Du Bénin à la Côte d'Ivoire
Lorsque nous sommes arrivés au Ghana, un des pays voisins s’appelait le Dahomey, jadis surnommé « le quartier latin de l’Afrique ». Et pendant notre séjour, il fut rebaptisé, peu après le coup d’état de celui qui n’était encore « que » le colonel Mathieu KEREKOU, République Populaire du Bénin, avec pour dogme le marxisme léninisme, s’appuyant sur le socialisme scientifique. Comme au Togo voisin, on avait intérêt à se planquer lorsque le Président se déplaçait au milieu d’une caravane outrageusement armée.
Je me souviens avoir été mis en joue par un fusil mitrailleur à Ouidah pour m’être approché d’un soldat pour lui demander un
renseignement !...Ouidah, cité esclavagiste avec ses pythons sacrés, berceau du vaudou,
fut notre première étape ; c’est une des raisons pour lesquelles j’ai beaucoup apprécié Les passagers du vent, car j’y retrouvais des paysages visités.
En route pour Abomey, l’ancienne et riche capitale du Dan-Homey, nous avons croisé de grands élèves d’une école primaire qui étaient occupés aux travaux des champs avec leur maître. A notre passage ils se sont relevés et dressant leurs outils, ils ont proclamés les slogans révolutionnaires tels : « Vive la révolution ! A bas l’impérialisme !...). Plus tard, étant redevenu partisan d’une économie de marché, le « général » M. Kerekou s’est fait élire Président de la République.

Abomey demeure sans conteste la capitale artistique du Bénin : les palais royaux, le musée national et les fameux tableaux en patchwork l’ont qualifiée pour entrer au patrimoine de l’Unesco.

Enfin, notre dernière sortie à l‘« étranger » fut pour la Côte d’Ivoire, qui ne fut en fait qu’un court séjour à Abidjan, où nous sommes allés nous étonner de la patinoire au sein de l’hôtel « Ivoire » et nous frotter à la population du marché de Treichville, visite qui
a d’ailleurs failli nous coûter la disparition de quelques objets : un moment d’inattention et je sens et entends la fermeture éclair de mon sac glisser ; je resserre alors mon bras et un grand noir me dit : « Attention patron, on peut te piquer tes affaires si tu ne fais pas attention ! ». Et c’était lui qui avait la main dans mon sac ! Il avait tenté quelque chose, il avait perdu et un grand sourire barrait son visage.
J’allais vivre quelque chose de bien plus violent quelques semaines plus tard à Accra.
Et ce n’est pas fini…