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« L’éducation prend racine dans tous les environnements imaginables. On la trouve dans les camps de réfugiés au Tchad, là où des enseignants et des élèves soudanais ayant fui la guerre font de leur mieux avec des ressources dérisoires, simplement déterminés à faire perdurer l’apprentissage.
On la trouve également dans les nombreux pays qui accueillent des Ukrainiens forcés de quitter leurs foyers et leurs écoles sous les frappes constantes de missiles et de drones.
En juin, je l’ai vue en personne à Dar’a, dans le sud de la Syrie, quand un bus revenant de Jordanie est arrivé avec à son bord des enfants de tous âges, ravis d’être de nouveau sur le sol syrien, prêts à retourner à l’école, comme une petite mais néanmoins vitale première pierre de la reconstruction de leur pays dévasté.
Malgré cette détermination, trop d’enfants déplacés sont encore privés d'école. Ambitions anéanties, rêves brisés, esprits curieux sans rien pour satisfaire cette curiosité… Si nous devons célébrer des succès, les défis se multiplient.
Chaque année, 330 000 enfants naissent réfugiés, ce qui est l’un des nombreux signes que les conflits et crises durent plus longtemps et deviennent plus inextricables, compromettant l’avenir de tant de jeunes personnes.
Près de ¾ des personnes réfugiées vivent dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires, dont beaucoup peinent déjà à fournir suffisamment d’écoles et de professeurs pour leurs propres enfants. Pourtant, ils offrent un refuge à des personnes désespérées fuyant les guerres et les persécutions.
Les barrières linguistiques, la perte des documents d'identité pendant la fuite, le manque de financements constituent d’immenses défis pour les enfants réfugiés et les gouvernements hôtes. Pourtant, d’énormes efforts ont été déployés pour augmenter les inscriptions, et des progrès ont été réalisés notamment pour le secondaire et le supérieur.
Toutefois, il reste tant à faire ! Les récentes coupes budgétaires dans l’aide humanitaire ont rendu l’accès à l’éducation pour les jeunes réfugiés encore plus difficile, mettant en péril ces progrès. Nous ne devons pas abandonner. Pour leur avenir, et pour le nôtre. »
Filippo GRANDI,
Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés
Et ce n'est pas fini...
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