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Le blog de Bernard SARLANDIE

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"Il y a de plus en plus de décès canicule" : La CGT du CHU de Poitiers alerte pour danger grave et imminent

4 Juillet 2026, 09:42am

Publié par Bernardoc

In Ici du 2 juillet 2026

La CGT du CHU de Poitiers lance une alerte pour danger grave et imminent suite à la canicule. Ce mardi 30 juin, le syndicat a envoyé une lettre à la direction de l'établissement pour prévenir "des températures anormalement élevées". Cette alerte permet de déclencher des instances de sécurité au travail.

"Il y a de plus en plus de décès canicule" déplore Stéphane FERARY, le secrétaire général de la CGT du CHU. "L'hôpital est saturé et il fait 35 degrés dans les chambres et les salles de préparation" détaille le syndicaliste. En toile de fond, la canicule 2003 et ses 15.000 morts, fait craindre une hécatombe.

Les conséquences sont directes pour les patients mais aussi pour le personnel "épuisé". Avec le risque, précise Stéphane FERARY "d'avoir une explosion des malaises, des arrêts de travail, voire, je ne l'espère pas, des fautes professionnelles."

La tour Jean-Bernard et sa mauvaise isolation - le bâtiment a été construit à la fin des années 1970 - sont en pleine rénovation depuis quatre ans. Un programme qui s'étale sur dix ans. Mais à court terme, la direction a déjà multiplié les mesures.

Des couvertures de survie ont été installées sur les fenêtres."On a aussi fait installer des climatiseurs, on met à disposition des brumisateurs et des ventilateurs. On adapte avec des repas froids pour les patients" précise Guillaume DESHORS, le directeur général adjoint du CHU. Les horaires sont également adaptés pour pour le personnel.

Ces ventilateurs, climatiseurs et brumisateurs, la direction prévoit d'en ajouter encore. C'est en partie le fruit de la réflexion menée lors des instances de sécurité santé au travail mardi 30 juin et mercredi 1er juillet. "L'inspection du travail va être saisie et on va essayer de trouver des solutions ensemble", ajoute Stéphane FERARY.

Le secrétaire général de la CGT estime de son côté qu'un plan blanc pourrait être nécessaire avec la nouvelle vague de chaleur qui s'annonce. De son côté Guillaume DESHORS tempère : "Le plan blanc répond à une situation de crise et nous oblige à rappeler du personnel. Aujourd'hui, nous n'avons pas besoin de rappeler du personnel."

Et ce n’est pas fini...

 

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Le malaise vire au drame à Radio France

21 Juin 2026, 18:33pm

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 19 juin 2026

Technicien chevronné, Hervé D., 62 ans, s’est suicidé à son domicile en décembre dernier. Sa mort éclaire d’un jour cru la profonde souffrance des « petites mains » de la Maison ronde.

Il a sonné l’alerte lors d’une assemblée générale, le 22 septembre 2025, au 22e étage de la Maison de la radio et de la musique. Sa santé s’est dégradée, lance Hervé D. devant les collègues, les cadres, la direction. Ses conditions de travail aussi. Depuis leur déménagement, en 2023, les techniciens comme lui sont relégués dans les sous-sols. Leur service voisine « avec les poubelles et les rats ». Manque de place. Manque de considération. Au micro, Hervé évoque l’envie de se « mettre une balle dans la tête », la tentation de redescendre« par les voies aériennes. J’espère que vous avez fermé les portes ».

Trois mois plus tard, le 24 décembre 2025, alors qu’il est en arrêt maladie depuis quelques semaines, son corps sans vie est retrouvé au bout d’une corde, à son domicile. Hervé, dit « le Düb », 62 ans, dont trente de Maison ronde, a choisi la veille de Noël pour tirer sa révérence. Ce soir-là, France Culture célèbre le succès de la cheffe Hélène DARROZE dans l’émission À voix nue. Hervé en avait assuré la prise de son. « Ceux qui ont eu la chance de le côtoyer saluent à la fois son professionnalisme exigeant et son grand engagement », écrira, le 9 janvier, la patronne de Radio France, Sibyle VEIL, à l’ensemble de ses salariés. Dans le petit monde des techniciens, l’abattement est total. Le suicide de leur collègue est, pour beaucoup, le point d’orgue d’un profond malaise.

À Radio France, la direction de la production et des antennes (DPAV) compte environ 200 techniciens. Des hommes, pour la plupart. Diplômés d’un BTS ou de l’école Louis-Lumière. Propulsés dans des zones de guerre, chargés d’assurer des directs dans des conditions acrobatiques lors de festivals, concerts ou autres émissions spéciales. Ou postés derrière des consoles, dans l’ombre des studios où les « grandes voix » de la radio enchaînent les directs. Un rôle clé, dans les coulisses d’une maison tentaculaire (environ 5 000 salariés, dont 4 000 permanents), dont les résultats cartonnent : 7 millions d’auditeurs quotidiens rien que pour France Inter, loin devant RTL, RMC ou Europe 1. Une maison au budget important (4,1 millions d’euros pour 2026), où la notion de « service public » tient encore lieu de boussole, insistent ses dirigeants, mais dont beaucoup de techniciens, en silence, souffrent.

Une maison secouée, depuis 2015, par une réorganisation aux forceps. Cette année-là, à la suite de la nomination de Mathieu GALLET, notoirement proche d’Emmanuel MACRON, un plan de 50 millions d’euros d’économies est annoncé, avec près de 300 suppressions de postes à la clé. À l’appel de la CGT, les antennes se mettent en berne, la grève durera vingt-huit jours – la plus longue de l’histoire de Radio France. Muriel SANGOUARD, diplômée de l’École nationale supérieure des télécommunications et cadre chez TDF, vient alors d’être nommée à la tête de la DPAV. Décidée à « casser les silos », elle promeut un nouveau métier, le TCR, pour« technicien chargé de la réalisation ». « Là où on était quatre, on n’est plus que deux », résume un technicien. Sibyle VEIL et Marie MESSAGE, propulsées à la tête de Radio France trois ans plus tard, poursuivent dans cette voie. Tandis que le volume des activités de la DPAV baisse, de nouvelles méthodes de management voient le jour. On parle rentabilité, flexibilité, objectifs. On crée de nouveaux échelons, on multiplie les entretiens. « En réalité, plus personne n’écoute personne », constate un cadre du service, aujourd’hui en burn-out, que la« brutalité » et les « brimades quotidiennes » ont poussé à bout. Cerise sur le gâteau : pour cause de réaménagement, le service des techniciens est parqué au sous-sol, dans des pièces mal ventilées, mal éclairées, séparées par des volées d’escaliers infranchissables et desservies par des ascenseurs inadaptés.

Dans le contexte de l’après-Covid, les alarmes se multiplient. En octobre 2023, une motion signée par « 100 % des techniciens de production et reportage extérieur » – parmi lesquels Hervé D. – parle de « défiance généralisée vis-à-vis de l’encadrement, perte de confiance, mise en échec et profonde démotivation ». Une alerte « Danger grave et imminent » (DGI), déclenchée en avril 2024, dénonce« les risques psychosociaux » et « l’état de souffrance »d’une partie des équipes. Elle conduit à l’ouverture d’une enquête paritaire dont les conclusions, estiment les techniciens, ne tiennent pas compte de leur point de vue. Les arrêts maladie sont en forte augmentation. Sur les boucles WhatsApp, le ton des échanges devient amer. « Je suis dégoûté et désespéré », écrit en septembre Hervé D. à ses collègues, après une énième proposition de candidature restée vaine.

Saisie par Radio France, la caisse primaire­ d’assurance-­maladie choisit, après enquête, de ne pas qualifier sa mort en « accident du travail ». La direction mandate un cabinet privé, Social Conseil, pour auditer le service et « identifier les points métiers susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental et d’être des facteurs de risque pouvant conduire à une fragilisation de la santé ». L’inspection du travail, qui s’est auto­saisie du dossier, remet fin mars un premier rapport. « Tous les salariés avec qui nous avons échangé ont fait part de leur souffrance au travail. Ils ont notamment fait état d’un manque de reconnaissance (…) de la part de leur direction », dit le document. Des proches d’Hervé D. doivent être entendus durant l’été.

Dans les couloirs de la Maison ronde, sous couvert d’anonymat, les langues se délient. Unetelle ne peut plus travailler sans recourir aux anxiolytiques. Untel est sous antidépresseurs. Un autre ne veut plus prendre sa voiture « de peur de se foutre en l’air ». On parle de« management toxique ». « Ici, c’est comme à France Télécom », va jusqu’à dire un technicien, en référence aux méthodes funestes qui ont valu à ses ex-dirigeants une condamnation pour « harcèlement moral institutionnel ».

« Le départ d’Hervé laisse un grand vide au sein de nos équipes », répond, au nom de Muriel SANGOUARD, le service communication de Radio France. « La DPAV connaît depuis plusieurs années une transition liée aux évolutions profondes du secteur musical, poursuit-il. Ces transformations (…) ont entraîné une baisse de certaines activités (…) et nécessitent une adaptation progressive. » « Les difficultés exprimées par les équipes sont prises en compte avec sérieux », assure-t-il, évoquant des « solutions concrètes et pérennes pour améliorer le quotidien ». 

Et ce n’est pas fini...

 

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Médecins spécialistes : un rapport somme l’exécutif de réguler les dépassements d’honoraires

10 Juin 2026, 15:03pm

Publié par Bernardoc

In Libération du 9 juin 2026

C’est une alerte stridente. A moins d’y mettre rapidement bon ordre, les dépassements d’honoraires réclamés par les médecins spécialistes risquent de compromettre un peu plus l’égalité d’accès à la santé en France. Dans un rapport rendu public ce mardi 9 juin, le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) tire les conséquences de l’état des lieux dressé en octobre qui avait électrisé les débats budgétaires.

«Il est urgent d’agir, insiste son président, Yann-Gaël AMGHAR. Aujourd’hui, 56 % des praticiens exercent en secteur 2, avec liberté tarifaire. Mais plus que la photo, c’est le film qui est inquiétant. Sans régulation, à comportement constant, ils seront 90 % en 2040. Cela préfigure, à terme, une quasi-disparition des médecins en secteur 1, dont les tarifs sont opposables.»

De quoi augurer un coup de massue sur les malades condamnés à voir flamber leur reste à charge ou leurs cotisations aux complémentaires. Car l’addition promet d’être salée. En hausse de 5 % par an en valeur réelle (donc hors inflation) depuis 2019, les dépassements d’honoraires atteignaient déjà 4,3 milliards d’euros en 2024. «A ce rythme, leur montant global pourrait avoir plus que doublé en 2040 pour atteindre 10 milliards d’euros», relève le haut fonctionnaire, qui dénonce la régulation insuffisante de cette pratique. Aujourd’hui, seuls les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), (soit environ 8 millions de personnes) peuvent prétendre à des soins spécialisés sans risque de surtarification. Encore faut-il qu’ils obtiennent un rendez-vous…

Ayant posé le constat, le HCAAM s’attaque au remède. Son rapport explore trois scénarios pour éviter le mur. «Notre objectif est d’améliorer l’accès des patients à une offre de soins à tarif opposable remboursé à 100 % par la Sécu, et de leur éviter de subir des restes à charge élevés et imprévisibles, explique Yann-Gaël AMGHAR. Pour y arriver, on peut jouer sur deux leviers : les conditions d’accès des praticiens au secteur 2 et le niveau des dépassements d’honoraires.»

Le premier scénario, le plus radical, propose d’en finir à terme avec les dépassements d’honoraires. L’idée ? Interdire aux jeunes spécialistes l’accès au secteur 2 et plafonner progressivement les dépassements des médecins déjà installés. C’est l’option rêvée pour les patients : ils verraient leur reste à charge disparaître peu à peu et n’auraient plus à craindre les mauvaises surprises – les praticiens pouvant fixer leurs honoraires avec une grande liberté, à la tête du client, grincent certains. «Mais c’est un scénario politiquement peu probable», admet le président du Haut Conseil. Pourquoi pas ? Est-ce au programme de la gauche ?

C’est que le revenu des praticiens subirait alors un coup sévère. Selon les projections du HCAAM, 95 % des spécialistes du secteur 2 subiraient une diminution de leurs honoraires de l’ordre de 28 % en moyenne. Quand bien même l’assurance maladie remettrait les compteurs à zéro en prenant à sa charge les 4 milliards de dépassements actuels, ils seraient encore 60 % de médecins du secteur 2 à y perdre. De quoi augurer d’une nouvelle gronde d’ampleur. Un risque qu’en ces temps de pénurie médicale généralisée, peu d’élus sont prêts à courir. Même à gauche ?

Conscient du problème, le HCAAM propose une deuxième option, nettement moins ambitieuse. Il s’agirait principalement de restreindre les conditions d’accès au secteur 2. Seuls les anciens chefs de clinique (de jeunes spécialistes passés par un hôpital universitaire après leur internat) pourraient y prétendre. Ils devraient en outre justifier de dix ans d’expérience avant de pouvoir facturer des dépassements, par ailleurs plafonnés à 150 % du tarif sécu. «L’idée est que si la pratique des dépassements d’honoraires ne concernait qu’une petite fraction des praticiens, l’objectif d’un large accès aux soins à tarifs opposables serait garanti», précise le rapport.

Mais pour les patients, le système resterait illisible. Surtout rien ne dit que les médecins restants en secteur 2 n’en profiteraient pas pour augmenter un peu plus leurs tarifs. Au final, pour le HCAAM, une telle réforme ne suffirait pas à enrayer les dérives : «Même si on était plus sélectif que jamais pour l’accès au secteur 2, ce secteur représenterait encore 46 % des spécialistes libéraux en 2040, précise Yann-Gaël AMGHAR. On acterait alors un système de santé à deux vitesses, avec un secteur remboursé, et un autre à honoraires libres, avec le risque au final d’une dualité de prestations.»

C’est donc un troisième scénario qui a la faveur du haut fonctionnaire. Dans ce dernier, l’accent est cette fois mis sur la régulation des pratiques tarifaires. Dans cette optique, il s’agirait de créer un droit au tarif opposable sous condition de ressources. Concrètement, au-delà des plus précaires (C2S), 20 % à 40 % des Français les plus modestes auraient un droit «objectif» à ne payer aucun dépassement, quel que soit le médecin consulté. De quoi apporter une sécurité financière aux classes populaires et moyennes de nature à consolider le contrat social.

Pour les autres, les dépassements seraient strictement plafonnés par acte (et non plus en moyenne annuelle), par exemple à 50 % ou 100 % du tarif Sécu. «Sur le long terme, cela permettrait de résorber les dépassements et de rééquilibrer les revenus entre les professionnels exerçant en secteur 1 et 2, et au sein du secteur 2», plaide le président du HCAAM. Reste que si une réforme s’impose au nom de la «pérennité du système de santé», sa nature relève du «choix politique». Aux candidats à la présidentielle de se positionner.

Et ce n’est pas fini...

 

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