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Le blog de Bernard SARLANDIE

Jean Quatremer et Raphaël Enthoven visés par une plainte pour harcèlement moral envers un syndicaliste CGT de France Télévisions

14 Juin 2026, 20:50pm

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 11 juin 2026 (extraits)

Le journaliste de Libération Jean QUATREMER, le philosophe et polémiste Raphaël ENTHOVEN ainsi que la personne derrière le compte X Swords of Salomon sont visés par une plainte déposée le 19 décembre 2025 par les syndicats SNRT-CGT, SNJ-CGT et le délégué central de la CGT-France Télévisions, Pierre MOUCHEL pour harcèlement moral aggravé. Ils sont accusés d’avoir jeté en pâture sur les réseaux sociaux le nom du délégué central de la CGT-France Télévisions Pierre MOUCHEL, auteur d’un communiqué dénonçant le traitement éditorial de France 3 sur les commémorations du 7 octobre en 2025.

La plainte, consultée par l’Humanité, reproche aux trois hommes d’avoir déclenché et amplifié le cyberharcèlement du syndicaliste, suite à un communiqué de la CGT-France Télévisions dénonçant le traitement éditorial de France 3 Île-de-France sur les commémorations du 7 octobre en 2025.

Dans ce communiqué daté le 13 octobre 2025, le syndicat reprochait à la rédaction de France Télévisions d’avoir publié un article partial, reprenant sans discernement le point de vue du CRIF, le tout sans contextualisation ni pluralisme suffisant.

Il n’en fallait pas plus pour que des soutiens zélés du gouvernement israélien réagissent sur le réseau social X et s’attaquent à l’auteur du texte. C’est Jean QUATREMER, journaliste à Libération et habitué des anathèmes en ligne (au désespoir de la majorité de ses collègues) qui lance les hostilités le 15 octobre 2025.

Particulièrement suivi sur le réseau social d’Elon MUSK, le correspondant de Libé à Bruxelles est le premier à dénoncer ce tract. Dès le lendemain, c’est le compte X Swords of Salomon, connu pour son agressivité en ligne et spécialisé dans le doxxing (la divulgation de données personnelles d’un individu dans le but de lui nuire, NDLR) qui prend le relais.

Le compte, piloté par Lyron A
BBOU, publie une photo du syndicaliste Pierre MOUCHEL ainsi qu’une capture d’écran de son compte LinkedIn, affirmant ainsi « mettre un nom et une photo sur l’auteur de ce communiqué de la honte ».

Ce message est immédiatement repartagé par Jean QUATREMER et Raphaël ENTHOVEN. Leurs comptes, dotés d’une très forte audience sur X, amplifient immédiatement cet appel au doxxing. Les tweets atteignent rapidement 300 000 vues et conduisent à une vague de haine particulièrement violente visant Pierre MOUCHEL.

« Dès que Jean QUATREMER partage le communiqué, on sort du syndicalisme pour rentrer dans la polémique et la politique. Ça nous fait basculer d’une question éditoriale, posée par le syndicat, vers de l’acharnement pur et simple contre une personne, raconte Pierre MOUCHEL. En deux jours, j’ai reçu plus de 250 messages insultants. Après, j’ai arrêté de compter. C’est très dur à vivre. » La sécurité sociale a même reconnu cet épisode de cyberharcèlement comme un accident du travail.

Jean QUATREMER et Raphaël ENTHOVEN pouvaient-ils ignorer le but du message de Swords of Salomon ? Si le philosophe retweete régulièrement les tweets de ce compte, le journaliste a directement interagi avec ce post, publiant un gif sans équivoque : deux individus vêtus d’un masque du film Scream, faisant un cœur avec les doigts.

Face à ce déferlement de violence, les syndicats se fendent le 17 octobre d’un communiqué de clarification. Ce qui n’empêche pas Jean QUATREMER de continuer son cyberharcèlement, et de retweeter le nouveau communiqué en qualifiant ses auteurs de « sous-merdes ».

La plainte affirme par ailleurs que cet engrenage de haine constitue un harcèlement de meute. Une notion reconnue pour la première fois par la justice dans l’affaire Mila.

L’arrêt de la chambre criminelle du 29 mai 2024 approuve en effet la condamnation d’un internaute pour cyberharcèlement en meute alors même qu’il n’avait publié qu’un seul message, dès lors qu’il avait pris une part personnelle à des propos répétés imposés à la victime, en connaissance du flot de messages haineux déjà en cours.

Contacté, Raphaël ENTHOVEN a d’abord affirmé ne pas se souvenir de cet événement. Après lui avoir envoyé une capture d’écran de son retweet, le philosophe nous a répondu que « le texte de ce communiqué est une honte absolue et pue l’antisémitisme à plein nez. Donner le nom de son auteur est faire œuvre de salubrité publique et renseigne sur le degré de haine des juifs dont souffrent certains responsables syndicaux. Le doxxing eût été de révéler ses coordonnées, pas de dire son nom. Quand on écrit une merde pareille, on la signe ». De son côté, Jean QUATREMER n’a pas donné suite à nos questions.

Et ce n’est pas fini...

 

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