Ghana 1975 -Sénégal 2005
Trente ans après, retour en Afrique de l’ouest, à la découverte d’un nouveau pays : le Sénégal. Le cadre était différent : je n’y étais pas pour deux ans, mais pour deux semaines, et dans la cadre du comité de jumelage de Mérignac. En effet, cette ville est jumelée avec Kaolack et a un partenariat avec les îles du Saloum. Ma participation au voyage, outre la découverte de ce pays, avait un but pédagogique : intégrer davantage le collège Paul Langevin à la vie de la commune en lui offrant la possibilité de participer aux échanges avec une des villes jumelles. J’ai donc eu le feu vert de l’Inspecteur d’académie de l’époque, Roger SAVAJOLS, qui était toujours prêt à encourager les initiatives.
Arrivée à Dakar après un vol au cours duquel j’ai pu voir le dernier film de Sembène Ousmane consacré à l’excision (film en wolof, sous-titré en français). Première surprise à l’aéroport : une Chinoise faisait partie de notre groupe et elle fut retenue à la police des frontières jusqu’à ce qu’un de nos contacts allonge le nombre de billets nécessaires pour qu’elle puisse passer. Deuxième surprise en arrivant à l’hôtel : alors que nous étions censés avoir des chambres individuelles, nous nous sommes retrouvés à trois dans la même chambre : Michel VERNEJOUL, le maire de Martignas, un autre membre du comité de jumelage et moi-même. Avec Michel nous encadrions le troisième larron qui n’a pas fermé l’œil de la nuit car apparemment Michel et moi ronflions en alternance. Une chambre fut attribuée à notre « coloc » dès le deuxième soir, mais ce n’était pas évident car il y avait un congrès à Dakar au moment où nous arrivions.
Après deux jours de visite de la capitale, dont l’île de Gorée où nous accueillit le gardien, ancien combattant aujourd’hui décédé, nous partîmes dans un minibus climatisé vers St Louis, où nous fûmes hébergés à l’hôtel de la poste, celui dans lequel Jean MERMOZ avait sa chambre. Une grosse verrue au milieu de St Louis : le monument aux tirailleurs sénégalais morts au champ d’honneur pour la liberté du colonisateur. Ce monument est en ruines, et son entretien n’est sûrement pas la priorité de l’état sénégalais. Mais pourquoi la France ne contribue-t-elle pas à la restauration de ce monument ?
Une petite virée au nord nous conduisit au parc national Djoud, un havre pour les innombrables pélicans. La visite se fait en bateau, ce qui nous permet de découvrir les spécificités des flore et faune tropicales.
Notre voyage vers Kaolack nous fit traverser Touba, ville sainte musulmane dont nous visitâmes la superbe mosquée. A Kaolack, nous fîmes les visites prévues, je pris les contacts nécessaires avec un collège, et nous poursuivîmes vers les îles du Saloum. L’accueil fut excessivement chaleureux (et je ne parle pas du climat !) : ces gens qui n’ont rien sont prêts à tout vous donner. Un collège venait de s’ouvrir : le gouvernement avait nommé les enseignants, mais les parents devaient construire les bâtiments pour abriter les élèves. Il n’y avait pour le moment que les niveaux 6ème et 5ème avec, si je me souviens bien, 56 élèves par division ! Ce collège aussi était très demandeur d’ouverture sur le monde, et je notais soigneusement les coordonnées.
Le retour vers Dakar, car nous arrivions au terme de notre périple, nous fit traverser Joal-Fadiouth, le village natal de Léopold Sedar Senghor, dans lequel nous fîmes une halte.
Enfin, retour vers le froid mérignacais, puisque nous étions en novembre. J’approchai différents profs et par différents biais (B2i, français, Printemps des poètes,…) pour les inciter à éveiller nos élèves au contact avec l’Afrique. Rien ! Enfin, si certains aboutissent à Bourran après la fermeture de Langevin, ils pourront toujours prendre le train en marche.
Et ce n’est pas fini…
Toussaint 1994 : vingt ans de mariage. Je propose que nous allions découvrir la Guadeloupe, d’autant qu’un collègue y était Proviseur-adjoint d’un Lycée Professionnel, et qu’il nous avait invités. Comme les enfants avaient insisté pour venir avec nous, nous avions choisi d’aller dans une résidence hôtelière
du Gosier et un pack de visites organisées qui nous occupaient un jour sur deux, ce qui nous laissaient la moitié du séjour pour nous retrouver avec Michel. En ces temps anciens où internet était encore dans les limbes, la communication était épistolaire, et quelques jours avant notre départ nous reçûmes une lettre dans laquelle il nous souhaitait un bon séjour, mais que lui serait en Métropole pendant ces vacances. Ce fut un choc ! et je me suis senti trahi. J’ai mis du temps à m’en remettre, mais, et surtout maintenant qu’il nous a quittés, je pense à son excellente cuisine, aux nombreux tableaux qu’il nous a offerts, et surtout à la merveilleuse petite graine qu’il avait semée en moi et qui a germé une vingtaine d’années plus tard.
Nous avons été surpris de voir la façon dont les Guadeloupéens briquaient leurs tombes en ces temps de Toussaint, et nous avons même dû patienter un jour en voiture derrière un enterrement avec orchestre en tête : j’imagine que cela ressemblait à ce qu’on peut trouver en Louisiane, même si c’est un pays dans lequel je ne suis jamais allé.
Enfin, sans doute le point d’orgue de notre séjour, notre visite aux Saintes, îles protégées des voitures, même si elles sont surtout dédiées à l’accueil des touristes. Nous avions une guide d’origine européenne et ça faisait tout drôle de l’entendre passer du français que nous pratiquons vous
et moi au créole : le bilinguisme existe vraiment, et les gens ont beaucoup de chance de pouvoir maîtriser également deux langues. Et nous avons eu le bonheur de visiter le Fort Napoléon avec un guide local qui possédait un humour dévastateur.


conduisait en quelques minutes. Tout de suite, visite de la ville, avec, évidemment, la petite sirène ; c’était la deuxième fois que je la voyais et j’étais toujours aussi déçu que la première fois. Et pourtant, que de monde ! Un séjour à Tivoli s’imposait : parc d’attractions délicieusement kitsch où nous avons passé une bonne journée.

Nous avions retrouvé l’été et nous nous sommes même baignés en eau vive lors d’une halte, je ne me souviens plus si c’était au nord ou au sud du cercle polaire, dont le passage est beaucoup moins frappant que du côté norvégien : pas de microclimat ni de grande structure, juste un petit immeuble qui peut vous délivrer un certificat de passage.
Nous avons beaucoup apprécié Stockholm, son métro, les
balades en bateau, et c’est là que nous fîmes une rencontre surprenante. Nous étions montés dans la tour de la télévision pour avoir une vue d’ensemble sur la capitale. Et là-haut, alors que je faisais le tour, je suis tombé sur trois asiatiques (un homme et deux femmes) qui parlaient entre eux une langue que je connaissais : l’esperanto. Bien entendu, nous entamons tout de suite une conversation, et la première question que m’a posé le Chinois (les deux filles étaient japonaises) fut : « Est-ce que vous voyagez 

Elle se trouve à cheval sur trois pays scandinaves : la
Norvège, la Suède et la Finlande. Il paraît que c’est le pays du Père Noël, c’est pour cela que son traîneau est tiré par des rennes.
Cet animal, central pour les Lapons, leur fournit à peu près tout ce dont ils ont besoin. Il y a vingt ans, il était déjà concurrencé par les scooters des neiges en hiver, voire les 4x4 en été. Mais je suppose que le téléphone mobile de maintenant ne fait pas partie de ses rivaux.
« développement durable », n’étaient pas connues en France.


obligé et la visite du centre touristico-culturel qui s’y trouve. Le Guide du Routard ne nous avait pas menti, et alors que nous étions en short et tricot depuis notre arrivée en Norvège, nous avons revêtu pantalon, pull, chaussettes lors de cet arrêt, car en quelques kilomètres nous étions retournés en hiver. Ce micro-climat s’est prolongé pendant quelques kilomètres au-delà du cercle, puis nous nous sommes redéshabillés : l’été était revenu ; mais quelle drôle d’impression !

véritable musée de la sculpture dédié au sculpteur norvégien mort en 1943. Des dizaines de statues monumentales trônent dans ce parc, éloge de l’érotisme et inspiratrices de nombreuses prises de vue.