Quand même, une bonne nouvelle !
« Chaque semaine est meilleure que la précédente. » Cyrille Lama, secrétaire confédéral de Force ouvrière, s’enthousiasme face au rythme des demandes d’adhésion qui affluent sur le site internet de son syndicat. « En seulement trois mois, nous avons déjà enregistré l’équivalent de la moitié des adhésions de toute l’année 2022 ! »
Le rejet de la réforme des retraites, dopé par l’exposition médiatique des grandes centrales, joue son rôle de catalyseur : le conflit a donné naissance à un printemps syndical, qui voit fleurir les nouvelles cartes d’adhérent. Côté CGT, la nouvelle numéro 1 Sophie Binet revendique « plus de 30 000 nouvelles adhésions » depuis le 1er janvier. Du jamais-vu, même en remontant au conflit des retraites de 2010.
La dynamique est similaire côté CFDT. La centrale de Laurent Berger comptabilise 31 677 nouvelles adhésions, en hausse de 40 %. « Parmi ces nouveaux adhérents, 20 % ont moins de 30 ans », salue Lydie Nicol, secrétaire nationale de la CFDT.
« Quelque chose se passe », confirme Antoine Lelarge, secrétaire de la CFDT pour le Maine-et-Loire, forte de 333 nouvelles adhésions. En Loire-Atlantique, la CGT dénombre plus de 500 adhésions. « Au niveau de la Normandie, nous en sommes à 1 100 ralliements », indique Jonathan Jarrige, pour la CFDT. Dans la Manche, la CGT a enregistré 128 adhésions, dont 23 à l’arsenal de Cherbourg et 25 à la centrale nucléaire de Flamanville.
Les syndicats ont vu arriver des profils qui se syndiquaient rarement, comme des femmes de ménage, des salariés de TPE ou encore des chômeurs.
Le conflit des retraites n’est pas leur seule motivation. Une dynamique était enclenchée depuis septembre, portée par les revendications salariales. La CGT dit aussi bénéficier d’un « effet Binet », depuis la désignation, fin mars, de sa nouvelle numéro 1.
Pour Cyrille Lama, « les salariés considèrent que nous avons un vrai rôle à jouer pour porter leurs revendications ». L’avenir dira si cela permet d’enrayer le recul structurel de la syndicalisation. Un déclin que Laurent Escure, dirigeant de l’Unsa, veut relativiser : « On atteint entre 2 millions et 2,5 millions de personnes pour l’ensemble des organisations syndicales, ce qui fait beaucoup plus que le nombre d’adhérents dans les partis politiques. »
Et ce n'est pas fini...