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Le blog de Bernard SARLANDIE

blanquefort

Fuite ?

14 Décembre 2009, 07:39am

Publié par Bernardoc

         Dans ma dernière page, je parlais de « fuite » de Blanquefort. C’est vrai que je ne m’y suis pas toujours senti bien à 100%. Au réfectoire, la première année, je trouvais fort désagréable de découvrir, alors qu’il n’y avait qu’un collègue à table, toutes les autres chaises basculées vers la table pour montrer que tout le monde n’était pas bienvenu.

         Autre chose : un collègue m’aborde en me disant « Et toi, qu’est-ce que tu vends ? » « De l’anglais » lui répondis-je. « Ah bon, t’es pas vraiment intéressant alors ». C’est vrai que pour faire des travaux dans sa maison, c’était mieux d’enseigner les métiers du bois ou la maçonnerie !

         Ce fut pareil lors de ma première pré-rentrée : le patron distribua les emplois du temps aux coordonnateurs des disciplines, à charge pour ceux-là de les répercuter auprès des collègues. Avec les enseignants de lettres-histoire (puisque j’étais à l’époque le seul à faire lettres-anglais) l’un d’entre eux me dit ; « Bienvenue cher collègue, nous sommes la CGT ; je ne sais pas si tu es syndiqué… » « Bien sûr, je suis au Snetaa ». C’était la chose à ne pas dire et ce collègue, qui était aussi secrétaire départemental du Snetp, m’a fait la gueule jusqu’à la fin de l’année. Heureusement, ils n’étaient pas tous comme ça et j’ai pu entretenir des rapports de confiance avec les autres littéraires, notamment par le biais de la pédagogie. Et une « vieille » collègue (elle devait bien avoir cinquante balais à l’époque ! ) me confia : « Toi, tu n’es pas comme les autres autonomes, on peut discuter avec toi. »

         Je participais donc à de nombreux stages syndicaux, qui m’ont beaucoup apporté pour ma formation générale, et qui culminèrent avec un stage de trois semaines au Québec, où la Fen était invitée par la CEQ (Centrale des Enseignants du Québec).

         L’année suivante, ce furent trois mois que j’allai passer en Irlande, dans le cadre d’un «échange « poste pour poste »…et je crois que c’est moi qui était gagnant dans cet échange.

         Pour la quatrième fois je n’avais pas obtenu de nomination au LEP Jacques Brel de Lormont où nous habitions, et un commissaire paritaire du Sgen me dit à mon retour qu’il n’avait pas vraiment soutenu ma candidature pour un poste de documentaliste puisque je partais pour BoraBora. Je me contenterais donc de notre colonie du Pacifique puisque mon dossier pour l’étranger n’avait pas abouti. Il faut dire que les postes étaient très rares aux Seychelles !

Et ce n’est pas fini…

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Engagement syndical

13 Décembre 2009, 08:42am

Publié par Bernardoc

          A l’époque, je militais au Snetaa-Fen, après avoir été adhérent du Snes-Fen lorsque j’étais pion. Passer du Snes au Snetaa lorsque je suis entré à L’ENNA avait d’ailleurs provoqué un débat avec certains de mes camarades qui ne comprenaient pas que, venant du Snes, je n’adhère pas à la Cgt.

         Donc, en arrivant à Blanquefort, je m’enquis de la situation syndicale, car j’étais prêt à m’engager pour le CA. Le camarade secrétaire me répondit que tout était bon, qu’il y avait une liste commune Cfdt-Cgt-Fen. Au cours de deux années de fonctionnement, je m’aperçus que, malgré la liste « unitaire », chacun votait de façon différente au CA.

         Deux ans plus tard, la plupart des adhérents du Snetaa partirent faire l’ouverture du lycée Beau de Rochas, et pendant une année nous prîmes la direction de la section avec Annie, la prof d’EFS (Economie Familiale et Sociale) en attendant qu’elle parte comme proviseur de LEP dans une autre académie. La consigne syndicale était de présenter des listes Fen et donc nous présentâmes des listes Snetaa-Sneeps (le syndicat des profs de gym de LEP affilié à la Fen). Cela surprit les camarades des confédérations, mais nous préparions les CA ensemble et nous y votions de façon unitaire, ce qui était un grand changement par rapport à ce qui se faisait auparavant. Et lorsque j’avais prévu de faire une intervention importante, je me portais toujours volontaire pour assurer le secrétariat de séance, c’est pour cela que je n’ai jamais compris le refus des profs de Zola de prendre les notes pour rédiger le procès-verbal.

         Lors de ma dernière année au LEP, aucun adhérent ne vint à l’assemblée générale de la section ; il est vrai que j’avais prévu de passer la main puisque je devais passer tout le deuxième trimestre en Irlande, pour un échange poste pour poste. J’affichai donc ma démission de secrétaire sur le panneau syndical tout en indiquant que je restais adhérent de base. Bien entendu, pas de liste de candidat et mes camarades du Sgen et du Snetp vinrent me dire qu’ils avaient gardé deux places sur la liste pour nos candidats. Ces deux places furent complétées par des confédérés.

         Et c’est à mon retour d’Irlande que j’appris que j’étais nommé à BoraBora : ma fuite avait été réussie !

Et ce n’est pas fini…

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Blanquefort, la suite

12 Décembre 2009, 07:48am

Publié par Bernardoc

           Lendemain de la rentrée de janvier, sans prévenir (ça ne se faisait pas à l’époque), l’inspectrice débarque dans ma classe en me déclarant qu’elle venait en tant que conseillère pédagogique.

         Première chose : « Où est le cahier de textes ? » « Ils l’ont perdu Madame. » « Un cahier de textes, ça ne se perd pas » ; toi, va le chercher dit-elle en désignant un élève. Trois minutes après, le cahier de textes était dans la classe.

         Elle eut l’occasion de me dire lors de l’entretien de refuser de faire cours si cela se reproduisait et je dois dire qu’au cours de ma carrière d’enseignant j’eus l’occasion de mettre par deux fois ce précepte en pratique une fois à Blanquefort (une semaine) et une fois à BoraBora (deux semaines). Finalement les élèves en avaient assez de ne pas avoir de cours et le cahier de textes finissait par revenir. L’inspectrice me déclara également que mes élèves étaient des sauvages et que je ne m’en sortais pas si mal que ça devant ce public. Elle me conseilla aussi de faire poncer les tables qui étaient en piteux état, ce qui était facile grâce à l’atelier bois. Et du jour où les tables revinrent propres, elles le restèrent – au moins tant que je fus le seul à utiliser cette salle.

         Mon CAECET (Certificat d’Aptitude à l’Enseignement en CET –alors que nous étions devenus des LEP depuis plusieurs mois) se solda par un succès, notamment parce que « j’avais compris que la pédagogie Freinet ne pouvait s’appliquer dans le secondaire » selon les termes de l’inspectrice. Je n’argumentai pas, car ce qui importait était la titularisation qui me permettrait de gagner ma liberté pédagogique.

         Je repiquai donc dans le même établissement, en ayant négocié des heures séparées pour l’anglais, ce qui me procura un emploi du temps beaucoup moins avantageux que l’année précédente. Ainsi, je ne travaillais le vendredi qu’après la récréation de seize heures, et pour un cours de français qui se terminait un quart d’heure plus tôt que d’habitude pour permettre aux internes d’attraper leur train. Pas vraiment le meilleur moment pour un cours de français à des élèves qui apprenaient une profession du bâtiment.

         Estelle eût le bon goût de naître à ce moment-là, ce qui me permit de bénéficier d’un jour de congé supplémentaire, car à cette époque les onze jours du congé de paternité n’étaient même pas en gestation.

Et ce n’est pas fini…

 

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Blanquefort

11 Décembre 2009, 08:18am

Publié par Bernardoc

           Premier poste où je débarquai en septembre 1977 au retour du Ghana. Dans ma fiche de vœux, j’avais demandé « tout poste dans l’académie de Bordeaux », et je me retrouvais nommé sur le poste vacant le plus près de Bordeaux. Nous trouvâmes à nous loger à Lormont, ce qui impliquait la traversée quotidienne du pont d’Aquitaine, qui était quand même plus fluide que maintenant.

         Je découvris un emploi du temps alléchant, surtout pour un professeur stagiaire : à part le lundi où j’avais une journée complète de sept heures, je finissais à midi et mon week-end commençait le vendredi à dix heures ! J’avais donc tous mes après-midi pour préparer mes cours. Ce qui était moins drôle, c’était les périodes de deux heures consécutives avec les mêmes classes ; si cela était acceptable en français, c’était une aberration en anglais, mais c’était tellement plus facile pour établir les emplois du temps ainsi, et tant pis pour les élèves qui ne voyaient leur prof d’anglais qu’une fois par semaine. Bien que pour certains ce fût largement suffisant, notamment ceux qui n’avaient pas d’épreuve à l’examen. Je me souviendrai toujours de la classe que j’avais le mardi de dix heures à midi. Il s’agissait des 2MRTP (terminale BEP des Mécaniciens Réparateurs de matériels de Travaux Publics) ; ils étaient 36 (alors que l’année précédente ils étaient en groupes) et pouvaient, s’ils le souhaitaient, demander à passer une épreuve orale. Inutile de dire que ceux qui s’intéressaient à l’anglais étaient très minoritaires et ce qui se passait dans ma classe était tout sauf un cours d’anglais. A dix heures donc, le mardi matin, j’étais le dernier à quitter la salle des professeurs…quand vraiment je ne pouvais pas faire autrement, et j’angoissais, comme j’étais stagiaire à l’idée que l’inspectrice pourrait se pointer à ces heures-là.

         Stagiaire j’étais, mais le rectorat a mis du temps à s’en apercevoir car il n’avait pas dans l’idée qu’un professeur débutant puisse rester stagiaire pendant quatre ans, ce qui était mon cas puisque entre mon année d’ENNA (Ecole Normale Nationale d’Apprentissage – un remarquable lieu de formation) et mon arrivée au CET (Collège d’Enseignement Technique) de Blanquefort, s’étaient écoulées mes deux années de VSNA (Volontaire au Service National Actif) au Ghana. Si bien que je reçus le soutien d’une conseillère pédagogique la semaine d’avant les vacances de Noël, et elle me proposa de ne commencer qu’à la rentrée de janvier, ce qui me parut raisonnable.

Et ce n’est pas fini…

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