Je ne suis pas américain.
Depuis quelques jours les manifestations anti-racistes et pour les droits de l'Homme se multiplient un peu partout dans le monde, et notamment en France où elles sont censées être interdites. Et c'est très bien que le peuple prenne le droit de ne plus rester bâillonné.
Mais il y a une chose qui me dérange profondément : c'est la mise à genoux volontaire dans un geste qui est une réplique du supplice meurtrier effectué par le flic fasciste blanc. Mais ce n'est pas ainsi qu'il faudrait l'interpréter. Si l'on en croit Le Monde : Se mettre à genoux aujourd’hui rappelle les prières publiques des manifestants pacifiques pour les droits civiques. Martin Luther King fit ce geste en mars 1965 à Selma (Alabama), lors d’une des marches pour le droit de vote des Afro-Américains, juste avant d’être arrêté par la police. « Il prie alors avec quelques-uns de ses camarades, genou au sol. Ce geste de prière a été rapidement interprété comme le symbole de la non-violence. Il s’agissait pour le pasteur Martin Luther King de prendre à témoin les Blancs de sa soumission en tant que Noir ».
Nous sommes en France et il me semble que, au moins depuis la Révolution, nous n'avons pas été éduqués, dans notre République laïque, dans une optique de soumission, fut-elle symbolique.
La mise à genoux se veut un geste d'humiliation, comme l'ont montré les CRS en faisant agenouiller, mains sur la tête, des dizaines de lycéens protestataires. On a tous aussi en mémoire ces photos (heureusement pas de films !) de Daesh ou d'Arabie saoudite de condamnés à genoux avant d'être décapités au sabre.
Alors je dis NON, NON, NON ! Ne donnons pas aux dirigeants, quels qu'ils soient, l'impression que nous sommes prêts à accepter un quelconque châtiment. De plus, le 26 février 2008, j'ai pris l'engagement, devant une centaine de témoins, de ne plus mettre un genou en terre, et je n'ai pas envie de me renier.
Rappelons encore une fois le premier couplet de ce beau chant d'espoir qu'est L'Internationale :
Debout, les damnés de la terre
Debout, les forçats de la faim
La raison tonne en son cratère,
C'est l'éruption de la faim.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout, debout
Le monde va changer de base,
Nous ne sommes rien, soyons tout.
Et ce n'est pas fini...