière qui, à l'opposé des cliniques privées, ne vise pas le profit de quelques actionnaires (souvent les toubibs d'ailleurs) mais le bien public. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles ce gouvernement de la droite extrême veut le détruire : vous pensez, des fonctionnaires, cela représente des dépenses dans le budget de la nation !
Il me semble que c'est un chroniqueur économique de droite, Jean-Marc SYLVESTRE, qui avait écrit un bouquin à la gloire de l'hôpital public qui lui avait sauvé la vie, sans qu'il ne dépense un centime...grâce à la Sécu, cette création du CNR mise en place par le ministre Ambroise CROIZAT avec l'engagement sans faille des militants de la CGT.
Mais voilà, le mot d'ordre depuis Sarkozy est « réduire les dépenses de santé » et « réduire le nombre de fonctionnaires ». Et cela aboutit à l'épuisement des travailleurs de santé et donc à la maltraitance des patients. La désertification médicale, une des conséquences du numérus clausus et de la médecine à deux vitesses (secteur 1 et secteur 2) oblige de plus en plus de malades à se rendre directement aux urgences qui n'en peuvent plus avec leurs effectifs de plus en plus réduits. La solution n'est pas dans les primes ou l'emploi d'intérimaires, mais dans le recrutement d'un nombre suffisant de fonctionnaires.
C'est pour cela que ces personnels seront dans la rue demain. Combien d'éborgnés ou de mutilés au cours de la manif ? On tape bien sur les pompiers, pourquoi pas sur les soignants ?
Et ce n'est pas fini...