Ils sont 207 000.
207 000 quoi ? 207 000 retraités qui travaillent. Et ce nombre a doublé entre 2006 et 2008. Si l’on inclut le travail non déclaré (« au noir ») on peut encore multiplier par deux ce nombre. Et il faut voir les conditions…J’avais relayé l’histoire de ce couple de boulangers qui pour joindre les deux bouts, à 80 balais passés s’étaient mis en tête de reprendre le boulot. Eh bien, ça y est : ils ont jeté l’éponge ; il fallait les entendre à la radio exprimer les sentiments que cela provoquait chez eux : ils se sentaient complètement dévalorisés, voire incapables. Triste fin de vie pour ce vieux couple. Espérons qu’ils trouveront les ressources pour terminer leur existence dans la dignité, car la contre-réforme des retraites de 2010 n’était visiblement pas faite pour eux.
Mais il y a pire : il s’agit des fonctionnaires en activité et qui, pour boucler leurs fins de mois, sont également obligés de recourir à des activités dans le secteur privé. C’est la preuve éclatante de l’estime dans laquelle l’Etat tient ceux qui se sont engagés à le servir. Il faut savoir que maintenant certains fonctionnaires commencent leur carrière avec un traitement (salaire) inférieur au Smic. Et cette contrainte n’est pas prête de s’arrêter avec le gel des rémunérations, alors que les dépenses contraintes (loyers, gaz, électricité,…) s’envolent. En 2010, ils étaient officiellement 2 200 à être obligés de se plier à cette nécessité, mais les chiffres explosent : il y en a eu 60% de plus dans la fonction publique d’Etat et 70% dans la fonction publique territoriale. Et non content de sous payer ces fonctionnaire, voilà-t-il pas qu’on veut les culpabiliser d’être malade en leur imposant une journée de carence en cas de maladie !
Notre société est décidément bien malade et il est temps d’accomplir la révolution citoyenne puisque « Nous sommes le peuple, nous sommes le nombre, nous sommes l’intelligence » !
Et ce n’est pas fini…