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Le blog de Bernard SARLANDIE

Les prix des mutuelles poursuivent leur hausse

5 Janvier 2026, 18:58pm

Publié par Bernardoc

In La Croix du 5 janvier 2023 (extraits)

Face à l’envolée des dépenses de santé, et de leurs remboursements, les complémentaires santé s’agacent d’être devenues la variable d’ajustement du déficit de l’Assurance-maladie.

De nouveau, la facture promet d’être salée. Après des augmentations de 4,7 % en 2023, 8,1 % en 2024 et 6 % en 2025, les tarifs des mutuelles devraient augmenter en cours d’année de 4,3 % pour les contrats individuels, et 4,7 % pour les contrats collectifs d’entreprise. Soit 27 % de hausse en cinq ans.« Une augmentation au strict rythme des dépenses de santé », assure pourtant Éric CHENUT, président de la Mutualité française, qui regroupe près de 500 mutuelles assurant la protection complémentaire de 32 millions de personnes en France. « Plus la population vieillit, plus les dépenses de santé augmentent. »

Elles ont ainsi doublé en vingt ans, avec une courbe plus marquée depuis la crise du Covid-19.

Les dépenses de santé augmentant, les remboursements suivent la même pente, pour l’Assurance-maladie comme pour les complémentaires. « Mais nous augmentons au plus juste », assure Éric CHENUT qui constate que, ces dernières années, mutuelles et autres assurances complémentaires ont dû assumer plusieurs milliards d’euros de transferts de charges depuis l’Assurance-maladie. La mise en place du « 100 % santé » (un reste à charge nul) a ainsi coûté 3 milliards d’euros aux mutuelles, notamment dans l’audioprothèse et le dentaire.

Pour 2026, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) a déjà prévu le transfert vers les mutuelles de 400 millions d’euros depuis les hôpitaux, et de 600 millions d’euros de remboursements d’indemnités journalières d’arrêts maladies transférés depuis l’Assurance-maladie. S’ajoutera, surtout, avec des effets perceptibles en 2027, l’augmentation de la taxe sur les contrats d’assurance complémentaires à hauteur d’un milliard d’euros. Cette « TVA sur la santé » est passée de 720 millions d’euros il y a 20 ans, à 7,6 milliards d’euros aujourd’hui. « À 16,24 %, les contrats complémentaires français sont les plus taxés d’Europe ».

« En déportant le déficit de l’Assurance-maladie sur les complémentaires les pouvoirs publics évitent d’augmenter les cotisations sociales, donc le coût du travail. Car ils savent que nous pouvons piloter la régulation. » C’est-à-dire augmenter les tarifs, les mutuelles n’ayant pas le droit d’être en déficit.

Pour Éric CHENUT, l’exercice a toutefois ses limites. « En avril dernier, la Cour des comptes a montré qu’en agissant sur l’efficience des prescriptions, en réduisant les actes redondants, en luttant contre la fraude, en investissant massivement dans la prévention, on pouvait réaliser 50 milliards d’euros d’économies, dont 20 milliards à court terme », insiste-t-il.

Les mutuelles ne seraient toutefois pas exemptes de critiques. Ainsi sur les frais de gestion : 20 % des cotisations, contre moins de 5 % pour l’Assurance-maladie.

Et ce n’est pas fini...

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