La CGT
J’y suis arrivé presque par dépit : après avoir milité pendant 23 ans à la FEN, je me suis senti trahi et orphelin lorsque celle-ci a éclaté pour de sombres histoires de pouvoir. Créée en 1947 pour préserver l’unité syndicale du monde enseignant, ses fondateurs s’engageaient à œuvrer pour la réunification syndicale au sein de la CGT.
C’est la raison pour laquelle j’ai refusé de prendre partie pour l’un ou l’autre camp et, comme c’était l’époque de l’éclosion de nombreux syndicats, j’ai milité pendant une dizaine d’années au Syndicat Occitan de l’Education. J’y ai cru pendant un moment, mais j’ai jeté l’éponge au bout d’un moment, devant le manque de militantisme syndical et l’absence de volonté de se donner les moyens de nos ambitions, notamment par des cotisations « normales » et non pas symboliques. Le déclic fut quand a été privilégiée la parole d’une organisation occitaniste au lieu de la parole syndicale que j’avais exprimée.
J’aboutis donc à la grande maison centenaire d’où nous étions tous issus, à la grande surprise des camarades de Blanquefort qui m’avaient connu comme intransigeant défenseur de la FEN. Autant dire que j’abandonnais tout espoir de carrière fulgurante en tournant le dos au syndicat monopoliste et co-gestionnaire, qui nous a fourni quelques exemples de belles carrières. Ce n’est pas un hasard si certains, militant à la Cfdt lorsqu’ils étaient profs, ont changé de syndicat lorsqu’ils sont devenus chefs : pas de problème pour terminer hors-classe en 4ème catégorie.

Je me suis senti tout de suite bien à la CGT, tant au niveau de la commission exécutive départementale à laquelle j’étais régulièrement invité puis à laquelle j’ai été élu, qu’au niveau du GNPID (Groupement National des Personnels d’Inspection et de Direction) dont les réunions montreuilloises étaient fort conviviales. De plus, j’ai été fort agréablement surpris de voir l’importance de la pédagogie au sein de nos débats.
A l’occasion des élections prud’homales, je proposai à l’Union Départementale de faire une liste dans le collège patronal, puisque j’avais embauché au moins une dizaine de précaires de droit privé puisque le nombre de fonctionnaires était insuffisant pour assurer un bon fonctionnement du collège. Ce n’était pas dans les choix de l’UD, mais puisque j’avais envie de militer, je me trouvais propulsé en tant que représentant de la confédération au comité régional de l’ANPE, siège que je conservais jusqu’au démantèlement de l’agence. J’avais été briefé par Luc PABOEUF, le secrétaire de l’UD, qui depuis est devenu Président du CESR-Aquitaine.
Luc Ferry organisait à cette époque des débats sur l’avenir de l’école, et c’est tout naturellement que je me tournai vers Ghyslaine RICHARD, qui était à l’époque secrétaire départementale de l’Ugict-CGT (et qui est maintenant animatrice nationale du pôle école de la CGT) pour animer les débats. Une conseillère déléguée de Mérignac et le Président de la section de Mérignac de la LDH ont fait office de secrétaires. On ne peut que regretter que ce grand débat termine dans les oubliettes creusées par le ministre suivant, car la parole était très libre.
Dans la foulée, je me trouvais aussi membre de la commission départementale de l’Ugict, que j’ai représentée dernièrement lors d’une rencontre internationale de cadres syndicalistes européens.
Maintenant, tout en restant militant dans les instances ci-dessus, j’ai envie de m’investir chez les retraités, car le combat est loin d’être terminé, notamment pour la sauvegarde de notre pouvoir d’achat et la résistance à la casse de l’hôpital public dont en vieillissant nous aurons sûrement de plus en plus besoin.
Et ce n’est pas fini…