Il est interdit de cracher par terre, de parler breton et d'apprendre l'esperanto
La première partie de la phrase de titre fit le bonheur des hussards noirs de la République, ceux envoyés pour apporter l'instruction dans tous les coins de l'hexagone et apprendre, sans se poser de questions, à tous les enfants scolarisés de l'empire, que leurs ancêtres étaient les Gaulois. C'est pour cela qu'ils devaient aussi apprendre la langue universelle que se voulait le français, en oubliant par force leur langue maternelle. Cela s'est poursuivi jusque dans la deuxième moitié du XX° siècle : en 1983 j'avais un élève polynésien de quinze ans qui, lorsqu'il était à l'école primaire, cherchait à échapper au « signal » (là-bas il s'agissait d'une porcelaine) pour ne pas être battu s'il l'avait en sa possession à la fin de la récréation pour avoir parlé sa langue.
Et je trouve navrant que le parti dans lequel je milite (mon premier encartage politique) en revienne à des positions similaires au nom de la laïcité et des principes républicains. Faut-il avoir une bien piètre opinion du peuple en prétendant que si les écoles bilingues se développent la République serait en danger. Comme si l'environnement extérieur -télévision, journaux, rue, affiches,...- ne suffisait pas à s'imprégner de la langue de la République. J'ai des amis gallois qui ont élevé leurs filles dans une des deux langues officielles du pays, et elles ont appris l'autre dans la vie de tous les jours ; tout comme leurs parents et leurs grands-parents, elles sont parfaitement bilingues. Dans son succès de librairie Qu'ils s'en aillent tous ! Jean-Luc MELENCHON indique (ai-je eu tort de le prendre au premier degré ?) qu'il serait prêt, au nom de la langue, à accueillir les Wallons le jour où la Belgique éclatera. A-t-il pensé que les Basques ou les Catalans (du nord) pourraient souhaiter la même chose, mais en sens inverse ? Je suis persuadé que si dans les écoles maternelles il y avait un bain linguistique dans la langue historique (je parle des langues reconnues et enseignées au niveau universitaire), enseignement qui pourrait être complété au niveau du primaire par l’espéranto plutôt que de subir l'anglais obligatoire dès le CE1 (n'oublions pas que l'anglais est, entre autre la langue de l'OTAN, dont chacun connaît les bienfaits), nous aurions une population trilingue et bien plus aptes à apprendre les autres langues « de civilisation », telles que l'italien ou le portugais...
Mais justement, l’espéranto doit être considéré par certains comme un danger encore supérieur et dans tous les rangs politiques si j'en crois l'absence de réponse des élus que j'ai sollicités et qui touchent quand même des indemnités pour montrer qu'ils nous représentent ; et bien silence total (même pas un accusé de réception) de Michel SAINTE-MARIE, Serge LAMAISON, Françoise CARTRON, Michèle DELAUNAY, Naïma CHARAI (PS), Michel DAVERAT (EELV), Natalie VICTOR-RETALI et Vincent MAURIN (PCF). Quel contraste avec le département voisin de Dordogne, où la quasi totalité des élus ont soutenu la démarche ! Je n'ai pas sollicité d'élus de droite, peut-être aurai-je eu plus de chance ? Donc un grand merci aux deux vice-présidents du conseil général de Gironde qui se sont rangés aux côtés d'Albert JACQUARD.
Et ce n'est pas fini...