Une autre journée bien remplie
Je ne l’ai pas mentionné hier, faute de photos, mais la journée de mercredi s’est terminée par une soirée au Tropicana, le fameux cabaret en plein air de La Havane, où nous avions droit à une bouteille de « ron » pour quatre personnes. En bons européens sobres, nous ne l’avons pas terminée, mais elle nous a permis de tenir jusqu’à la fin de la semaine. En principe, une congressiste belge devait me faire parvenir des photos, peut-être arriveront-elles un jour, et ce sera l’occasion d’y revenir.
Donc, le jeudi à 9 heures j’avais décidé d’assister au concours oratoire réservé aux jeunes de moins de trente ans. Ils étaient sept inscrits, représentant les cinq continents, et avaient dix minutes pour s’exprimer sur un des trois sujets suivants : le rapprochement des cultures ; quel rôle peut jouer l’Esperanto dans ce rapprochement ? Est-ce que les hommes peuvent avoir une influence sur les phénomènes naturels ? Ils devaient parler sans lire et seul un plan écrit était toléré. Que du plaisir ! A voir l’art avec lequel ces jeunes maîtrisaient la langue, on sait que l’Esperanto a l’avenir et de beaux jours devant lui.
Dans la foulée, j’enchaînais avec une conférence sur le système sanitaire à Cuba. Le conférencier prévu n’était pas disponible, et donc, au pied levé, on nous dépêché un médecin, qui lui aussi avec un esperanto sans faute nous a présenté une des réussites de la Révolution. Ce fut le seul Cubain laudateur inconditionnel du régime que j’ai rencontré. Et pourtant, je crois bien que c’est ce jour-là que le ministre de la santé, un vétéran de la Révolution, a été limogé et remplacé par son vice-ministre, un jeunot de quarante balais. Il est vrai que, pour tenter de contrer le blocus étatsunien, Cuba a mis en place avec des pays d’Amérique latine, notamment le Venezuela de Chavez, le programme Pétrole contre services. Un grand nombre de médecins cubains sont donc partis sur le continent, mais cela a provoqué le dépeuplement des dispensaires et hôpitaux de proximité, si bien que ces quelques dernières années les gens remarquaient une détérioration dans la qualité du service de santé offert à la population. Ceci, bien entendu ne remet pas en cause les immenses progrès qui ont conduit Cuba à passer d’un état tiers-mondiste pour ce qui concernait la santé, à une position de tête, notamment pour ce qui concerne la chirurgie des yeux.
Et ce n’est pas fini…