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Le blog de Bernard SARLANDIE

Hérissons, renards et oiseaux asphyxiés par la chaleur…Les refuges aussi

4 Août 2026, 11:00am

Publié par Bernardoc

In 20minutes du 3 août 2026

Avec les épisodes caniculaires qui s’intensifient et se multiplient, la faune sauvage est en première ligne, surtout lors des incendies. « On craint que ça soit de pire en pire chaque année », craint le refuge pour faune sauvage du Tichodrome, en Isère, qui fait face à un afflux de patients « hors norme ». Plus de 540 animaux sont arrivés en juin dans cette petite structure associative perchée dans la montagne à 20 km au sud de Grenoble, soit 24 % de plus qu’en juin 2025 et deux fois plus qu’en juin 2018.

Des demandes à l’aide si nombreuses que les appels téléphoniques ont eux aussi explosé, contraignant le centre à temporairement restreindre l’accueil et fermer son standard. En cette fin juillet, le flux a ralenti mais ils sont encore près de 200 pensionnaires, dont de nombreux oiseaux et des mammifères, hérissons, renards ou écureuils, explique-t-on au refuge. Un pic d’animaux qui arrive en été, c’est « quelque chose d’habituel », mais cette fois il s’est produit « dans des proportions totalement inhabituelles », résume la directrice du centre, Mireille LATTIER, désignant les dizaines de cages, volières ou cartons troués qui accueillent les bêtes à poil ou à plume, disposés partout où il y a de la place dans la maison et dans le jardin.

En cause, la longue vague caniculaire de juin, qui a coïncidé avec la période de reproduction de nombreuses espèces, soit un moment de grande vulnérabilité. « Beaucoup d’espèces nichent sous les toits, dans le bâti, typiquement le martinet noir, mais aussi les moineaux. Et ils souffrent non seulement de la chaleur, mais de la sécheresse », explique Mireille LATTIER. Les poussins se jettent hors de leurs nids surchauffés avant de savoir voler.

Pour ces espèces déjà en déclin, la canicule se traduit par une « hécatombe » d’oiseaux morts mais aussi une multiplication d’individus « en mauvais état », se désole Marjorie GUILLEM, soigneuse au centre. Mais les autres espèces ne sont pas épargnées non plus et « on craint que ça soit de pire en pire chaque année. Et, à un moment, humainement et logistiquement parlant, on sera à court, on n’y arrivera plus », s’alarme la jeune femme.

Le Tichodrome est loin d’être le seul centre en difficulté : sur la centaine existant sur le territoire français, « 70-80 % ont été contraints de fermer pour saturation pendant la phase de canicule de juin », selon leur fédération, le Réseau des centres de soins de la faune sauvage. « Le mois de juin a été terrible. […] Ça n’était jamais arrivé dans l’histoire que la majorité des centres soient tous obligés de fermer en même temps », indique sa directrice, Manon TISSIDRE. Selon elle, la question à ce stade n’est plus la canicule ni les incendies, ni les tempêtes de l’hiver sur le littoral qui ont coûté la vie à au moins 30.000 macareux, mais le fait que les centres sont « dans un état de crise permanente parce que les moyens sont toujours insuffisants par rapport à la demande, même quand tout va bien ».

« On sent qu’il y a une accélération dramatique de l’érosion de la biodiversité, sans commune mesure. En plus, on reçoit des animaux qui sont de moins en moins sauvables », souligne-t-elle, évoquant le « désespoir » des équipes.

Et ce n’est pas fini...


 

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