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Le blog de Bernard SARLANDIE

Handicap et emploi

21 Novembre 2025, 14:48pm

Publié par Bernardoc

In Le Monde du 19 novembre 2025 (extraits)

Laurine, 23 ans, a des problèmes de dos et cherche un premier emploi de juriste. « Dans un forum spécialisé, c’est plus simple, car on sait que les entreprises sont handi-accueillantes. Quand j’ai fait des stages, j’attendais d’avoir signé le contrat pour demander un siège ergonomique et un peu plus de télétravail. »

Car le handicap peut faire peur aux recruteurs, comme le raconte Gabrielle, 22 ans, qui veut devenir animatrice en Ehpad et qui choisit de mentionner sa RQTH lors de ses candidatures. « J’ai eu quatre entretiens sans suite. Une fois, on m’a dit que je ne saurais pas gérer le stress des personnes âgées, c’est de la discrimination. »

La 29e Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, du 17 au 23 novembre, est l’occasion de rappeler leurs difficultés dans le monde du travail. Mardi 18 novembre, les services statistiques du ministère du travail (Dares) et du ministère de la santé (Drees) publient une étude sur l’emploi s’appuyant sur trois définitions du handicap.

Les personnes déclarant au moins une limitation connaissaient un taux de chômage de 13 % en 2022, contre 8 % pour l’ensemble de la population. Ce taux montait à 17 % pour les personnes ayant une reconnaissance administrative (RQTH, invalidité…) et à 19 % en cas de restriction forte et durable dans leurs activités. Comme 85 % des handicaps se déclarent au cours de la vie, les jeunes de 15 à 24 ans ne représentent que 4 % des 3,2 millions de personnes ayant une reconnaissance administrative. Mais leur taux de chômage s’élève en moyenne à 28,2 % entre 2021 et 2024, contre 18,1 % pour l’ensemble des jeunes,selon des données de la Dares.

Patrick MAINCENT, vice-président de l’Unapei (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis), chargé de l’emploi, estime que « la première difficulté est que très souvent, les jeunes en situation de handicap ont un niveau de formation moins élevé, a fortiori ceux que nous suivons ». Selon une note d’analyse publiée en septembre par France stratégie, les moins de 36 ans en situation de handicap ont 1,8 fois moins de chance d’être diplômés du supérieur que les jeunes « valides ». Cette enquête déplore une « mobilité sociale entravée », en espérant que la situation s’améliore sous l’effet du triplement du nombre d’élèves handicapés scolarisés depuis 2005.

Trouver sa voie prend du temps. Ainsi, Damien, 29 ans, a dû abandonner un CAP cordonnerie à cause de son hémiplégie. Orienté dans un établissement d’aide par le travail (Esat), il peinait à réaliser certains gestes en blanchisserie, ou à mémoriser toutes les procédures. Depuis avril 2024, il est employé polyvalent, en prestation dans une entreprise, encadré par un moniteur de l’Esat. « Le milieu protégé ne me convenait pas, car ça me faisait remonter mon handicap. Ici, je suis à ma place », affirme-t-il.

Si les Esat ont un statut particulier, dépendant du secteur médico-social, de nombreux dispositifs d’insertion existent. Les entreprises adaptées reçoivent des aides si elles embauchent plus de 55 % de personnes handicapées. Et les structures de plus de 20 salariés ont l’obligation d’en employer au moins 6 %, sous peine de verser une contribution, gérée par l’Association pour la gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) et son équivalent pour public, le Fiphfp. En 2024, les entreprises privées n’en étaient qu’à 4 %, contre 5,9 % dans le public.

Ces fonds financent des adaptations de poste, du matériel, des accompagnements humains, des aides à l’apprentissage. « On constate une problématique d’accès aux droits : certains jeunes ne savent pas qu’ils sont en situation de handicap, comme les dyslexiques, d’autres ne veulent pas être stigmatisés, explique la directrice de l’Agefiph, Caroline DEKERLE. Sur les dispositifs, il n’y a plus rien à inventer, mais il faut une meilleure coordination pour savoir qui fait quoi. »

Et ce n’est pas fini...

 

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