Cocorico !
On en apprend de belles en lisant le journal. Dans Sud Ouest Dimanche d’aujourd’hui, un petit entrefilet « Diplomatie » nous apprend qu’un ancien ministre travailliste, dont le nom Chris Bryant mérite d’être vilipendé, a estimé mardi dernier devant le parlement de sa très gracieuse majesté que les Anglais devraient apprendre les langues étrangères modernes, mais « pas seulement les langues étrangères modernes inutiles, comme le français ».
Qu’on puisse proférer une ânerie pareille n’est hélas pas surprenant de la part d’un travailliste, et les conservateurs seraient de ce point de vue plus ouverts, et n’oublions pas le multilinguisme du vice-premier ministre lib-dem.
En revanche, ce qui est désespérant, c’est la volonté de la majorité des européens de vouloir se coucher sous la domination de l’anglais, l’ « esperanto des temps modernes » osent-ils même dire. Ils démontrent ainsi une erreur d’analyse et de jugement. Pour avoir enseigné l’anglais pendant une quinzaine d’années, j’ai tout à fait conscience d’avoir véhiculé une certaine idéologie inhérente aux textes proposés à mes élèves, et ceci quel que soit le pays d’origine de l’auteur, mais il faut dire qu’il s’agissait bien souvent de l’Angleterre ou des USA.
Et apprendre l’anglais ne suffira pas à vous aider à trouver un job à l’international, car bien souvent on demande des « native speakers », c'est-à-dire des gens dont c’est la langue maternelle. Ceci a même tendance à se développer de plus en plus au sein des instances européennes. Et quand on sait l’enthousiasme de nos perfides voisins pour l’UE, il est permis de se demander si l’on ne fait pas fausse route, d’autant que la langue la plus parlée en Europe est l’allemand, me semble-t-il.
L’Esperanto, qui existe depuis 1887, est une langue neutre du fait qu’elle n’appartient à aucune nation, ce qui place l’ensemble des locuteurs sur un pied d’égalité. Elle est simple et logique et permet d’exprimer toutes les nuances de la pensée et des besoins technologiques. De plus, sa grammaire de seize règles sans exception ainsi que sa prononciation (une lettre-un son, un son-une lettre) facilitent grandement un rapide apprentissage. En esperanto, on ne se poserait pas de problème pour prononcer le mot ghoti. Mais au fait, comment le prononceriez-vous à l’anglaise ?
Ce n’est pas un hasard si Monsieur Louis LE PENSEC, Président de l’Association Française du Conseil des Communes et Régions d’Europe, et d’autres députés, avaient déposé en 1975 (35 ans déjà !) une proposition de loi visant à inclure l’Esperanto dans l’enseignement secondaire.
Donc, aux langues Citoyens !
Et ce n’est pas fini…