Enseigner en paix !...
in La lettre doc de Bernard DEFRANCE
Effectivement, loin devant les quelques violences médiatisées, c’est le quotidien de la classe qui
est en jeu (le ‘’bavardage’’!), avec la singularité, parmi tous les métiers de l’humain, de la situation du professeur seul devant 20 à 30 enfants ou ados – cinq à six heures par jour – qui ne voient pas toujours quel est le sens de leur présence – obligatoire – en ce lieu… avec en supplément les interventions de parents, eux-mêmes inquiets voire angoissés quant à l’avenir de leurs enfants. (Le Monde)
Mais est-ce que ce ne serait pas l’occasion de remettre en question le cadre même de la ‘’classe’’ ? En quoi ce mode de regroupement des enfants est-il immuable ? Pour jouer au foot il faut être 22, un groupe de travail autour d’une tâche quelconque ne peut dépasser cinq personnes, pour regarder un film, écouter une conférence ou un cours magistral on peut être 300, un groupe de paroles ne peut dépasser 12 à 15 personnes, et pour écrire un poème il faut être seul, etc. Quand finira-t-on par se rendre à l’évidence que c’est la nature de l’activité qui détermine les effectifs ? Et pourquoi faudrait-il que tous soient aux mêmes niveaux de connaissances ? Un élève quelconque peut-il être très avancé en mathématique mais tout débutant en anglais ? On le sait aujourd’hui : ce sont les méthodes de regroupement et de classement prétendument homogènes selon un même programme appliqué à tous indistinctement quels que soient les déterminants sociaux – modèle hérité des Petits Frères des écoles chrétiennes – qui sont la première cause de ce qu’il est convenu d’appeler l’échec scolaire, qui n’est que l’effet d’une résistance (consciente ou pas) à l’homogène imposé et au modèle de ‘’réussite’’… Ou comment tuer dans l’œuf l’extraordinaire floraison des curiosités enfantines ! À suivre !
Ces questions sont d’autant plus urgentes que ce sont bien toutes les micro-violences émaillant le quotidien qui semblent se banaliser dans les établissements... (Le Monde)
Et les idéaux de la République sont bafoués par simple manque d’enseignants… à Mayotte (France-Info) et en Île-de-France (France3), où dans ces derniers cas les parents organisent eux-mêmes les cours manquants !
Je suggère que ces parents calculent le coût de ces carences de l’État et les déduisent de leurs impôts ! Chiche !
Et ce n'est pas fini...