Je suis scandalisé.
Ce n’est pas la chronique que j’avais prévue, mais l’expression du représentant du Crif à l’instant sur France-Inter m’incite à pousser une gueulante. Ce monsieur, pour justifier la fuite vers Israël (où l’on a besoin de colons pour occuper la Palestine) de plus de 8 000 citoyens français en 2015, s’en prend à l’éducation nationale. Il affirme que seulement un tiers des enfants de sa confession fréquente l’école de la République laïque, encourageant ainsi le renforcement du communautarisme et accroissant la difficulté à vivre ensemble.
Ayant quand même passé plus de 45 ans dans cette remarquable institution, je ne peux que m’insurger contre ces insinuations. Dans le quartier où j’ai passé mon enfance, le creuset républicain fonctionnait à plein, peut-être à ce qu’il m’en souvient à postériori, grâce à l’implication des anciens résistants communistes dans la vie du quartier.
Lorsque j’étais en 6ème (au Lycée Jacques DECOUR), lorsque je me souviens du nom de certains de mes camarades, sûrement certains étaient juifs. Et alors ?
En faisant un bond de trente ans, lorsque je me trouvais principal-adjoint d’un collège ZEP à forte population maghrébine, aucune différence entre les élèves de différentes origines, d’autant que nous avions une classe d’accueil et que nous étions les plus proches de l’endroit où se déroulait le procès Papon ; et Mohamed n’était pas le dernier à poser les bonnes questions au défenseur du vieux déportateur.
Le seul incident fut dans le collège suivant où un jour je vis débarquer un père et sa fille de 4ème me disant : « Ma fille s’est fait traiter de sale juive ». « Par qui ? » « Je ne sais pas » me répondit l’élève. J’ai fait un rappel à la loi, conseillant au père d’aller porter plainte, donnant à l’élève le Passeport contre le racisme de la Fondation Danielle MITTERRAND, mais devant le refus du père, je n’allais pas me substituer à lui.
L’éducation nationale a mis suffisamment d’outils et de moyens en place pour lutter contre le fléau du racisme pour que les arguments du Crif soient contestés avec force.
Et ce n’est pas fini…