Laïcité
Dans notre République présidée par le chanoine de Latran, c’est un concept qui est de plus en plus bafoué. Je n’en veux pas spécialement (c'est-à-dire pas davantage que pour d’autres sujets) au chanoine dont après tout c’est le boulot de tenter de nous faire ingurgiter ses foutaises, mais j’en veux d’abord à ceux qui ont commencé il y a plusieurs années à accoler un adjectif au terme laïcité, alors que ce dernier se suffit à lui-même. Vous souvenez-vous des auteurs de la « laïcité plurielle » ? Et bien c’était nos amis de la Ligue de l’Enseignement. Quand on a un tel boulevard ouvert devant soi, pourquoi se priver d’en rajouter une couche ?
Après les accords Kouchner-Vatican, qui ont abandonné le principe républicain du monopole de la collation des grades, les boîtes à curés se sont senti pousser des ailes et se déclarent prêtes à violer nos convictions d’enseignants laïques, membres du service public d’éducation nationale.
Ainsi, au mois de juillet un camarade est convoqué pour des oraux de Bac Pro dans un LP Privé catholique. Il remarque que la salle dans laquelle il doit interroger n’est pas une salle laïque et il demande au directeur de le changer de local ou d’ôter le crucifix qui choque sa conscience. Devant le refus du directeur, il refuse de se plier, lui militant laïque, au diktat à lui imposé par un suppôt de la secte de Rome et se retire, non sans en avertir les autorités rectorales.
Convoqué pour deux journées, il se représente le lendemain, constate que rien n’a changé, reformule la même demande et devant le refus du serviteur diocésain quitte les lieux à nouveau.
La sanction est tombée avec le traitement du mois de septembre et la retenue sur salaire. Les autorités hiérarchiques, au lieu de soutenir le principe de laïcité, ont préféré sanctionner un fonctionnaire qui voulait faire respecter les règles du service public.
Ce n’est, hélas, pas nouveau. Il y a vingt ans, lors des derniers examens que j’ai fait passer en tant que professeur, la même chose m’est arrivée, mais, peut-être parce que j’allais changer de corps, j’ai procédé aux interrogations et j’ai écrit ensuite à l’inspecteur d’académie pour lui suggérer de demander aux établissements confessionnels de faire disparaître les symboles idolâtres des lieux où les enseignants laïques étaient appelés pour remplir leurs missions de service public. Le Proviseur, en faisant suivre ma lettre, m’a déclaré que je faisais bien d’écrire, mais qu’il doutait de la réception d’une réponse. Il avait raison ! Et il m’avait raconté que lui, jeune professeur, s’était trouvé à corriger des copies à côté de bonnes sœurs en cornettes, ce qui l’avait également choqué.
Devant l’absence de réponse, et afin que mon action ne soit pas complètement étouffée, j’avais fait paraître ma lettre dans le bulletin départemental de L’Ecole Emancipée.
Mais cette fois, l’action est relayée au niveau national et je vous engage à signer la pétition sur le site de l’UFAL (Union des Familles Laïques) par l’intermédiaire du lien que je rajoute sur le blog.
Et ce n’est pas fini…