Vers une grève d’ampleur des fonctionnaires
In Aujourd’hui du 25 septembre 2026
L’automne sera chaud. Au moins sur le front social. Alors que des appels à manifester le 17 octobre contre la hausse des carburants se multiplient sur les réseaux sociaux, l’intersyndicale de la fonction publique (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et Fédération autonome) ouvrira le bal mardi.
C’est le gel annoncé du point d’indice en 2027, censé faire économiser 2 milliards d’euros sur les 54 annoncés par Sébastien LECORNU, qui cristallise la colère. Car cet indicateur, qui sert à calculer le salaire de base des fonctionnaires, n’a été revalorisé que quatre fois (2016, 2017, 2022 et 2023) sur les quinze dernières années. « Les agents publics ont perdu plus de 6 % de pouvoir d’achat depuis juillet 2023 et plus de 15 % en dix ans », explique Natacha POMMET, secrétaire générale de la fédération CGT des services publics.
L’intersyndicale demande donc « une revalorisation significative » de la valeur du point d’indice et son indexation sur l’inflation. Mais aussi le rétablissement du versement de la garantie individuelle du pouvoir d’achat, un mécanisme suspendu depuis 2024 qui permettait de compenser la perte de pouvoir d’achat de chaque agent sur quatre ans.
Sans oublier la refonte des grilles indiciaires : avec les différentes hausses du smic, nombreuses sont celles qui commencent en dessous. Plus de 862 000 agents publics perçoivent ainsi un salaire de base inférieur à 1 478 € net, leur rémunération ne repassant au-dessus du salaire minimum que grâce au versement d’une indemnité compensatoire. « Quand on veut trouver de l’argent, on en trouve, pointe Gaëlle MARTINEZ, déléguée générale de l’union syndicale Solidaires-Fonction publique. On n’a pas à s’excuser de demander à être payé correctement ! »
Certains représentants syndicaux craignent par ailleurs que d’autres mesures d’économies sur la fonction publique soient dans la besace dans le gouvernement. « Le risque, c’est qu’en plus du gel des rémunérations, ils décident d’un gel des promotions et des avancements, une année blanche en quelque sorte », dit Christian GROLIER, secrétaire général de la fédération FO des fonctionnaires. « Et l’autre risque, ajoute-t-il, c’est qu’ils utilisent une disposition statutaire de la loi de transformation de la fonction publique de 2019, jamais utilisée jusqu’ici, qui est le détachement d’office. » Dans ce cas-là, certaines missions de service public seraient confiées au privé et les fonctionnaires qui accomplissaient ces tâches seraient détachés sur un CDI de droit privé.
Principale manifestation des 155 assemblements déjà recensés, le cortège parisien doit s’élancer à 14 heures, mardi, de République jusqu’à Nation. Il doit être rejoint à Bastille par le cortège des sapeurs-pompiers parti de la place d’Italie.
Rappel : à Bordeaux c’est 12h30 à République
Et ce n’est pas fini...