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Le blog de Bernard SARLANDIE

« La Macronie déteste l’inspection du travail »

20 Juillet 2026, 11:09am

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 17 juillet 2026

Les agents se sont réunis, ce jeudi, pour protester contre la non-titularisation de six inspecteurs stagiaires, ainsi que pour soutenir deux collègues syndicalistes confrontés à une procédure disciplinaire.

Un peu plus d’une centaine de personnes, inspecteurs du travail, stagiaires et soutiens politiques, étaient rassemblées ce jeudi matin devant la direction des ressources humaines des ministères sociaux, dans le 15earrondissement de Paris. À l’intérieur du bâtiment, une commission administrative paritaire (CAP) étudie l’avenir de six stagiaires de la promotion 2025 de l’Institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (INTEFP).

Cette CAP, pourtant, n’était à l’origine pas prévue pour statuer sur l’avenir de ces stagiaires. « Initialement, il s’agissait d’une procédure disciplinaire pour envisager des sanctions à l’encontre de deux de nos collègues en Isère », explique Cécile CLAMME, secrétaire générale de la CGT Travail, emploi, formation professionnelle (TEFP), également inspectrice du travail. La procédure les concernant a été renvoyée à septembre, les deux intéressés ayant demandé un report car ils ne pouvaient pas être présents. « On reproche à ces deux inspecteurs, pour résumer, de ne pas rentrer dans le rang »,poursuit Cécile CLAMME.« Ils sont très investis dans leur mission de défense des travailleuses et des travailleurs, mais sont aussi représentants syndicaux, donc ils défendent les conditions de travail de leurs collègues, et ont dénoncé sans relâche la situation dans l’Isère. »

Car il y a un point commun entre l’affaire des deux inspecteurs du travail menacés de sanctions, et la révocation des six stagiaires : quatre d’entre eux sont syndicalistes, tout comme Pierre et Benoît, les deux inspecteurs. Pour cette raison, les syndicats et les soutiens politiques dénoncent une répression syndicale à peine dissimulée. Sur les six dossiers, quatre avaient reçu un avis « très favorable » de leur service d’affectation. Pour Cécile CLAMME,« c’est un très mauvais signal envoyé par le ministère. Deux syndicalistes mis sur la sellette, et trois stagiaires syndicalistes aux avis très favorables menacés de révocation, soit c’est une très grosse coïncidence, soit c’est clairement de la discrimination ».

D’autant que pour deux des stagiaires, le jury se serait appuyé sur un rapport du directeur de l’INTEFP mentionnant leur action syndicale durant le tronc commun. Marc (le prénom a été changé) est l’un des deux élèves concernés : « J’ai des avis favorables de mon maître de stage, de ma direction d’affectation et de ma référente pédagogique, c’est-à-dire de l’agent de l’INTEFP, mon école. » Seule ombre au tableau, une note de l’ancien directeur, qui l’accuse d’avoir participé à une action syndicale, puis d’avoir refusé de se présenter à une convocation, où il garantit pourtant s’être rendu avant que l’entretien soit annulé en raison du rassemblement de soutien organisé par ses camarades. « Je vois ça évidemment comme de la répression syndicale, puisque le reste de mon dossier est excellent et que ce n’est que sur cette base que je suis aujourd’hui en commission administrative. Il y a une volonté de faire un exemple, de m’écarter et de faire comprendre aux inspecteurs qu’il vaut mieux se tenir tranquille, autant en formation que dans les services, comme le démontre le cas de nos deux collègues de l’Isère. »

Au-delà de leurs cas personnels, les inspecteurs et futurs inspecteurs s’alarment des conséquences de leur révocation sur un service déjà largement en tension, comme le pointait un rapport du cabinet Aptéis paru en juin, qui révèle de graves risques psychosociaux chez les agents de l’inspection du travail. « Six inspecteurs du travail en moins, ce sont six secteurs qui restent vacants pendant au moins un an, dénonce Cécile CLAMME. On était 2 400 en 2014. Aujourd’hui, nous ne sommes que 1800, et on a impérativement besoin de l’arrivée de collègues dans les services. » Pour Anthony SMITH, député européen GUE/NGL et également inspecteur du travail, le gouvernement mène une« bataille idéologique ». « La Macronie, comme le capital, déteste l’inspection du travail, et des agents se font sanctionner notamment pour faits syndicaux. Le ministre du Travail nous parle sans cesse de contrôles pendant la canicule, mais comment faire avec 1 800 agents pour 20 millions de salariés et 2 millions d’entreprises assujetties ? »

À l’issue des délibérations, quatre des élèves se sont vus affectés à une prolongation de stage de quatre mois, avant nouvel avis du jury. Un stagiaire a été titularisé, et un autre ne sera finalement pas intégré à l’inspection du travail.

Et ce n’est pas fini...

 

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