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Le blog de Bernard SARLANDIE

De mes engagements...

15 Décembre 2009, 08:03am

Publié par Bernardoc

         Lorsque j’ai commencé à faire pion à Jean Aicard à Hyères, dans le lycée où j’avais été élève depuis la cinquième, mon ancien professeur d’allemand était le secrétaire de la section du Snes. Il m’a fait un paquet cadeau : outre la carte du Snes, il m’a aussi vendu la Maif, la Mrifen, l’Autonome et la Mgen ; je devenais ainsi un bon petit militant du Ccomcen (Comité de Coordination des Œuvres Mutualistes et Coopératives de l’Education Nationale).

         Le militantisme, je connaissais déjà un peu, après deux ans à l’Unef clôturés par mai 68. Mais en septembre 1969, j’arrivais dans un lycée dont le censeur était un militant de l’UDR, sinon du SAC pasquaïen, qui se prenait pour le petit Marcellin (le ministre de l’intérieur de l’époque) local. Il faut dire qu’à cette époque – là les lycéens étaient fortement politisés et qu’il y avait une bande de joyeux anars qui étaient capables de mettre une pagaille organisée.

         Nous vivions les derniers jours des Surveillants Généraux, qui allaient bientôt devenir des CPE (non pas Contrat Première Embauche, mais Conseiller Principal d’Education). J’ai eu le bonheur de travailler avec M. Terrade, qui était déjà CPE dans sa tête et ses actes, même avant le statut, et qui, sans surprise, a été coopté pour devenir Principal.

Profondément humaniste, il se trouvait davantage entre le marteau et l’enclume que nous les pions, car malgré la sympathie évidente qu’il avait pour les élèves, son boulot était quand même de maintenir l’ordre.

         Un matin en débarquant au bahut, tous les murs étaient tagués : c’était une grande première ? Une phrase était particulièrement révélatrice : « Un élève, une pionne, un assistant…Un prof ? » En effet, le censeur s’était débrouillé pour faire virer un élève (Serge Quadruppani, qui a fait son chemin depuis et qui chronique de temps en temps dans Siné Hebdo), puis une pionne (qui avait le tort de militer à la Gauche Prolétarienne) et enfin l’assistant d’allemand dont les cheveux roux devaient lui rappeler quelqu’un.

         Les réunions syndicales ressemblaient quasiment à des réunions secrètes de comploteurs, le nombre de précaires vulnérables et engagés étant susceptible de diminuer si ces derniers devenaient trop voyants. Je me souviens, je dévorais toutes les revues syndicales et mutualistes, où la parole bien que codifiée, paraissait véritablement libre et accessible à tout syndiqué puisque les débats étaient retranscrits, même si de façon synthétique dans notre presse. Ca a bien changé depuis.

Et ce n’est pas fini…

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