Comme un air de déjà vu...
in Le monde du 16 avril 2023
En Israël, la mobilisation contre la réforme judiciaire entame sa quinzième semaine
Depuis le début de l’année, des dizaines de milliers d’Israéliens se réunissent toutes les semaines pour dénoncer le texte et conspuer le gouvernement formé en décembre par Benyamin Nétanyahou.
Ils ont été des milliers, une nouvelle fois, à descendre dans les rues de Tel-Aviv, samedi 15 avril dans la soirée, pour protester contre la réforme de la justice voulue par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, que les manifestants considèrent comme attentatoire à la démocratie.
« Sauvons la démocratie », pouvait-on lire sur des pancartes au milieu d’une marée de drapeaux israéliens tandis que certains manifestants ont allumé des feux de bengale et des fumigènes, ont constaté les journalistes de l’Agence France-Presse.
D’autres manifestations plus modestes ont eu lieu dans d’autres villes israéliennes, à Haïfa (nord) et Jérusalem notamment, ainsi qu’à Modiin dans le centre d’Israël, devant la maison du ministre de la justice Yariv Levin.
Depuis l’annonce du projet de réforme début janvier, des dizaines de milliers d’Israéliens se réunissent toutes les semaines pour dénoncer le texte et conspuer le gouvernement formé en décembre par Benyamin Nétanyahou, l’un des plus à droite qu’ait connu Israël. Celui-ci a annoncé le 27 mars une « pause » pour donner une « chance […] au dialogue », après une intensification de la contestation, un début de grève générale et l’apparition de tensions au sein de la majorité, mais la mobilisation contre la réforme reste forte.
Pour le gouvernement, le texte vise entre autres à rééquilibrer les pouvoirs en diminuant les prérogatives de la Cour suprême, que l’exécutif juge politisée, au profit du Parlement. Les détracteurs de la réforme estiment au contraire qu’elle risque d’ouvrir la voie à une dérive autoritaire.
Cette nouvelle manifestation survient alors que l’agence d’évaluation financière américaine Moody’s a annoncé vendredi abaisser la perspective de crédit d’Israël de « positive » à « stable ». Ce changement de perspective reflète selon l’agence « une détérioration de la gouvernance d’Israël, comme l’illustrent les événements récents autour de la proposition du gouvernement pour reformer le système judiciaire du pays ».« Alors que les manifestations de masse ont conduit le gouvernement à suspendre la législation et à rechercher le dialogue avec l’opposition, la manière dont le gouvernement a tenté de mettre en œuvre une réforme de grande envergure sans rechercher un large consensus indique un affaiblissement de la force institutionnelle », ajoute-t-elle.
Et ce n'est pas fini...