On ne va pas les plaindre.
Je ne parle pas des agriculteurs mais des pauvres « exilés volontaires temporaires » en Belgique : les toubibs. Pauvres ? Déjà pour se priver d’une semaine de revenus pour aller à Bruxelles, et sûrement pas dans les Auberges de jeunesse ou en mobile-home, il faut avoir les moyens ; ce n’est pas à la portée de n’importe quel Français moyen. Mais ça ne leur suffit pas : il leur faut toujours plus !
Mis en place quelques mois avant l’élection de Mitterrand, le secteur 2 et ses dépassements d’honoraires (un racket légal donc) aurait dû être abrogé dès l’élection du président symbolisant l’alternance. Maintenant cela sera plus difficile, même avec un gouvernement – peu probable – de rupture.
Et je suis fatigué d’être toujours obligé de marchander face à ces rapaces, alors que grâce au CNR, à Ambroise CROIZAT et à la CGT nous bénéficions d’une sécurité sociale que les vautours des assurances aimeraient bien voir disparaître.
Il paraît que les médecins prêtent toujours le serment d’Hippocrate qui stipule, je crois, que chacun a le droit de recevoir des soins quelle que soit sa situation. Et pourtant...Un handicapé touche une allocation d’environ 800 € par mois et certains vont proposer 200 € de dépassement (un quart des revenus) : un véritable abus de faiblesse.
La municipalité sortante se félicite d’avoir facilité l’implantation d’urgences privées (mais pas la nuit ni le dimanche, faut pas exagérer ! ) qui pratiquent les dépassements d’honoraires, ce qui ne signifie pas qu’ils sont meilleurs que le service public : ils n’avaient même pas été capables de me diagnostiquer la coqueluche. Et en plus ils sont en cheville avec une clinique privée qui ne pratique pas non plus le tarif opposable. Le centre de santé municipal de la ville voisine représente une tout autre conception de la médecine.
J’en ai entendu un au poste qui se plaignait de travailler 60 heures par semaine. Mais Camarade, tu sais qu’il existe un code du travail mis en place au début du siècle dernier par un certain Arthur GROUSSIER, et que tous les gouvernements depuis l’avènement de la Vème République s’appliquent à détricoter ? La durée du travail hebdomadaire est limitée, pour la sécurité des travailleurs, et concernant notre thème, des patients.
Ce n’est pas à Bruxelles qu’ils devraient s’exiler, mais aux USA, où la politique trumpiste leur conviendrait.
Il y a quinze ans, lors du congrès universel d’espéranto à La Havane, un octogénaire cardiaque faisait partie du voyage. Son médecin lui avait dit : « Pour Cuba, pas de problème ; si tu m’avais dit Je vais aux USA, j’aurais émis des réserves, car là-bas tu n’aurais pas eu les moyens de te faire soigner, et sans argent, ils t’auraient laissé mourir ». Eh bien je ne souhaite pas qu’on en arrive à ce constat en France.
Et ce n’est pas fini...