La mort au travail
In La Tribune du 9 janvier 2026 (extraits)
Implanté près de Nancy, l'INRS, qui vise à améliorer « la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles », verra son budget porté « progressivement » à « plus de 90 millions d'euros à l'horizon 2028 », contre 87 millions en 2025, a indiqué Jean-Pierre FARANDOU au quotidien L'Est républicain, dans une interview mise en ligne mercredi soir.
Sur l'année 2024, le rapport annuel de l'Assurance maladie sur les risques professionnels, publié mi-novembre, dénombre 1 297 décès liés au travail tous sinistres confondus. Parmi ces décès, 764 sont liés à des accidents du travail - soit cinq de plus qu'en 2023 et 26 de plus qu'en 2022 -, 318 découlent d'accidents de trajet et 215 de maladies professionnelles.
Parmi les personnes décédées, des salariés des transports, de la métallurgie, du BTP, mais aussi des services ou de l'alimentation, un secteur où le nombre de décès a augmenté de plus de 20 % en un an, selon le rapport de l'Assurance maladie.
Le rapport souligne que « plus de 20 % des décès (à la suite d'un accident du travail) sont survenus dans l'année qui suit la prise de poste » et que pour les salariés de moins de 25 ans, il s'agit de « plus de la moitié des décès ». Sans empêcher cette hausse des décès, la fréquence des accidents du travail a diminué de 1,1 % en 2024, à 26,4 accidents pour 1 000 salariés.
À noter que ces données ne portent pas sur l'ensemble des salariés, car elles ne concernent que ceux du privé affiliés au régime général. Sont exclus les exploitants et salariés agricoles (régime agricole), les personnels des fonctions publiques (couverts par leur administration) et les indépendants n’ayant pas souscrit une assurance volontaire.
Le rapport pointe une hausse des accidents du travail chez les femmes, de + 26 % depuis 2001, masquée par la baisse chez les hommes (– 40 %). Les maladies professionnelles augmentent pour leur part de 6,7 %, notamment les troubles musculosquelettiques (+ 6,6 %), les pathologies liées à l'amiante (+ 8,5 %) et les affections psychiques (+ 9 %). Le nombre de maladies professionnelles psychiques a ainsi doublé entre 2020 et 2024.
Pour prévenir ces accidents de travail, plusieurs leviers peuvent être activés par les entreprises, selon un article publié mi-décembre par l'organisme de formation professionnelle et continue Lefebre Dalloz Compétences. « Tout doit commencer par une évaluation rigoureuse des risques et la mise à jour régulière du DUERP », indique l'organisme.
Il s'agit d'un document dans lequel les employeurs publics sont tenus d’évaluer les risques professionnels (physiques et psychosociaux) auxquels leurs agents sont exposés. Cette mise à jour « doit déboucher sur un plan d’action concret », précise Lefebre Dalloz Compétences. « La formation continue de tous les membres du personnel est également essentielle », ajoute-t-il. « Elle permet de maintenir le niveau de vigilance et de sensibiliser chaque membre aux bonnes pratiques à mettre en place. »
L’entreprise doit également « investir dans des équipements de protection individuelle adaptés et veiller à ce que les postes de travail soient ergonomiques », énumère Lefebre Dalloz Compétences.Enfin, « il est important de développer une véritable culture de la sécurité au sein de l’entreprise », qui « doit impliquer tous les maillons de chaîne, managers comme salariés ».
Et ce n’est pas fini...